‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 151 sur 227 · DE L’INFLAMMATION DE L’ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

DE L’INFLAMMATION DE L’ENCÉPHALE

fcion du cerveau, à laquelle succèdent peu à peu les symptômes de l’encéphalite. Il en est d’autres où , sans aucune espèce de prodrome, le délire éclate tout-à-coup sans autre phénomène morbide. Dans tous les cas où se présentera le délire accompagné de fièvre, serezvous en droit de conclure à l’existence d’une encéphalite ? Non ; car vous vous souviendrez que la fièvre typhoïde débute souvent de cette manière. Quelquefois vous la verrez débuter par des convulsions , par des contractures ou par la paralysie. Vous vous tromperez plus difficilement sur ces symptômes , puisqu’ils sont beaucoup plus caractéristiques de l'encéphalite. Enfin il est des cas insolites , dont il faut tenir compte , où la maladie débute d’une manière toute différente. Ainsi Abercrombie (des Maladies de V encéphale , traduit par Gendrin , 2« édit., p. n 4) a vu l’encéphalite débuter par la perte de la parole. Le même observateur rapporte une observation où le vomissement fut le premier symptôme.

Durée : variable. On voit des encéphalites qui se terminent par la mort au bout de vingtquatre heures. On en voit d’autres qui durent un ou deux mois, après lesquels elles passent à l’état chronique.

Terminaison. Par la mort ou par le retour à la santé, qui peut être complet, ou bien présenter un affaiblissement , soit de l’intelligence ou de quelqu’une de ses facultés, soit de quelques sens. Ainsi on a vu l’encéphalite, être suivie de strabisme , de dureté de l’ouïe , etc.

Traitement. Au début , les émissions sanguines doivent en être la base. Quand on a abattu les phénomènes de réaction par une soustraction de sang plus ou moins considérable, on doit recourir à l’emploi du froid; mais cet emploi doit être fait avec de grandes précautions, car il présente deux inconvénients qu’il faut savoir éviter. Si vous l’appliquez avant d’avoir pratiqué des émissions sanguines , il détermine une réaction si forte que vous ne pourrez peut-être plus vous en rendre maître. Si vous l’appliquez trop tard, votre malade tombera dans un collapsus dont rien ne pourra le retirer.

Plusieurs moyens sont en usage pour l’application du froid ; on peut appliquer de la glace sur la tête en ayant soin de la piler et de la renfermer dans une vessie pour que son poids et son volume n’incommodent pas le malade. Il est nécessaire que la glace reste longtemps sur la tête pour qu’elle y produise quelque effet. Vous trouverez des malades qui seront péniblement impressionnés par cette application de glace; persistez pendant quelque temps pour voir si celte impression désagréable cesse ; s’ils témoignent par des cris , par de l’agitation, quelquefois par des grimaces que la présence de la glace leur est douloureuse , n’insistez pas davantage sur ce

moyen, il leur serait alors nuisible. Vous en trouverez d’autres au contraire qui témoigneront du soulagement et qui le désireront avec ardeur.

On emploie aussi les affusions froides sur la tête à des intervalles plus ou moins éloignés , l’eau étant à une température qui ne soit pas au-dessous de 16% on peut diriger un courant continu d’eau froide sur la tête ; on peut faire tomber l’eau goutte à goutte, on peut enfin faire des ablutions sur tout le corps.

Les révulsifs à la peau , tels que vésicatoires, sinapismes, etc., exigent les mêmes précautions que l’emploi du froid et ne doivent pas être appliqués à toutes les périodes de la maladie. C’est quand l’excitation a été diminuée que l’on peut les employer. II est des malades qui ne peuvent les supporter et chez lesquels tout excitant à la peau est suivi d’une exaspération formidable de tous les symptômes. Je crois , somme toute, qu’il faut être très-avare des révulsifs dans l’encéphalite , et qu’ils ne sont réellement utiles que lorsque le coma est profond et la sensibilité générale et spéciale entièrement émoussée.

