MALADIES DU FOIE
De CLASSE — LÉSIONS DE CIRCULATION.
HYPERÉMIES.
Comme tous les tissus parenchymateux , le foie peut présenter des congestions sanguines dénaturé diverse. Ces hypérémies sont tantôt mécaniques et reconnaissent pour cause un obstacle au libre passage du sang à travers les cavités droites du cœur, d’où reflux et accumulation de ce liquide dans les vaisseaux hépatiques ; tantôt , sans être inflammatoires , ces hypérémies ne sont plus mécaniques ; ainsi sont les congestions du foie chez les scorbutiques; tantôt, enfin, les hypérémies sont réellement actives , et sous l’influence d’un stimulant inflammatoire. Celles-ci peuvent durer plus ou moins longtemps , sans autre altération qu’une modification dans la sécrétion biliaire , modification qui n’existe même pas toujours.
Ces hypérémies, quelle que soit leur cause, peuvent être générales ou partielles. Quand elles sont générales , elles produisent l’augmentation du volume de l’organe, qui dépasse plus ou moins le bord cartilagineux des côtes, ou qui refoule en haut le diaphragme. Cette augmentation de volume peut s’opérer avec une très-grande rapidité et disparaître de même , comme on le voit dans les hypérémies liées à une maladie du cœur. Mais ces congestions habituelles du foie toute mécaniques peuvent déterminer à la longue une inflammation de l’organe , qui peut rester seule ou être suivie de diverses altérations de nutrition, comme cela se voit fréquemment chez les individus affectés de maladies organiques du cœur.
Les symptômes de l’hypérémie active du foie se confondent avec ceux de l’inflammation de cet organe.
Dans les congestions passives , ce viscère peut augmenter assez de volume pour qu’on le sente bien au-dessous des fausses côtes droites et à l’épigastre. La tumeur présente une surface lisse , sans bosselures, sans enfoncement ; il n’y a ni douleur, ni traces d’ictère ; quelquefois, cependant, les malades accusent une sensation pénible, une sorte de pesanteur dans l’hypocondre.
Difficilement on confondra ces congestions passives du foie avec son inflammation , car, lorsque cette inflammation est légère , le foie est peu ou point augmenté de volume , et , quand elle est intense , ces mêmes caractères suffisent toujours pour différencier les congestions qui se forment alors dans le tissu du foie de celles qui se trouvent liées au scorbut, soit à un obstacle au cours du sang.
Les maladies qui produisent les congestions passives du foie sont toutes incurables ; et ces congestions mêmes n’offrent que peu d’intérêt , au milieu des désordres graves dont elles ne sont que la conséquence. Il n’en est pas de même des cas où le foie s’engorge pendant le «ours d’une maladie du cœur ou de ses annexes; ceux-ci méritent une attention particulière. En effet , les maladies du cœur peuvent exister longtemps sans occasioner la mort , et sans qu’aucun autre organe éprouve une altération marquée de nutrition. Or, on conçoit facilement que, si, sous leur influence, «ne congestion sanguine se formait dans le foie et déterminait une hépatite , cette dernière serait une complication très-fâcheuse qui ne pourrait qu’accélérer beaucoup leur marche , et par conséquent leur terminaison funeste. Pour prévenir un pareil accident,' il ne faut que traiter convenablement la maladie qui donne lieu au ralentissement de la circulation veineuse , et l’attaquer surtout avec énergie chaque fois qu’elle s’exaspère ; moyennant cela , on réussira presque toujours à dégorger le parenchyme hépatique , et à empêcher que le sang ne s’y ramène de nouveau en trop grande quantité (Bonnet, Traité des maladies du foie ).
PHLEGMASIES.