‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 139 sur 227 · COARCTATION , OCCLUSION ET DISTENSION DES VOIES BILIAIRES · texte numérisé non relu

COARCTATION , OCCLUSION ET DISTENSION DES VOIES BILIAIRES

La coarctation ou l’occlusion des conduits biliaires est produite ou par une adhérence de leurs parois , ou par l’épaississement et l’induration du tissu sous-muqueux . ou par une compression extérieure , ou par un calcul. Cette dernière condition est la plus fréquente de toutes. La place où se trouve l’obstacle a une influence remarquable sur la composition du liquide qui distend la vésicule. Cet obstacle est-il dans le canal cholédoque , l’entrée de la bile dans la vésicule n’est pas empêchée , et c’est par elle que ce réservoir est distendu ; est-il dans le canal hépatique, au-dessus de l'embouchure du cystique, la bile n’arrive plus ni dans la vésicule ni dans le duodénum. Dans un troisième cas , quand l’obstruction existe dans le canal cystique , elle ne permet plus l’arrivée de la bile ; et , à la place de cette humeur, on y trouve un liquide blanchâtre plus ou moins clair et muqueux : c’est évidemment le produit de la sécrétion de la membrane interne de la vésicule, la substance qui se mêle à la bile pendant son séjour dans la vésicule.

Les tumeurs de la vésicule , indépendamment des calculs , peuvent être produites par la compression qu’exerce sur les conduits l’engorgement squirrheux du pancréas , du duodénum ou de l’estomac , ou par l’oblitération de l’orifice du canal cholédoque dans le duodénum , ou par la tuméfaction de ganglions lymphatiques voisins. Meckreen a vu la distension et la rupture de cette poche déterminées par l’inlus-susception du canal cholédoque , dont une partie était entrée dens l’autre, comme font les intestins. Dans un cas présenté à la Société anatomique par M. Bérard , la rétention complète de la bile était due à une bride fibrocelluleuse qui étreignait le canal cholédoque. Fabrice de Hilden et de Graaf ont vu les canaux biliaires rétrécis par l’accumulation de mucosités épaisses , et Morgagni , le canal hépatique occupé par un polype sarcomateux gros comme une noix.

L’occlusion , soit du canal cholédoque , soit du canal hépatique, produit la jaunisse, qui est alors nécessairement permanente, parce que la cause dont elle dépend ne se guérit point. Il serait très-difficile de distinguer cette jaunisse de celle que détermine l’engorgement chronique du foie , attendu que la cause est également persistante dans un cas comme dans l’autre. Cependant si la vésicule disten-

due débordait les côtes , la fluctuation qu’on y pourrait sentir porterait à admettre une ampliation de cet organe, et par conséquent l’occlusion des voies biliaires en un point, plutôt qu’une maladie du foie lui-même.

Cette affection a plusieurs symptômes variables. Ainsi la douleur obtuse signalée par quelques auteurs manque souvent; l’ascite consécutive manque plus souvent encore quand il n’y a engorgement ni du foie ni des organes environnants. M. Cratz a observé des spasmes violents et intermittents; mais ce phénomèneest rare et n’a rien de caractéristique. L’ictère , l’absence de la bile dans les excréments , la tumeur de la vésicule , si elle existe , sont les trois signesqui permettent de reconnaître un obstacle dans les voies biliaires. En analysant les signes concomitants, on essaiera de déterminer la nature de ces obstacles.

Au reste , toutes ces affections sont au-dessus des ressources de l’art (Dictionnaire en 25 vol., tome Y).

MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE

Iere CLASSE. — LÉSIONS DE CIRCULATION.

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