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ANÉMIES

Il n’est pas rare de rencontrer, dans les recherches cadavériques , le poumon anémié.

C’est une des altérations que détermine le choléra. On la rencontre fréquemment aussi sur le cadavre des vieillards.

Dans certains cas cependant c’est une véritable affection qui petit être primitive ou s’accompagner d’anémie générale. Portée à un certain degré elle donne lieu à la dyspnée.

PHLEGMASIES.

De la péripneumonie ( fluxion de poitrine ) à l’état aigu.

La pneumonie parait consister essentiellement dans l’inflammation des vésicules pulmonaires ou du tissu cellulaire inter-vésiculaire. Cette opinion a déjà été professée par l’illustre auteur du traité des Phlegmasies chroniques ; elle a été aussi adoptée par M. Bouillaud.

Caractères anatomiques. Depuis Laënnec on admet généralement trois degrés dans l’inflammation du parenchyme pulmonaire, savoir :

Le simple engouement,

L’hépatisation rouge,

L’hépatisation grise.

Pour si peu qu’on ait l’habitude des recherches d’anatomie pathologique, on peut remarquer que ce terme hépatisation appliqué au tissu du poumon frappé de phlegraasie, ne peut pas être regardé comme bien exact. C’est surtout par la consistance que diffèrent l’un de l’autre le poumon enflammé et le foie sain. En effet, dans les cas d’hépatisation rouge ou grise, on trouve le plus ordinairement le poumon ramolli et friable , et dans quelques cas beaucoup plus rares, il est plus dur que dans l’état sain. Nous croyons plus exact de remplacer le mot hépatisation par celui de ramollissement rouge ou gris.

Suivant les degrés d’inflammation du poumon , les auteurs admettent généralement trois degrés de la pneumonie, correspondant aux trois modes d’altération que nous avons indiqués. On peut Les réduire à deux : dans un premier degré les vésicules pulmonaires sont perméables à l’air; dans un second elles sont complètement ou incomplètement imperméables. Le premier degré correspond au premier de Laënnec, le second aux deux autres des auteurs.

Quoi qu’il en soit de ces divisions et de ces diverses manières de voir, examinons ce que l’anatomie pathologique nous apprend sur les altérations que peut produire la pneumonie.

Dans unepneumonie légère caractérisée sous le nom de simple engouement, la crépitation et la résistance du parenchyme pulmonaire

sont encore conservées. Cependant la crépi7 tation y est plus faible que dans l’état normal. La pression fait apercevoir que les vésicules pulmonaires contiennent plus de liquide que d’air; cependant on peut exercer un tiraillement et une pression assez forts sur le tissu pulmonaire sans qu’il se déchire.

Les parties qui sont le siège de l’inflammation présentent une couleur brune ou vermeille qui contraste avec la couleur grise ou rose pâle des parties non enflammées.

Si on déchire ou si on incise les parties du poumon engouées , il s’en écoule un liquide sanguinolent et spumeux, et en pressant et en lavant ces parties engouées, on leur rend leur couleur, leur crépitation et la propriété de surnager à l’eau.

Est-il toujours possible de distinguer cet engouement véritablement inflammatoire de celui qui vient mécaniquement dans les derniers temps de la vie, ou de celui qui est purement cadavérique? On le prétendrait vainement , car l’augmentation de friabilitédu tissu pulmonaire, que d’abord j’avais assignée comme caractère de l’engouement inflammatoire, peut être le résultat d’une accumulation mécanique de sang survenue soit pendant l’agonie, soit après la mort.

Tels sont les changements qu’une inflammation légère détermine dans le tissu pulmonaire ; poussée à un degré plus intense cette inflammation produit une diminution de consistance du parenchyme pulmonaire; il devient friable et s’écrase avec facilité quand on le presse entre les doigts; il est alors semblable au tissu de. la rate, d’où le nom de splénisation qui a ;élé donné par quelques auteurs à ce degré ae l’inflammation, incisé, le liquide qui s’en é joule est moins abondant et moins spumeux. Cet état intermédiaire entre le prenier et le second degré de la pneumonie peut être regardé comme le passage de l’engouement à l’hépatisation.

Ce second degré, ou hépatisation , dans lequel les vésicules sont imperméables , est caractérisé par un engorgement sanguin considérable, et par une couleur uniformément rouge, qui rappelle assez celle du foie. Dans cet état le poumon n’est plus crépitant , une tranche, jetée dans un vase rempli d’eau, se précipite au fond; si on l’incise, il en découle un liquide rouge et non écumeux, moins abondant que dans le degré précédent. Le tissu pulmonaire semble composé d’une grande quantité de granulations rouges d’un très-petit volume , pressées les unes contre les autres. Sa friabilité est devenue considérable, car il suffit de le presser légèrement entre les doigts pour qu’il s’écrase et se réduise en une pulpe rougeâtre. C’est d’après ce phénomène que j’ai donné à ce degré de l’inflammation du poumon le nom d e ramollissement rouge qu i

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