Je suis moins avare de dérivatifs sur le tube intestinal, et je les ai toujours vus produire de bons effets , toutes les fois que les voies digestives étaient parfaitement exemptes de toute altération. Abercrombie dit : « Dans toutes les formes de la maladie, les purgatifs actifs semblent être le remède dont on tire les résultats les plus satisfaisants. Quoiqu’il ne faille jamais négliger de recourir à la saignée dans les premières périodes de la maladie , mon expérience m’a prouvé qu’un plus grand nombre de succès ont été obtenus dans des affections cérébrales de l’apparence la plus alarmante par l’usage des purgatifs très-violents, que par tout autre moyen de traitement. Dans le plus grand nombre de ces cas, des saignées copieuses et répétées avaient été employées sans aucun avantage apparent pour arrêter les symptômes. Le purgatif le plus convenable dans ces cas, est l’huile de crolon liglium. » (Ouvrage cité, page 2i5.)

Les préparations mercurielles ont été décorées du nom de spécifiques , dans les inflammations cérébrales . Je n’ai jamais vu qu’on en retirât de grands effets, soit'qu’elles fussent administrées en frictions , soit à l’intérieur. Q’est surtout aii calomel que l’on a recours dans ce dernier cas, et quand son administration a été suivie de quelques succès, on peut dire qu’il a plutôt agi comme purgatif que comme agent mercuriel.

2° Forme chronique. L’encéphalite chronique se rapproche à beaucoup d’égards de l’encéphalite aiguë.

Ses caractères anatomiques sont les mêmes , si ce n’est que le cerveau présente souvent de l’induration et plus souvent des

5i4 MALADIES DES ORGANES

abcès que dans la forme aiguë. Ces abcès sont renfermés dans des kystes à parois fibreuses.

Les causes sont les mêmes que celles qui produisent l’inflammation aiguë.Elle peut succéder à l’encéphalite aiguë ou être primitive . Les symptômes sont aussi les mêmes , si ce n’est qu’ils se succèdent plus lentement.

V inflammation chronique du cervelet, dont on possède sept à huit exemples, s’est traduite avec des symptômes variables. Ainsi dans un cas il y a eu paralysie ; dans un autre, faiblesse extrême des membres et imminence continuelle de chute en avant. Dans d’autres cas , ce n’était plus sur les mouvements que portaient les désordres , mais sur le sentiment ; dans un cas il y avait exaltation de la sensibilité générale ; dans un autre , douleur atroce à l’occiput; dans un autre, cécité ; enfin on l’a vue se traduire par des désordres de la digestion consistant en des vomissements.

Espérons que plus tard , et pour l’honneur de notre science, on arrivera à expliquer tous ces symptômes variables par la diversité de siège de l’inflammation dans le cervelet.

Le traitement consiste dans les émissions sanguines au début, et dans des révulsifs dans une période plus avancée de la maladie.

DE L’INFLAMMATION DU PROLONGEMENT RACHI- DIEN, OU MYÉLITE.

On doit la distinguer en aiguë et en chronique, mais nous grouperons ces deux formes dans une description commune.

Caractères anatomiques. Absolument les mêmes que ceux de l’encéphalite. Ainsi , rougeur , tuméfaction , ramollissement , suppuration. Du ramollissement et de la suppuration portés à un haut degré, peuvent résulter une véritable interruption de continuité dans la moelle.

Elle peut être générale ou partielle, et celleci est la plus commune : on distingue une myélite cervicale , dorsale et lombaire.

Dans chacune de ces parties, elle peut affecter toute l’épaisseur de la moelle , elle peut porter sur les cordons antérieurs ou sur les postérieurs , sur la substance blanche ou sur la substance grise , et l’inflammation de celleci est beaucoup plus fréquente. Quand la substance grise vient à se ramollir, il peut se former un vide , un véritable canal au milieu de la moelle.

Causes. Ce sont les mêmes que celles de l’encéphalite.

Symptômes. l°De la vie de relation. L’intelligehce est toujours intacte à moins qué l’inflammation, ne siège sur le bulbe rachidien, cas dans lequel il peut y avoir délire.

Les désordres du mouvement sont très-variés et sont les phénomènes prédominants , quand surtout l’inflammation porte sur les

DE LA YIE DE RELATION

cordons antérieurs. On peut poser en principe général que les lésions du mouvement frappent les parties qui reçoivent leurs nerfs de la portion située au-dessous du siège de l’inflammation. Dans les cas où l’inflammation commence par les cordons antérieurs de la moelle, les lésions du mouvement , et elles consistent alors dans la paralysie, deviennent générales en procédant de bas en haut. Ces lésions du mouvement sont d’ailleurs variables selon que l’inflammation est aiguë ou chronique. Tantôt c’est une simple gêne du mouvement , tantôt la paralysie commence par un doigt pour devenir graduellement générale. Il peut arriver que la paralysie arrive subitement. Ce peut être des contractures qui peuvent siéger aux membres un dans les muscles des parois abdominales. Quelquefois ce sont des crampes , quelquefois des convulsions ; certains malades présentent tous les symptômes de la chorée. Il en est , chez lesquels on observe une forme plus redoutable , le tétanos. Est-ce à dire que tous les cas de tétanos soient liés à une inflammation de la moelle? je suis à mille lieues de le penser; je ne fais que constater un fait , comme tout à l’heure , je constatais que la myélite pouvait déterminer des symptômes de chorée.

