MALADIES DES ORGANES DE L’ APPAREIL D’EX- CRÉTION DE LA BILE
FHLEGMASIES.
L’inflammation aiguë de la vésicule du fiel accompagne assez souvent les diverses maladies du foie , et surtout les calculs biliaires ; sans ces complications , c’est une maladie assez rare.
Caractères anatomiques. On a trouvé la vésicule perforée (Cruveilhier), remplie de pus et sillonnée d’ulcéfalions (Stoll , Lancisi) , affaissée , percée de plusieurs ouvertures , ulcérée ( Martin Salon , Desjardins), protubérante , épaissie (Scott).
La phlegmasie des conduits biliaires est une affection encore plus rare. La Bibliothèque britannique , tom. LX, i8i5, pag. 53 , a publié l’observation suivante : M. Curry fut appelé un jour, à sept heures du matin, au secours d’une dame âgée de 72 ans , qu’il avait vue la veille parfaitement bien portante, et qui venait de se trouver mal. Il arriva au moment
où elle expirait. On lui raconta qu’une demiheure auparavant, après avoir passé une trèsbonne nuit , elle s’était plainte , à son réveil , d’une vive douleur à l’estomac avec quelques nausées ; elle avait demandé une infusion de mélisse, et mourut en la buvant. M. Curry avait ouï dire à Londres , au docteur George Fordyce, qu’il avait vu des cas de mort subite occasionée par l’irritation que cause quelquefois le passage d’un calcul biliaire au travers du conduit cholédoque. La douleur dont s’était plainte la malade lui faisait soupçonner quelque chose de semblable. Il demanda l’ouverture du cadavre, et il trouva tout le corps en bon état, à l’exception du canal cholédoque dont l’intérieur parut fort enflammé , et portait évidemment les traces d’une grande irritation. Cependant on ne découvrit , ni dans l’intestin , ni dans aucune partie du canal alimentaire, aucun vestige de calcul , mais il y en avait dans la vésicule du fiel, et if ne semble pas impossible que l’un d’eux y eût reflué après s’être engagé dans le conduit.
Dans la fièvre bilieuse de l’Inde, on trouve, d’après quelques médecins anglais, les parois de ces canaux tuméfiées de telle sorte qu’on ne peut y introduire une sonde.
Causes. L’inflammation des voies d’excrétion de la bile est diverse. D’après des observations exactes, l’inflammation du duodénum peut se propager aux canaux et à la vésicule. D’après M. Gendrin , il en serait toujours ainsi. Mais il est prouvé aussi que cette phlegmasie peut exister indépendamment de celle du duodénum. Si l’on en croit Rœderer et Wagler, cette maladie, dans certains cas, serait due à la présence des vers : ils assurent en avoir trouvé dans les voies biliaires , que ces insectes avaient irritées. D’un autre côté M. Guersent a rapporté l’observation d’un enfant de quatre ans, chez lequel une colique hépatique mortelle fut provoquée par le passage d’un ver dans le canal cholédoque.
Cette maladie peut aussi reconnaître pour cause les coups portés sur l’hypocondre; mais la cause la plus fréquente est la présence de calculs. Doit-on , avec quelques auteurs , admettre que le rhumatisme fixé sur la vésicule biliaire en détermine l’inflammation ?
Comme nous l’avons déjà dit, si cette maladie est quelquefois idiopathique , elle est le plus souvent liée à des affections du foie , à la présence des calculs , et aux maladies de l’estomac et du duodénum.
Symptômes. Dans les faits publiés jusqu’ici, on trouve comme symptômes : douleur soudaine , vive , atroce au rebord des fausses côtes, augmentée parla pression, la respiration, le décubitus sur le dos. Le malade peut à peine s’étendre , et le plus souvent il se couche sur le côté gauche en repliant les membres inférieurs. Le paroxisme de la douleur dure pen-
MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS
dant plusieurs heures, puis il diminue'; et ordinairement, à mesure qu’il diminue, l’ictère se manifeste. En même temps il a des vomituritions ou des vomissements qui n’amènent que des matières aqueuses ou verdâtres. Ces vomissements suivent la douleur.et diminuent avec elle. La fièvre se joint à ces accidents, et lorsque la première acuité des symptômes est tombée , les auteurs signalent une fièvre accompagnée d’un pouls petit et serré, d’une soif vive , mais où il n’y a ni frisson ni chaleur remarquables. La constipation existe , et l’urine a les caractères de l’urine des ictériques. Si la maladie tend à la guérison, la douleur et l’ictère s’évanouissent peu à peu , les selles deviennent régulières ; sinon , les souffrances se réveillent par intervalles , l’ictère s’accroît , la peau devient sèche , et la mort survient, soit par l’effet de l’inflammation seule de la vésicule , soit par la perforation de cette poche , accident qu’on reconnaît à l’apparition subite des symptômes d’une péritonite aiguë.
Cette maladie est fort douloureuse et fort grave ; on doit toujours craindre, en effet , que la vésicule ne se perfore et ne donne lieu à une péritonite mortelle.
Traitement. Il doit être antiphlogistique et se composer des saignées générales plus ou moins répétées, des saignées locales sur l’hypocondre droit à l’aide des sangsues ou des ventouses , d’applications émollientes sur le lieu douloureux, de bains tièdes , de lavements et de calomel à dose purgative.
Ile CLASSE. — LÉSIONS DE SÉCRÉTION.