DU LEVER, DU COUCHER ET DES REPAS
Il est bien important, pour la conservation de la santé, d’avoir des moments fixes pour le lever, le coucher et les repas. Cette régularité contribue aussi beaucoup à diviser convenablement les heures de la journée et à faire consacrer à chaque exercice le temps nécessaire.
L'hygiène demande qu’on se lève et qu’on se couche de borne heure: l'étude du matin et le sommeil du soir sont les meilleurs. Nous avons marqué six heures pour le moment du lever, mais nous avouons qu’en été 5h. ou 54h, serait mieux. Dépasser ordinairement 10 heures pour le coucher, n’est pas une chose à conseiller. Rien ne ruine plus la santé que des veilles prolongées.
Le lever et le coucher doivent être accompagnés de modestie et de prière. Il n’est que juste d'offrir chaque matin ses actions à Dieu, et de lui demander sa bénédiction et ses grâces ; il n’est pas moins juste, le soir, de le remercier de ses faveurs, d’implorer son pardon, et de se mettre, an moment de prendre son sommeil, dans l’état où l’on voudrait se trouver à l'heure de la mort.
La tempérance et la frugalité dans les repas sont indispensables à l’homme d'étude, et par- A ticulièrement à l’instituteur. Sans cela, les À
AS, sens s’appesantissent, l'esprit s’alourdit, les idées
s’obscurcissent, et alors impossible de s’appli- LL de quer sérieusement à rien. Le travail mental | @ ver, devient pénible, en même temps que la diges- à con- tion.
nent Faites-vous donc une règle invariable de ne er à point user de liqueurs enivrantes hors des repas,
et même à table de n’en prendre que lorsque : vous en avez un besoin réel.
n se # t le bé ARTICLE 3e. ce ver, | rait DE L'ÉTUDE.
our ler. Que les instituteurs et les institutrices nous )rO- | permettent d'attirer leur attention toute spéciale
sur cet article. Il serait généralement à soupa- haïter qu’ils vinssent à s’en pénétrer assez pour | que sy montrer toujours fidèles. Vu son imporeu, tance majeure, nous le divisons en plusieurs es ; sections. | ier “ 8e Section lère.—NÉCESSITÉ D'ÉTUDIER.
eil, 1r'e L'étude est absolument nécessaire à tout in-
stituteur pour plusieurs raisons.
19 Pour s'occuper convenablement.—$Si un mattre n’étudie point à part ses heures de classe, que fera-t-il? Ou il se livrera à la fainéantise, et il contractera par là même de funestes habitudes, puisque l’oisiveté est la mère de tous les vicos ; ou il passera son temps chezles voisins, et il y perdra bientôt la considération qui devrait s'attacher à son état ; ou enfin il se livrera totalement à des travaux manuels qui feront de lui un homme tout matériel et agreste.
2° Pour entretenir son faible savoir.—Les choses les mieux apprises viennent, par Île défaut de pratique, à se rouiller, à s’effacer complétement : c’est la plainte journalière d’un grand nombre de personnes. C'est donc en vain qu’un instituteur se reposera sur l’examen qu’il a subi avant d'obtenir son brevet de capacité, pour se flatter qu’il a la science nécessaire pour enseigner consciencieusement. Combien qui ne seraient plus en état de recommencer cet examen au bout de quelques années, faute d’avoir continué àäétudier? Ne voit-on pas de même des jeunes gens ne pouvoir plus répondre à des questions de catéchisme qui ne les auraient nullement embarrassés lors de leur première communion, et cela uniquement parce qu'ils ont négligé do les repasser depuis ?
8° Pour pouvoir remplir son devoir.—-Un maître a besoin non-seulement d’avoir bien appris une fois les choses qu'il doit enseigner, mais encore
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de les savoir à fond et de les avoir toujours présentes à la mémoire. Ce n’est donc qu’en les revoyant sans cesse, en se les rendant tout à fait familières, qu’il se trouvera suffisamment capable de les expliquer aux enfants de son école. Il lui faut, s’il est possible, n'être jamais pris au dépourvu, n'être embarrassé par aucune de leurs questions. |
49 Pour augmenter ses connaissances.—Ne vous contentez pas de conserver ce que vous avez déjà acquis, mais efforcez-vous chaque jour d'augmenter la somme de vos connaissances ; car il est nécessaire qu’un instituteur en saché beaucoup plus qu’il n’est appelé à en enseigner. Ne négligez point l'étude sous prétexte que vous en possédez plus qu’il n’en faut pour la localité où vous demeurez. Qui sait si, avec plu: de science, vous ne pourriez pas diriger une école plus élevée et plus avantageuse, si même vous ne feriez pas faire pius de progrès aux élèves qui sont actuellement sous vos soins ?
