HYPERTROPHIE DES ORGANES CONTENUS DANS LE CRANE
Cette altération n’a encore été observée que dans les hémisphères cérébraux. On n’en connaît pas d’exemple dans le cervelet, dans la protubérance annulaire , ni dans les tubercules quadrijumeaux.
L’hypertrophie des hémisphères cérébraux peut ne point déterminer l’augmentation des parois osseuses , et alors , le cerveau étant comprimé dans cette boîte osseuse , se manifestent des accidents dus à cette compression. Il peut arriver aussi que le développement du crâne soit le résultat de l’hypertrophie du cerveau .
Causes. Elles sont inconnues. En les rapportant à l’irritation , on n’explique rien. Dance a cité une observation où l’hypertrophie avait été précédée de fréquentes congestions. Mais étaient-elles causes ou effets? Dans un autre cas , l’hypertrophie est survenue après une chute sur le crâne.
Cette maladie ne s’est pas manifestée après l’âge de trente ans. Elle a été surtout observée sur des enfants et sur des jeunes gens.
Symptômes. Si le développement delà boîte osseuse suit le développement du cerveau , il peut ne pas y avoir de lésion fonctionnelle. M. Scoutetten a vu ce cas sur un enfant de cinq ans , dont la tète avait le volume d’un hydrocéphale. L’intelligence etles mouvements n’avaient point été altérés.
Si le cerveau s’hyperlrophie au point d’être comprimé parles parois du crâne , surgissent alors des symptômes variés, résultant de cette compression.
Dans les cas observés, l’intelligence a été profondément altérée; elle est devenue obtuse
quelquefois jusqu’à l’idiotisme. Dans un cas , il y avait des attaques intermittentes d’aliénation mentale; dans un autre, la stupidité se manifestait après des étourdissements.
En général , la sensibilité est lésée ; la céphalalgie peut être intense et peut augmenter jusqu’à la mort sans qu’on trouve à l’autopsie aucune trace de congestion. Quelquefois les malades éprouvent des vertiges , des éblouissements, des tintements d’oreille , etc.
Les mouvements présentent de graves désordres. La plupart des malades ont eu des convulsions ; quelques-uns avaient des attaques d’épilepsie. Après une attaque de ce genre les membres peuvent devenir très-faibles , soit tout-à-coup , soit graduellement.
Le pouls peut rester à l’état normal, se ralentir ou s’accélérer. Cette dernière circonstance ne s’est présentée qu’une fois, avec chaleur de la peau.
Dans d’autres circonstances, les symptômes ont été les mêmes que ceux que détermine un épanchement séreux ; les lésions fonctionnelles , en effet, doivent être les mêmes puisque la cause est identique, compression lente du cerveau.
Marche. Elle est d’abord chronique , puis aiguë , et dans cet état l’hypertrophie peut simuler une hydrocéphale aiguë.
Traitement. Il est impossible de faire autre chose dans cette maladie que la médecine des symptômes. Le diagnostic est d’ailleurs fort difficile , et parviendrait-on à le préciser rigoureusement , quels moyens thérapeutiques opposer à celte altération ?
V hypertrophie de ta moelle épinière est enveloppée de plus d’obscurités encore ; on n’en connaît peut-être que deux ou trois exemples dans la science.