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DE L’OEDÈME DD POUMON

Celte affection n’a été bien décrite que par Laënnec; elle est cependant assez commune.

Caractères anatomiques. Lorsqu’un poumon tout entier est le siège de la maladie, et qu’elle remonte à une époque assez éloignée, on le trouve pâle ou jaunâtre, ayant perdu la couleur rosée qu’il présente à l’état normal. Après l’ouverture de la poitrine, il ne s’affaisse pas, et il est plus dense et plus pesant. Les vaisseaux aussi paraissent plus dilatés qu’à l’ordinaire. Moins souple et moins élastique qu’à l’état sain, il crépite à la pression et conserve l’impression du doigt. Incisé et pressé, il en résulte une sérosité abondante, incolore ou légèrementjaunâtre, transparente et un peu spumeuse.

Causes. L’œdème des poumons peut être une maladie primitive, ou se produire pendant le cours ou vers la fin de maladies diverses, la bronchite aiguë, la pneumonie

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

aigue, les affections organiques du cœur, les maladies du cerveau, telles que l’hémorrhagie cérébrale, le ramollissement ou la pression exercée par la sérosité sur la huitième paire. Elle apparaît aussi sous l'influence d’hydropisies générales ; et toutes les maladies chroniques qui nécessitent un long décubilus sur le dos, peuvent la produire.

Symptômes. L’œdème du poumon se présente sous trois formes diverses.

Forme sur- aigue. — L’individu étant dans un état de santé parfaite, ou bien pendant le cours d’une maladie aigue, on voit naître tout à coup une suffocation rapide qui entraîne la mort par asphyxie. Cet état de suffocation peut durer deux ou trois heures, ou se prolonger pendant deux ou trois jours.

2° Forme aigue. — Elle est encore caractérisée par une dyspnée considérable qui augmente pendant quatre ou douze jours, qui se dissipe ensuite pour faire place à une prostration complète , pendant laquelle la mort arrive

3° Forme chronique. — Sous celte forme, la dyspnée peut être nulle ou légère dans l’état de repos, pendant des mois entiers, mais apparaissant avec plus ou moins d’intensité par l’exercice, par la toux et par l’expectoration.

S»ous ces trois formes, la percussion rend un son plus ou moins obscur, selon le degré de la maladie.

Par l’auscultation, on découvre que la respiration vésiculaire est beaucoup plus faible qu’à l’état normal, et qu’elle s’accompagne d’un râle sous-crépitant, moins sec que celui de la pneumonie au premier degré, et à bulles plus humides et plus volumineuses. « Cependant, dit Laënnec, on doit avouer qu’il est quelquefois difficile de distinguer ces deux affections l’une de l’autre à l’aide des seuls signes donnés par le cylindre, et qu’il est nécessaire d’y joindre la comparaison des symptômes généraux. Quand l’œdème est trèsétendu et très-intense, la sonoréité de la poitrine diminue assez notablement. Un peu de bronchophonie se manifeste dans ces cas, à la racine du poumon surtout. Mais la longue persistance du râle crépitant', et l’absence des signes généraux de l’inflammation, permettent presque toujours de distinguer l’œdème du poumon de la pneumonie au premier degré , même dans les cas où ces. affections sont réunies. » ( Auscultation médicale,

t. Il, p. 355. )

La marche de cette maladie est fort irrégulière. Elle peut se terminer par la mort ou par le retour à la santé.

Traitement. L’œdème du poumon peut être produit par tant de causes diverses, que son traitement doit varier selon les causes,

selon la forme qu’il affecte, suivant les conditions de l’économie qui produisent toute hydropisie. Ses complications réclament aussi un traitement spécial, variable selon leur nature.

DE L’EMPHYSÈME INTER-LOBÜLAIRB DE LAENNEC.

Caractères anatomiques. Le tissu cellulaire qui se trouve interposé entre les boules pulmonaires, peut être infiltré d’air, et il en résulte que la surface du poumon présente de petites ampoules ou de petites vessies disposées en bandes transparentes, pénétrant plus ou moins profondément dans le tissu pulmonaire. Laënnec a aussi observé plusieurs fois ces bulles d’air le long des vaisseaux qui parcourent le poumon, et le long de ceux qui rampent à sa surface.

Le tissu pleural peut aussi être ou avoir été pénétré par l’air, ce qui donne lieu quelquefois à des ampoules très-considérables.

Laënnec dit que lorsque l’emphysème interlobulaire est voisin de la racine du poumon, il gagne promptement le médiaslin et de là le tissu cellulaire inter -musculaire et souscutané de toutes les parties.

Causes. 11 peut se développer spontanément par le fait d’une simple exhalation, ou mécaniquement par la rupture des vésicules pulmonaires, qui peut elle-même être spontanée ou mécanique, par le fait d’une plaie, d’un violent effort, ou de toute autre cause traumatique.

Symptômes. La dyspnée est en rapport avec l’étendue de la lésion. La percussion ne donne, quelquefois , que des signes négatifs, ou bien elle donne un son clair comme dans l’emphysème vésiculaire dont nous nous occuperons plus bas. Si l’emphysème est peu étendu, l’auscultation ne fournit aucun signe. Si, au contraire, la lésion est considérable, on entend un bruit de frottement et un râle crépitant sec, à grosses bulles, sensible surtout dans l’inspiration, tandis que le bruit de frottement s’entend dans l’inspiration et dans l’expiration.

Le pronostic de cette affection est peu grave : l’air infiltré dans le poumon est peu à peu résorbé, et les malades guérissent plus ou moins rapidement.

Quant au traitement, comme il ne diffère en rien de celui de l’emphysème vésiculaire , nous renvoyons à celui-ci ce que nous avons à en dire.

IIIe CLASSE. — LÉSIONS DE NUTRITION.

DE L’HYPERTROPHIE DD POUMON

Laënnec a décrit une hypertrophie du poumon que rien ne peut faire reconnaître pendant la vie. Elle consiste en une augmentation

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