5° Z'our soutenir l'honneur de son étlai.—Des maîtres ou maîtresses bien capables sont convenaliement appréciés tôt ou tard, même par les personnes qui sont le moins en état d'en juger, même dans les arrondissements les plus reculés et les plus incultes. Rien n’est plus propre à réhabiliter l’état d’instituteur que la science solide et profonde de ceux qui l’embras-
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sent. Trop longtemps le contraire a prévalu; c'est aux maîtres et aux maîtresses d'écoles à seconder, par leur amour de l'étude, les généreux efforts que le Gouvernement a faits pour élever le niveau de la profession. Réjouissonsnous que déjà le mérite vrai d’un grand nombre ait pu briller dans les conférences d'’instituteurs et dans les visites de messieurs les Inspecteurs.
69 Pour se procurer des jouissances intellectuelles.—Qu'il est agréable, qu'il est rafraîchissant pour un maître, après avoir passé de longues heures à initier de jeunes enfants aux éléments des connaissances humaines, de pouvoir s’entretenir par la lecture avec les plus beaux génies qui aient illustré leur temps, de pouvoir, par la réflexion, se pénétrer de leurs pensées et goûter à loisir le charme de leurs ouvrages immortels ! Qu'il est doux, au milieu d’une population agreste, à peu près sans lettres, de pouvoir 8e retirer à’ l'écart, et savourer en paix les chefs-d’œuvre de ces esprits d'élite! En leur compagnie, on a vite oublié les tracasseries et les déboires qu l’on rencontre si souvent dans la direction d’une école; on s’y an:me à cultiver son intelligence ; on perd pour ainsi dire de vue ce monde tout matériel dont on est entouré, pour vivre dans un monde à part, le monde des âmes.
Section 2e—TEMPS À CONSACRER À L'ÉTUDE.
Le temps à consacrer à l'étude doit être nécessairement réglé: autrement on remettra de jour en jour à s’y livrer, et l’on en perdra insensiblement la coutume. Il faut que l'étude soit un exercice ; —1° quotidien, et l’on ne doit y manquer que pour des motifs graves ; —2° attaché à des heures fixes, pour ne pas s’exposer à l’omettre par oubli; —8° pris dans les moments les plus favorables à la tranquillité, parce que l’étude, pour être fructueuse, demande du silence et du calme ; —4° enfin, d’une longueur modérée : assigner, dans la première ferveur, un temps très-considérable chaque jour à l'étude, ce serait allumer un feu de paille qui s’éteindrait en un instant; lui attribuer au contraire un temps raisonnable, c’est assurer sa propre persévérance dans cette louable résolution.
Quand quelque circonstance inévitable viendra interrompre ou empêcher votre étude, ne manquez pas de la reprendre avec une nouvelle ardeur aussitôt que vous le pourrez.
C’est une mauvaise coutume de lire dans son lit: on s'expose à des accidents par le feu, et l'on gâte son sommeil. D'ailleurs le matin l'on est en général plus dispos, et conséquemment plus propre à l'étude.
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Section 3e—MATIÈRES D'ÉTUDE.
Voici à peu près dans quel ordre un instituteur devrait étudier :
I. Les matières qu'il est appelé à enseigner, et . qui sont l’objet de ce qu’on nomme préparation éloignée. Il ne devrait même jamais négliger la préparation prochaine, qui consiste à prévoir la leçon de chaque jour, la manière de l’expliquer, les exemples destinés à l’éclaircir, et les applications à donner aux enfants. C’est là l’unique moyen d'enseigner avec aplomb et certitude, et par conséquent avec fruit.
II, Les branches les plus importantes dans son état, c’est-à-dire :—19° la Religion, qu'on ne sait jamais assez, et qui comprend dogme, morale, culte, etc.—2° la Pédagogie, qui est la science propre de l’instituteur ; —39 la Grammaire, que si peu de personnes possèdent À fond ;—4° les Mathématiques, dont les applications sont si importantes ;—5° l’Histoire, qui offre un champ si vaste à parcourir ;—69 les chefs-d’œuvre de la Läitiérature, qui présentent une nourriture si saine et siabondante à l'esprit et au cœur ;—7° les Sciences naturelles, si utiles et si intéressantes.
Section 4ème,—CHOIX DE LIVRES.
Un ancien a dit qu'äl craignait l’homme qui v’avait lu qu’un livre. Nous n’irons pas si loin
que lui, mais nous dirons qu’une bonne bibliothèque se distingue, non par le très-grand nombre de volumes, mais par le choix judicieux qu'on a su en faire. Les moyens d’un instituteur ou d’une institutrice ne leur permettent guère ordinairement de faire l’acquisition de beaucoup d'ouvrages ; mais, après s'être procuré, la première année, quelques livres indispensables (a), ils pourraient facilement y en adjoindre quelques autres chaque année subséquente.
Nous croyons rendre service aux instituteurs en leur dounant une liste des principaux livres qui pourraient composer leur