‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 62 sur 227 · DE LÀ PHLÉBITE UTÉRINE · texte numérisé non relu

DE LÀ PHLÉBITE UTÉRINE

Voilà ce qui explique comment une cause, fort légère en elle-même, peut occasioner des désordres très-graves. On a remarqué que la phlébite était plus fréquente à certaines époques , sans que l’on pût se rendre compte de l’influence atmosphérique qui détermine cette fréquence. Ainsi quelquefois , dans les hôpitaux, un certain nombre de malades qui auront été saignés seront atteints de phlébite , tous les amputés succomberont aux accidents consécutifs qu’elle détermine. On la voit quelquefois survenir à la suite d’engelures qui s’ulcèrent. On l’a observée à la suite de l’ablation du col de l’utérus, de l’excision des polypes utérins.

Symptômes. Les symptômes que détermine la phlébite sont locaux et généraux. Au début d’une phlébite d’une veine sous cutanée , occasionée par la saignée , la douleur et le gonflement autour de la piqûre de la veine dont les bords sont entr’ouverts, sont les seuls phénomènes qu’on observe. Cet état peut rester stationnaire , et l’inflammation , bornée à l’orifice de la veine, se résout en peu de jours, soit en donnant lieu à un petit phlegmon, soit à une suppuration peu abondante ; mais dans des cas plus fréquents, l’inflammation se propage plus ou moins loin le long du vaisseau ; une douleur très- vive, que la moindre pression exaspère, se manifeste, et bientôt la veine donne la sensation d’un cordon noueux et dur qui , parfois, est indiqué sous la peau par une traînée rougeâtre. Le membre s’engorge et devient œdémateux; l’ouverture de la plaie présente une couenne blanchâtred’où s’échappe une suppuration plus ou moins abondante. Alors apparaissent des symptômes généraux , la fièvre s’allume, et si la résolution de la phlébite n’a pas lieu à cette époque , d’autres symptômes plus graves viennent annoncer que le sang est vicié et que l’organisme entier va participer à la maladie. Le malade présente des frissons irréguliers plus ou moins répétés , sa face s’altère profondément, il tombe dans une prostration extrême ; son intelligence se trouble, il délire ; le pouls est mou et accélérée , la respiration gênée. Tantôt les malades accusent de vives douleurs, tantôt , étrangers à tout ce qui se passe audedans d’eux-mêmes , ils ne manifestent aucune souffrance. Des sueurs abondantes couvrent la peau; quelquefois une ictère se manifeste brusquement; la langue rougit, se dessèche et se couvre d’un enduit noirâtre; le ventre se météorise , le dévoiement se manifeste , les lèvres sont agitées de mouvements convulsifs; quelquefois une éruption de pétéchies, la gangrène ou une parotide se déclarent brusquement ; des soubresauts des tendons surviennent et le malade meurt en très- peu de temps.

Ces symptômes ne se manifestent pas dans

tous les cas, aussi nombreux et aussi tranchés quelques-uns peuvent manquer , et ils revê • tent tantôt la forme ataxique, tantôt la forme adynamique.

Lorsque la phlébite survient après une amputation , on observe une tuméfaction plus ou moins considérable du moignon.

Pronostic. Si la phlébite reste locale , elle guérit, mais une fois devenue générale, elle est au-dessus des ressources de l’art. Quelquefois elle traîne en langueur , mais pour se terminer par la mort. Dans certains cas , il y a rémission complète de tous les symptômes, le malade va mieux , les forces reparaissent , mais tout-à-coup les frissons fébriles reviennent , tous les symptômes s’aggravent , et le malade meurt rapidement.

Traitement. Dans la première période de la phlébite, alors qu’elle est circonscrite dans une étendue peu considérable du vaisseau, il convient d’employer avec énergie les émissions sanguines. Elles sont en général sans succès dès que la maladie se généralise ; il faudrait en effet pouvoir enlever au sang l’élément délétère qu’il contient.

Les sangsues seront appliquées en grand nombre , d’abord au niveau du point où la maladie prend naissance, et plus tard au-dessus et toujours dans la direction centripète du vaisseau enflammé.

Pour éviter l’effet du transport du pus on a vanté et employé la compression delà veine, exercée immédiatement au-dessus du siège de l’inflammation ; ce moyen n’a pas réussi : il en est de même de la section de la veine enflammée.

Quand les symptômes typhoïdes se sont manifestés, nulle médication possible ne peut en arrêter le cours , et le médecin est réduit à rester spectateur impuissant de ces désordres. On a employé les toniques, les antiseptiques , les purgatifs , etc., mais tous ces moyens ont échoué.

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