‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 160 sur 227 · DE L’HYPERTROPHIE DES ORGANES DANS LE CRANE · texte numérisé non relu

DE L’HYPERTROPHIE DES ORGANES DANS LE CRANE

ment ammoniacal et camphré ; on a recours à l’électricité, qui est d’un bien faible secours dans les cas d’hémorrhagie cérébrale ; on prescrit les eaux minérales sulfureuses ou salines , soit pour déterminer une fluxion vers la peau , soit pour produire une dérivation sur le canal intestinal.

M. le professeur Fouquier a beaucoup employé et beaucoup vanté la noix vomique à laquelle il a attribué le pouvoir de faire disparaître l’inertie musculaire qui persiste. On emploie cette substance en poudre, en pilules ou en extrait. On lui substitue avec avantage la strychnine qui est la partie active de cette substance, mais à doses moindres, car elle est infiniment plus active. L’action de cette substance se fait surtout sentir sur la moelle épinière. Il en résulte des convulsions qui ne s’étendent , dit-on , qu’aux muscles paralysés. Mais nous avons eu occasion d’observer des convulsions sur presque tous les muscles, paralysés ou non , à la suite de l’emploi de la strychnine.

Au reste , l’emploi de ce moyen peut ne déminuer en rien la paralysie, même après que les parties paralysées ont éprouvé des convulsions ; elle peut la faire diminuer ou la faire cesser entièrement , comme M. Fouquier en a vu des exemples. Il est important d’observer attentivement que le tétanos ne survienne point pendant l’administration de la strychnine.

On pourrait remplacer cette substance par la brucine que l’on peut manier plus facilement et dont les effets sont identiques.

Quand les individus présentent une grande faiblesse , il faut les tonifier par l’emploi du fer, de l’arnica , du quinquina , car si la faiblesse est trop grande, la résolution de l’épanchement ne peut pas s’opérer.

oyez j pour les moyens hygiéniques ce que nous avons dit en parlant des congestions cérébrales. )

IIe CLASSE. — LÉSIONS DE NUTRITION DES CENTRES NERVEUX.

Nous les diviserons en quatre ordres;

Hypertrophie.

b. Atrophie.

c. Ramollissement.

d. Induration.

Il nous paraît nécessaire, dans l’état actuel de la science, d’étudier ces lésions isolément, parce qu’elles peuvent se manifester à part et indépendamment de tout phénomène inflammatoire. Sans doute que ces altérations sont souvent un résultat de l’inflammation, mais il faut admettre aussi qu’elles peuvent se manifester sans cette cause.

A. DE L’HYPERTROPHIE DES CENTRES NERVEUX

Cette affection est assez rare , et n’est pas connue depuis longtemps. M. le professeur Bouillaud , MM. Scoutetten et Dance sont les seu ls observa teu rs qui aient fixé leur a ttenlion sur cette maladie.

Il est très-important de ne pas la confondre avec l’hypérémie ou congestion des centres nerveux, qui d’ailleurs n’est pas une conséquence constante de cette affection.

L’hypertrophie des centres nerveux se présente sur les cadavres avec les caractères suivants : rapprochement de circonvolutions, qui sont comme effacées; absence presque complète des anfractuosités; substance cérébrale plus dense qu’à l’état normal. Coupée par tranches , on la trouve pâle et décolorée ; en l’incisant , il ne s’écoule ni sang ni sérosité ; les cavités des ventricules sont effacées et leurs parois presque contiguës; méninges comprimées.

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