Lésions de la sensibilité. Elles prédominent dans l’inflammation des cordons postérieurs. La douleur peut exister dans la moelle ou audehors d’elle. Dans la moelle, la douleur peut être générale pu partielle , ce qui est le cas le plus commun. Il est des cas où la douleur s’exaspère par le mouvement , il est probable qu’alors les enveloppes de la moelle participent à la maladie. Elle est dans certains autres cas plus intense dans la position couchée. On a dit que la pression exercée sur les apophyses épineuses, feraient reconnaître le siège de la douleur quand cette pression s’exerçait sur les apophyses correspondantes au siège de l’inflammation. On a dit aussi qu’une éponge imbibée d’eau chaude promenée sur la colonne vertébrale déterminait une douleur correspondante au siège de l’inflammation. J’ai fait ces expériences plusieurs fois , et dans la plupart des cas elles ne m’ont rien démontré.

Il n’est pas toujours facile d’apprécier si la douleur a réellement son siège dans la moelle épinière. Elle peutexisler dans le tissu fibreux, dans les vertèbres , elle peut dépendre d’une névralgie de la moelle qui donne lieu à des douleurs très-vives , elle peut enfin être sous l’influence d’une maladie des méninges.

Hors.de la moelle , la douleur peut siéger dans les membres , suivant le trajet des gros troncs nerveux , elle peut résider dans l’abdomen ; elle peut être continue ou intermittente.

Il est d’ailleurs facile de se méprendre sur le caractère de ces douleurs , et de les croire

DE L’INFLAMMATION DU PROLONGEMENT RACHIDIEN. 3i5

rhumatismales ou purement nerveuses , ces cas sont très-fréquents , et la méprise est d’autant plus facile que souvenlalors la moelle ne présente aucune douleur.

La sensibilité peut au contraire être abolie généralement ou partiellement. Dans certains cas toute la peau est insensible ; dans quelques autres , il existe quelques points circonscrits de la peau où la sensibilité reste intacte. L’anatomie ne peut pas rendre raison de ces cas là.

Il peut n’y avoir que diminution de la sensibilité, se traduisant par des engourdissements, des fourmillements aux doigts, phénomènes qui peuvent augmenter graduellement pour arriver à une insensibilité complète.

Troubles de la vie de nutrition. Digestion. Il est des cas où la déglutition se trouve singulièrement gênée, ce qui dépend d’un défaut de contraction des muscles du pharynx. Quelquefois cette gêne do la déglutition est attribuée à une angine qui n’en finit pas. J’ai vu un cas dans lequel la gêne de la langue et du pharynx furent les premiers symptômes de la myélite. On m’a communiqué un autre cas dans lequel un individu frappé par un corps lourd à la partie supérieure de la colonne vertébrale fut pris de la paralysie de la langue et du pharynx.

La myélite peut déterminer des vomissements , elle peut s’accompagner aussi de constipation.

Désordres de la circulation. Dans les cas de myélite aiguë et étendue il y a fièvre; la circulation reste intacte dans les cas d’inflammation légère et circonscrite. M. Serres a remarqué que dans certains cas il y avait des palpitations du cœur , qui pouvaient simuler un anévrysme. On voit des individus qui ont des syncopes continuelles.

Désordres de la respiration. L’inflammation de la moelle a une influence très-notable sur la respiration. Celte fonction sera troublée toutes les fois que l’inflammation est située à la portion de la moelle qui fournit des nerfs aux muscles de la respiration ; les puissances mécaniques inspiratoires se trouvent alors anéanties. Il y a des cas où le diaphragme ne se contracte plus ou se contracte irrégulièrement, d’où production de hoquets continuels. Tous ces troubles mènent graduellement à l’asphyxie.

