‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 28 sur 227 · MALADIES DU · texte numérisé non relu

MALADIES DU

ces désorganisations , bien que certains auteurs prétendent avoir rencontré les cordons de la huitième paire ramollis.

Cancer de l’estomac. Le cancer de l’estomac se montre presque toujours au pylore, soit qu’il affecte l’anneau pylorique lui-même, soit les parties contiguës , soit les deux à la fois. Il peut occuper , mais beaucoup plus rarement, Je cardia , la face antérieure et postérieure de l’estomac , et bien plus rarement encore la grande courbure ; de sorte que relativement au siège , l’ordre de fréquence du cancer de l’estomac peut s’établir ainsi : portion pylorique , anneau pylorique, les deux faces de l’estomac , le cardia , le grand cul-de-sac.

Causes. Elles sont souvent inconnues ; les hommes les plus sobres comme ceux qui se sont adonnés aux excès de la table peuvent en être frappés. Une cause très-fréquente et incontestable du cancer de l’estomac, c’est l’habitude de boire de l’eau-de-vie à jeun. Dans la production de cette maladie , comme dans beaucoup d’autres, on fait jouer un grand rôle aux perturbations de l’innervation, aux passions tristes, aux émotions morales , aux névroses de l’estomac. Ce qui est réellement observé , c’est qu’il n’est pas rare de voir des cancers de l’estomac succéder aux symptômes d’une gastralgie.

L’hérédité de cette affection ne peut être mise en doute.

Cette affection est à son maximum de fréquence de 36 à 56 ans.

Symptômes. L’existence de cette lésion occasione toutes les nuances et toutes les variétés de douleur que nous avons décrites dans la gastrite chronique. Le plus ordinairement les malades éprouvent une douleur lancinante à la région épigastrique, mais ce symptôme n’est pas constant; quelques malades n’éprouvent qu’un sentiment de pesanteur pendant la digestion ; d’autres ressentent des crampes d’estomac.

La dyspepsie est constante , mais à des degrés divers; les malades sont tourmentés par des rapports et par des éructations acides.

Le vomissement est un phénomène fréquent, mais qui n’apparaît pas nécessairement dans tous les cas de cancer. 11 peut être intermittent , et revenir tous les jours. Les matières vomies sont d’ailleurs variables, elles sont constituées tantôt par de simples mucosités , tantôt par des aliments rendus sur-le-champ après leur ingestion , ou quelques jours après; ce peut être par du sang ayant conservé ses caractères physiques , ou plus ou moins altéré par son séjour dans l’estomac et se présentant alors noir ou d’une couleur chocolat.

La soif est souvent nulle.

Dans un grand nombre de cas, le palper n’apprend rien , et cela arrive surtout lorsque la tumeur se développe de dehors en de-

TUBE DIGESTIF

dans de l’estomac. Si on perçoit la sensation d’une tumeur , elle pourra être mobile et ne pas être retrouvée toutes les fois qu’on la cherchera , ce qui dépend du changement de volume de l’estomac et des rapports variables du colon. Les signes que fournit la percussion ne sont pas caractéristiques.

Dans certains cas d’oblitération de l’orifice pylorique , l’estomac se dessine derrière les parois abdominales amincies; les mains peuvent l’étreindre et le circonscrire, et en imprimant des secousses au malade , on peut , l’oreille appliquée sur la région précordiale , percevoir du gargouillement.

Dans la plupart des cas, la langue conserve son état normal , elle est large , pâle et humide.

Le plus ordinairement il y a constipation.

Les troubles de la circulation et des sécrétions ne sont pas constants ; quelquefois vers la dernière période de la maladie il peut se déclarer une ascite due probablement à un commencement de péritonite.

Dans les premiers temps la nutrition n’est nullement altérée.

Il n’en est pas de même souvent de l’innervàtion, et dans un grand nombre de cas, c’est au cancer de l’estomacque les hypocondriaques doivent leur malheureuse disposition d’esprit.

Tous ces symptômes d’ailleurs seront variables selon le siège et l’étendue delà lésion, selon que la muqueuse participera ou non à l’affection , selon qu’il y aura diathèse cancéreuse , selon les prédispositions individuelles.

Marche. Celte maladie est surtout remarquable par les rémissions qu’elle présente, pendant lesquelles les malades jouissent d’une bonne santé ; il n’est pas rare d’en voir qui portent un cancer de l’estomac pendant un grand nombre d’années. Quelquefois cette affection revêt le caractère aigu.

Traitement. — Préservatif. Ne négligez pas de surveiller les suites d’une gastrite aiguë ou chronique. — Palliatif. Employez les narcotiques contre la douleur, les préparations de magnésie contre les éructations acides ; faites cesser la constipation, car il est d’observation qu’un peu de diarrhée peut amender la maladie. — Curatif. Existe-t-il? Quelques médecins ont pensé qu’une application prolongée de moxas et de sétons à l’épigastre, pouvait amener la guérison du cancer de l’estomac. Il est plus que douteux que cette prétention se soit jamais réalisée. Dans un cancer confirmé , on peut employer la ciguë, l’iode , les préparations mercurielles.

Cancer du duodénum. Il est très-rare ; ses symptômes sont obscurs, et se confondent avec ceux du cancer de l’estomac.

Cancer de l’intestin grêle et du colon. Les caractères anatomiques de ce cancer, sont les mêmes que ceux de l’estomac.

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