‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 136 sur 227 · DE L’HYDROPISIE DE LA VÉSICULE · texte numérisé non relu

DE L’HYDROPISIE DE LA VÉSICULE

Selon M. Littré , on a donné le nom d’hydropisie de la vésicule à deux états pathologiques très-différents. Dans le premier, qu’on appellera plutôt œdème de la vésicule, la membrane muqueuse et le tissu sous-muqueux sont infiltrés de sérosité. Cet œdème est secondaire; M. Louis l’a observé un certain nombre de fois. C’est une altération qui rentre plutôt dans le domaine de l’anatomie pathologique que dans celui de la pathologie.

Il n’en est pas de même de l’autre état. Alors il s’accumule dans la vésicule un liquide tout différent de la bile; et pour cela il faut que toute communication soit coupée avec le foie, c’est à dire que le canal cystique soit obstrué.

Dans ce dernier cas , on voit que l’hydropisie de la vésicule aura toujours été précédée de souffrances vers l’organe biliaire, qui auront accompagné l’occlusion du canal cystique. Les malades qui en sont affectés se plaignent d’une douleur non pas très-violente , mais obtuse et continue vers les fausses côtes droites ; l’hydropisie de la vésicule étant souvent

jointe à la lithiase biliaire , la douleur a des intermissions et des accès; mais elle est obtuse et égale si l’accumulation du liquide dépend de la simple oblitération du canal cystique.

Quand ces symptômes ont duré quelque temps , il apparaît au-dessous du rebord des fausses côtes , dans l’hypocondre droit , une tumeur qui s’accroît peu à peu , et qui se porte tantôt vers la région épigastrique , tantôt vers la région iliaque. Valler citait un exemple où elle était descendue jusque dans I’hypogastre : cette tumeur est molle au toucher et circonscrite. Le plus souvent, les malades ne sont pas fort incommodés de cette affection : ils peuvent , pendant longtemps , vaquer à leurs affaires, sans éprouver de trèsgrands dérangements de santé.

Mais c’est là l’^ydropisie de la vésicule dans un état de simplicité qui n’est pas commun. Le plus souvent elle est unie , soit à des calculs , soit à des maladies du foie qui minent la constitution ou déterminent de graves accidents. La vésicule elle-même , dans cette condition , est parfois prise d’inflammation : alors on voit augmenter la douleur de l’hypocondre , les vomissements survenir , la fièvre s’allumer, et le malade succomber, soit que l’inflammation seule le tue, soit que la vésicule, en se rompant, occasione une péritonite mortelle. C’est l’observation de ces accidents qui a fait dire aux médecins que les malades affectés d’hydropisie de la vésicule du fiel meurent souvent en ti*s-peu de temps. La rupture peut aussi être causée par un coup ou une chute sur l’hypocondre.

Les qualités de l’humeur contenue dans la vésicule varient beaucoup. De Haen a trouvé sur un hydropique dont le foie était tout granuleux , la liqueur de la vésicule aqueuse, et sans la moindre amertume ; elle n’était pas transparente et insipide, mais elle était tremblante comme de la gélatine. Bernard ( Reils , archiv. , B. 3 , S. 4/9) l’a ftouvée semblable à de l’albumine ou de la synovie. En effet , la chaleur et les acides y ont déterminé un précipité floconneux. Glisson a rencontré, dans la vésicule d’une femme cachectique , un liquide séreux , incolore , sans aucune amertume, et plutôt' d’un goût douceâtre. Dans un cas observé par Tiedeman , la vésicule contenait une humeur limpide, filante comme l’albumine ; l’acide acétique y déterminait un précipité. M. Louis a vu ce liquide semblable à du blanc d’œuf ou de l’urine.

L’ascite, qu’on a observée dans certaines hydropisies de la vésicule , ne lui appartient pas en propre , et ne peut être rangée parmi les conséquences nécessaires de cette affection ; elle dépend de complications qui portent , la plupart du temps, sur le foie.

Il en est de même de l’ictère. Tant que le mal se borne strictement à l’occlusion du ca-

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