Désordres des sécrétions. Les sécrétions sont peu modifiées. La sueur peut manquer dans les parties paralysées , mais ce phénomène est loin d’être général. A une certaine période de la maladie l’émission de l’urine peut être empêchée.

Désordres des troubles génitaux. Chez l’homme^ on a plusieurs fois constaté une grande excitation des organes génitaux et

une tendance au priapisme; ces faits viennent à l’appui des expériences des physiologistes qui ont produit ces phénomènes en irritant mécaniquement certaines parties de la moelle.

Dans les myélites chroniques , il y a au contraire affaiblissement de ces fonctions.

Chez la femme il existe quelques faits dignes d’attention ; ainsi on a vu l’avortement survenir pendant une myélite; d’autres fois celte inflammation a produit l’inertie complète de l’utérus pendant l’accouchement. Mais ces phénomènes ne se reproduisent pas toujours , et l’on a vu la myélite exister sans qu’elle entraînât aucun de ces accidents.

Diagnostic. Il n’est pas toujours facile. Les vertèbres peuvent être malades sans lésion appréciable à l’extérieur et déterminer plusieurs symptômes de la myélite. Il y a des cas où tous les phénomènes fonctionnels de la myélite sont mentis , pour ainsi dire , par des altérations fonctionnelles de la moelle sans altération anatomique. J’ai vu des jeunes femmes hystériques, qui ., un certain jour, ne pouvaient plus remuer lès membres inférieurs ; on pouvait croire à une altération de la moelle,, mais un beau jour cette paralysie disparais-? sait. Et la paralysie saturnine dépend-elle d’une lésion de la moelle ? M. Esquirol a cité un cas où il y avait paraplégie et où l’altération (c’était un cancer) résidait dans la partie antérieure des lobes cérébraux. On trouve dans les Bulletins de la Société anatom ique , le fait d’une femme paraplégique chez laquelle il n’existait d’autre altération qu’une grande friabilité des os et la destruction des cols du fémur.

Dans ces derniers temps on a désigné sous le nom d ''irritation spinale un état morbide qui comprend une foule d’affections que l’on ne peut rattacher à aucune altération organique appréciable , et qui offre pour caractère une douleur déterminée par la pression sur le rachis , non dans le point où elle est exercée, mais sur des points plus ou moins éloignés. Nous empruntons à la Gazette médicale (2 mai i835 ) l’analyse suivante d’un mémoire du docteur Griffin , sur ce sujet :

«On n’avait pas tenu compte jusqu’à ces deniers temps de ce symptôme particulier aux affections de la moelle , et même on peut dire qu’il avait été complètement passé sous silence par la pjupart des observateurs. La douleur que détermine dans cette circonstance , et sur des points différents du corps , la pression exercée sur une partie de la colonne vertébrale , quelque légère que soit cette pression , varie suivant les cas. Les malades la rapportent habituellement aux parties où se rendent les nerfs dont les racines partent du point de la colonne vertébrale sur lequel s’exerce la compression. Cette douleur*

3i6 MALADIES DES ORGANES

on la désigne sous le nom de douleur correspondante , pour la distinguer de celle qu’éprouvent quelques sujets sur la partie même du rachis sur laquelle on exerce la compression.

« La sensation déterminée par la pression sur un point du rachis dans une partie plus ou moins éloignée se présente sous la forme , tantôt d’une céphalalgie frontale plus ou moins intense, tantôt d’une douleur aigue sur d’autres parties du crâne ou dans les points où se distribue la cinquième paire. D’autres fois, elle affecte la forme de différentes affections des organes respiratoires ou du cœur : la syncope , les palpitations , une orthopnée subite ; ou bien elle offre la plupart des symptômes que l’on attribue à l’inflammation aigue des divers organes contenus dans l’abdomen ; ou ceux qui appartiennent à la gastralgie , à l’entéralgie et aux autres affections nerveuses des mêmes régions.

« Selon que l’irritation spinale siège à la portion cervicale, dorsale ou lombaire, les symptômes varient. Ainsi pour la portion cervicale on observe de la céphalalgie , des douleurs névralgiques du front , des joues , de la face , des mamelles , du sternum , de l’épaule et du bras , la perle de la vue , des hallucinations , l’héméralopie , des vertiges , la surdité ou l’audition de bruits étranges dans les oreilles , le délire , la syncope.

« Ces symptômes s’observent quelquefois seuls , mais le plus souvent ils existent simultanément, si non tous, au moins plusieurs à la fois.

