‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 121 sur 227 · DE D’HÉPATITE AIGUE · texte numérisé non relu

DE D’HÉPATITE AIGUE

Caractères anatomiques. L’hépatite aiguë, maladie rare dans nos pays , présente trois degrés : io simple congestion active , engouement ; 20 diminution de consistance ou ramollissement du parenchyme du foie ; 3° infiltration purulente et abcès dans la substance de l’organe.

Dans le premier degré, on observe une vive rougeur, générale ou partielle, seule ou accompagnée d’une augmentation de volume. Alors, en incisant le foie , on le trouve gorgé d’un sang noir.

Dans le second degré , en même temps que cette vive rougeur , on trouve le tissu du foie ramolli , il y a ramollissement rouge.

Dans le troisième degré , on trouve le foie infiltré de pus ou des abcès plus ou moins nombreux , tantôt du volume d’une noisette , tantôt occupant la moitié du foie , siégeant au centre ou à la périphérie de l’organe , entourés d’une simple rougeur ou en même temps de ramollissement , pouvant communiquer à l’extérieur par les parois abdominales, l’estomac, le colon, la vésicule du fiel, s’épancher dans le péritoine et déterminer une péritonite mortelle.

Le foie phlogosé peut aussi se gangréner , mais ce phénomène est très-rare.

Assez fréquemment, le foie a contracté des adhérences avec les parties environnantes, le diaphragme , l’estomac , le duodénum , le colon , les parois de l’abdomen. C’est le péritoine enflammé qui sert d’intermédiaire à toutes ces adhérences qui sont d’autant mieux organisées , que la durée de la maladie a été plus longue.

Causes. Des causes assez nombreuses et assez diverses peuvent produire l’hépatite aiguë. Dans nos pays , les plus fréquentes sont les causes mécaniques et qui agissent plus ou moins directement sur le foie , tels sont les coups ou les chutes sur l’hypocondre droit , les plaies pénétrantes dans cette même région, les grands efforts pour soulever de lourds fardeaux , toutes les chutes d’un lieu élevé sur les pieds , sur les genoux, sur les fesses ou sur la tête, et dans lesquelles le corps éprouve une violente secousse. Après ces causes, celles qui occasiorient le plus communément l’hépatite aiguë sont les stimulations vives de l’estomac et des intestins , et surtout celles provoquées par l’usage intempestif des émétiques et des drastiques. On la voit quelquefois survenir en même temps que l’inflammation de la membrane muqueuse gastro-duodénale , ou bien en se transmettant par voie de continuité à travers le canal cholédoque et le conduit hépatique jusqu’au foie , ou bien en l’irritant sympathiquement. M. Ribes a encore démontré que l’inflammation gastro-duodénale pouvait se transmettre au foie d’une autre manière : en se propageant par le moyen d’une inflammation veineuse qui, partie des veines situées à la surface de là membrane muqueuse s’étend aux petites veines mésaraïques , de lù à la veine-porte, et de celle-ci au foie. M. Cruveilhier a vu de son côté l’inflammation du rectum se propager aux veines hémorrhoïdales, et de là au foie, et produire une multitude d’abcès dans cet organe. Dans quelques cas , l’inflammation du foie succède à celle du péritoine qui le recouvre.

Des causes plus éloignées , moins directes, et dont il est fort difficile de se rendre compte,

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