LARYNGITE AVEC SÉCRÉTION DE MUCOSITÉS
symptômes sont ici la traduction exacte des lésions que nous venons de passer en revue; de sorte que pour interpréter fidèlement les faits observés , il est nécessaire d’établir autant d’espèces dans la laryngite qu’il y en a dans les altérations auxquelles celte affection donne naissance.
Nous reconnaissons donc :
1° La laryngite avec simple rougeur de la muqueuse ( Erythémateuse );
2° La laryngite aVec tuméfaction ou gonflement de cette membrane ;
5° La laryngite avec sécrétion abondante de mucus ;
4° La laryngite avec sécrétion de pus;
5° La laryngite avec production de fausses membranes (croup);
6° La laryngite œdémateuse (œdème de la glotte).
1° LARYNGITE ÉRYTHÉMATEUSE.
C’est lia plus simple et la plus bénigne des formes de l’inflammation du larynx.
Les causes quila produisent sont souvent inconnues. Elles peuvent être extérieures à l’individu, ou dépendre de quelque modification intérieure. Les causes externes sont les variations brusques de température, le passage subit du chaud au froid, l’inspiration de l’air chargé de molécules irritantes, l’exposition du cou dépouillédes vêtements quile couvrent, à une température froide. Parmi les causes internes, on doit noter les fatigues du larynx parle chant ou la parole ; ainsi cette affection est fréquente chez les acteurs et dans toutes les professions où l’organe de la voix est soumis à un grand exercice. Elle survient quelquefois pendant la maladie d’autres organes, et par simple continuité de tissu , comme on le voit fréquemment dans l’inflammation des bronches ou du pharynx ; ou bien par sympathie , comme cela arrive quelquefois dans la gastro-entérite aiguë. La laryngite est quelquefois aussi symptomatique, comme cela s’observe souvent dans la rougeole, alors que la même congestion inflammatoire se porte en même temps sur la conjonctive et sur les bronches. Elle peut se montrer également dans une certaine période de la variole. £ette affection est d’ailleurs commune à tous les âges ; Billard l'a observée chez les nouveau-nés. Certains individus présentent une singulière tendance à cette maladie.
Chez la plupart des sujets, cette maladie est peu grave; chez d’autres, au contraire, elle se lie à l’existence de tubercules pulmonaires.
Cette affection peut être précédée pendant vingt-quatre heures d’un mouvement fébrile plus ou moins intense; quelquefois elle ne s’annonce que par un malaise général, d’autres fois elle débute tout à coup par une douleur au larynx, variable en intensité, qui tantôt ne
se traduit que par un sentiment de gêne, de chaleur ou de cuisson, qui est tantôt très-vive quand le malade tousse ou parle, ou quand on exerce une pression sur le larynx. La voix diminue d’intensité, s’altère etdevientrauque. La déglutition est pénible, la toux est fatigante , souvent répétée , d’abord sèche, puis donnant lieu à l’expuition d’un mucus parfois teint de filaments de sang , plus souvent opaque. Quand l’inflammation est légère, elle ne donne lieu à aucun symptôme général; quand elle est intense, elle peut déterminer un trouble profond de l’innervation qui cache les symptômes de la maladie locale.
La durée de cette maladie peut n’êlre que de quelques heures, comme aussi elle peut se prolonger plusieurs jours. Les récidives en sont très-fréquentes.
La terminaison en est ordinairement heureuse. Elle peut se transformer en une inflammation bronchique , en une autre espèce de laryngite, ou devenir chronique en déterminant quelquefois une phthisie laryngée.
Le traitement est fort simple. Quand la laryngite est peu intense, il suffit de prescrire des boissons émollientes chaudes, quelques loochs blancs, des cataplasmes chauds sur le cou, des pédiluves, des lavements. Quand l’inflammation est plus grave, il faut recourir aux émissions sanguines générales ou locales; si c’est aux sangsues qu’on a recours , il faut les employer en grand nombre sous peine de voir augmenter l’inflammation.