« Les phénomènes morbides qui indiquent l’irritation spinale se rencontrent si fréquemment dans la pratique, que M. Griffin a cru devoir examiner tous les malades qui se présentaient au dispensaire, afin de s’assurer jusqu’à quel point on peut les considérer comme appartenant à une affection spéciale ; et le résultatdeces recherches fut qu’ils existent dans la plupart des affections que l’on regarde généralement comme nerveuses , et où on ne peut constater aucune lésion locale. On les retrouve en outre dans un certain nombre de cas d’une origine douteuse , et que l’on considère fréquemment comme dépendant d’une autre cause, tandis que réellement on ne peut les ranger que parmi les affections nerveuses; c’est précisément sous ce rapport que ces recherches offrent une utilité pratique incontestable, puisqu’elles nous donnent un moyen , que l’on peut regarder comme certain , de rapporter à leur véritable origine des cas jusqu’ici douteux , et dans le traitement desquels le praticien commet presque nécessairement de graves erreurs.

« Les symptômes de l’irritation de la portion dorsale s’observent ordinairement aux extrémités supérieures et à la partie supérieure

DE LA VIE DE RELATION

du tronc.Ce sont des douleurs, une diminution ou une perte de la sensibilité, des mouvements spasmodiques ou la paralysie. Les douleurs siègent aux clavicules, aux épaules , aux aisselles, aux bras, au sternum, etc. On observe aussi la sensation d’un serrement à l’épigastre ou autour de la poitrine, la diminution de la sensibilité sur les côtes ou à l’épigastre, la dyspnée, la paralysie partielle ou complète d’un bras, d’une main, ou des muscles respiratoires internes,

« La portion lombaire de la moelle épinière est , moins fréquemment que les deux précédentes , le siège de cette maladie. Les symptômes sont les mêmes, à l’exception, qu’ils sont présentés par d’autres organes. Ainsi , les douleurs des parois abdominales , des reins , de la région de la vessie , de l’utérus ou de l’ovaire , des articulations, des membres inférieurs , appartiennent à l’irritation de la partie inférieure de la moelle.

« Dans quelques cas l'irritation, au lieu d’être bornée à quelques vertèbres , occupe tout le rachis et est alors générale. Dans ces cas assez rares tout le corps est le siège de douleurs plus ou moins vives, et que l’on peut ou augmenter ou reproduire, suivant qu’elles sont diminuées seulement ou entièrement dissipées, en appuyant successivement sur chacune des vertèbres.

« Dans le plus grand nombre des cas , l’ir-. rilation spinale existe sans fièvre , mais il en est où elle est accompagnée d’une fièvre trèsforte et qui peut alors faire prendre la maladie pour une inflammation du cerveau des méninges, de la poitrine, du cœur, du péritoine, de l’utérus, etc., suivant le point de la moelle où sera l’irritation.

« En résumant les phénomènes propres à l’irritation spinale, on trouve i° un défaut de rapport entre la douleur ou le trouble local et l’état général ; 2° l’augmentation de la douleur toutes les fois que le malade veut soulever un poids; 3° douleur déterminée dans çertaines parties par la pression sur les point* correspondants du rachis ; 4Ç dispositions aux métastases. «

Tout cela est sans doute fort extraordinaire et demande à être vérifié.

Durée de la myélite. Elle est variable; elle peut durer de quelques jours à quelques mois, et même à des années.

Terminaison. La myélite peu intense se termine toujours heureusement ; quand elle est intense , c’est une maladie grave dont la mort peut être le résultat par l’extension de la maladie au cerveau. Elle peut aussi déterminer l’asphyxie. On la voit se terminer par une maladie mortelle du cœur. Il peut se faire aussi que les malades s’affaiblissent graduellement , qu’un marasme progressif se déclare.

DE L’HÉMORRHAGIE DES CENTRES NERVEUX

que des escarres se forment et que la mort arrive par épuisement.

Traitement. Le traitement de la myélite repose sur les mêmes bases que celui de l’encéphalite. Dans l’inflammation aiguë, on doit pratiquer de larges saignées, et faire des applications de sangsues le long de la colonne vertébrale. Dans la myélite chronique on doit employer les révulsifs , tels que moxas , vésicatoires, etc. Ou peut donner des douches sur la colonne vertébrale, et surtout ne pas négliger les révulsifs sur les voies digestives.

Page 1