LARYNGITE AVEC SÉCRÉTION DE PUS
( Laryngite chronique, phthisie laryngée. )
Caractères anatomiques. Comme sur la membrane muqueuse des voies digestives, l’inflammation chronique produitsur celle du larynx de la rougeur, de l’épaississement, de l’augmentation ou de la diminution dans la consistance ; le ramollissement est partiel ou général ; dans quelques cas cette membrane devient le siège de végétations qui peuvent acquérir un volume considérable. On peut y trouver des granulations blanches et dures. Du pus peut couvrir sa surface. Les follicules muqueux peuvent participera ces altérations; ils peuvent s’épaissir et sécréter des mucosités abondantes. On y rencontre des ulcérations qui pourront ne pas déterminer l’altération de la voix si elles siègent au-dessus des cordes vocales, mais qui produiront ce phénomène si elles existent au-dessous. Ces ulcérations ont été principalement constatées à l’épiglotte, aux cordes vocales, dans le fond des ventricules, au-dessous des cordes vocales. Elles peuvent s’étendre en largeur et en profondeur^ point de donner naissance à des fistules.
Le tissu cellulaire sous-muqueux peut être épaissi; il peut se présenter sous la forme de cordons squirrheux, ou bien être distendu par de la sérosité épanchée. On y a trouvé des collections purulentes, et des tubercules à toutes les périodes de leur développement.
Les muscles du larynx ont été trouvés amincis, ramollis, quelquefois même ils ont entièrement disparu. Ils peuvent être aussi i hypertrophiés ou atrophiés. Les cartilages présentent aussi des altérations. L’épiglotte peut être épaissie, ulcérée, cariée, détruite même complètement. Le cartilage thyroïde est moins souvent altéré ; le cricoïde peut être j hypertrophié, carié; les arythénoïdes peuvent !
être détruits, enfin on peut trouver tous ces cartilages ossifiés.
On a trouvé aussi des kystes séreux et des concrétions calculeuses dans les ventricules du larynx.
Causes. Les causes de cette affection ne sont pas toujours appréciables. Comme la laryngite aigue, elle survient souvent sous l’influence de variations atmosphériques. On voit des individus qui contractent une laryngite aiguë légère qui passe bientôt à l’état chronique et qui ne les quitte plus. L’inspiration prolongée des matières irritantes peut la déterminer; elle survient sous l’influence de corps étrangers introduits dans le larynx, sous l’influence aussi d’un traitement mercuriel à haute dose et longtemps prolongé.
Certaines causes internes n’agissent pas moins efficacement dans la production de la laryngite chronique. Ainsi l’action prolongée de l’organe de la voix est une cause puissante de son inflammation chronique. Elle est trèsfréquente chez les acteurs, chanteurs, avocats, prédicateurs, etc. On l’a observée après l’abus des plaisirs vénériens. Diverses maladies l’entraînent à leur suite, les unes par continuité de tissu, comme une pharyngite ou une trachéite chroniques; les antres par continuité, comme les abcès de l’œsophage ; d’autres enfin par sympathie, par solidarité de fonctions. Aussi voit-on souvent les tubercules pulmonaires déterminer une laryngite chronique; et qui ne reconnaîtrait là une irritation sympathique analogue à celle qui fait que la langue devient rouge et sèche dans une inflammation des voies digestives? La laryngite chronique est quelquefois sous l’influence d’une altération générale , comme un vice dartreux, la syphilis, etc.
On l’observe surtout de 30 à 40 ans, et chez les hommes plus que chez les femmes.
Symptômes. Ils sont locaux ou généraux.
La douleur a des sièges divers ; chez quelques malades, elle occupe le larynx tout entier; le plus ordinairement elle est limitée, et ne se fait ressentir qu’en un seul point, comme , par exemple, à la partie supérieure et latérale gauche du cartilage thyroïde. Son intensité est d’ailleurs variable , c’est parfois une simple gêne ou- un picotemeut assez vif. Chez quelques malades, elle est si faible qu’ils ne s’en plaignent pas, et qu’on est obligé de fixer leur attention vers ce point, pour leur faire dire qu’en effet ils y éprouvent un sentiment de gêne, et cela même, quand le larynx présente de larges ulcérations. Les malades ressentent ordinairement un chatouillement incommode qui provoque la topx ; tantôt c’est une sensation analogue à celle que produirait la présence d’un corps étranger ; tantôt c’est un sentiment d’érosion, de brûlure, quelquefois des douleurs lancinantes.