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ÉCOLES DE GARÇONS

1° Récollets.—Les Récollets, arrivés au Canada en 1615, ont été les premiers instituteurs qu’ait eus le pays. En 1616, le Frère Pacifique Duplessis tenait une école à l’endroit où est aujourd'hui la ville des Trois-Rivières, et en 1618 le Père Joseph LeCaron en tenait une autre à Tadoussac. A la prise de Québec par Kirtk, en 1629, ils quittèrent le pays, et n’y revinrent qu’en 1670. Leur couvent, qui était auprès de la Rivière St.-Charles, leur fut échangé en 1681 par Mgr. de St. Valier contre un terrain situé à la Haute-Ville de Québec, et actuellement occupé par la cathédrale anglicane et le palais de justice. La maison fut incendiée en 1796. Les Récollets tinrent continuellement des écoles pour les enfants du peuple, avec un dévouement qui ne se démentit jamais, soit dans les villes, soit dans les campagnes.

29 Jésuites.—Les Jésuites, arrivés au pays en 1625, l'abandonnèrent de 1629 à 1632. Ils fondèrent à Québec, grâce à la libéralité du Marquis de Gamache, père de l’un d’eux, le P. René Rohault, un Collége, qui a été ouvert jusqu’en

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1760. En outre, “ ils ont toujours, dit un mémoire manuscrit, tenu ou fait tenir jusqu’en 1776 une école très-bien réglée, où l’on enseignait aux jeunes gens la lecture, l'écriture et l'arithmétique. Cette école était ouverte à tous ceux qui voulaient en profiter.” Le P. Paul Le Jeune avait dès 1632 quelques petits élèves sauvages. Quant au cours collégial, Mgr. de St. Valier nous dit : ‘‘ leurs classes ne sont pas aussi fortes en écoliers qu’elles le seront un jour; mais leurs régents sont gens choisis, pleins de capacité et de zèle, qui remplissent leurs devoirs par esprit de grâce.” La Potherié dit de son côté : Ils enseignent les humanitez, la philosophie et la théologie.”

8° Séminaire de Québec.—Le 26 Mars 1663, Mgr. de Laval fonda un Séminaire diocésain, auquel il confia l'éducation du clergé et donna tous

8es biens en 1680, De plus, sur les instances

de l’illustre Intendant Talon, qui désirait franciser les sauvages, il établit le 1er. Octobre 1668, pour les jeunes gens qui sc destinaient à l’état ecclésiastique, un Petit-Séminaire, qui fut ouvert le 8 du même mois, et composé d’abord de 8 Français et de 6 Hurons. Mais ce projet de Talon ne put réussir, à cause du caractère inconstant des Sañüvages. Cependant le défaut de professeurs obligea le Séminaire à envoyer assez longtemps ses élèves en classe chez les Jésuites.—Le 8 Juin 1693, Mgr. de Laval fonda

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encore à St. Joachim, où il avait établi une ferme-modèle, six pensions pour une école déjà florissante en 1686. (a) Les jeunes gens s’y adonnaiïent à l’agriculture ou à divers métiers, suivant leur inclination. A son exemple, M.

Soumande, prêtre, directeur de cet établissement en même temps qu'il desservait une grande partie de la Côte nord du fleuve en bas de Québec, y fonda cinq pensions pour former de bons instituteurs : c’est là, croyons-nous, le premier essai d'école normale en Canada.

4 Séminaire de St. Sulpice.—Quatre membres | du Séminaire de St. Sulpice de Paris arrivèrent | en 1657 à Montréal pour y exercer les fonctions du saint ministère. L'un d'eux, M. Souart, | avec uneabnégation admirable, entrepriten 1664 | de faire lui-même l’école aux enfants de la ville naissante. ‘“ Sous ses auspices il se forma aussi en 1686, nous dit le Rév. M. Verreau, (b) uné association, une espèce de communauté enseignante, à laquelle les messieurs de St. Sulpice donnèrent un demi-arpent de terre au coin des rues Notre-Dame et St. François Xavier, en face du Séminaire... De 1693 jusqu’en 1838, le Séminaire demeura seul chargé de cette école. Parmi les noms des maîtres qu'il y employa.….est celui de M. Jeàn Jacques Talbot,

(a) Estat présent de l'Eglise.—Edition de 1857 ; p. 20.

(b) Journal de l'Instruction Publique, Vol. VIII, Nos. 9 et 10, p. 133.

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clerc minoré, qui enseigna, nous disent les mémoires du temps, avec une péine et un travail infini pendant 40 ans, de 1716 à 1756 ”.. Dès 1783, il devint nécessaire d'y joindre des classes de latinité. C’est sur le site de cette école que s'élève aujourd’hui le Cabinet de lecture Paroissial.

5° Frères Charon.—Vers 1688, M.M. Charon, LeBer et Fredin avaient fondé à Villemarie (Montréal) une communauté de Frères Hospitaliers, qui fut reconnue par le Roi de France en 1694 Trente ans plus tard, M. Charon voulut confier à ces Frères de l’Hopital-Général

le soin de ‘* former des maîtres d’écoles pour

les envoyer dans les paroisses de la campagne ;” le Roi confirma en Février 1718 cet éta-

: blissement, et donna ‘“ pour l’entretien de six

des dits maîtres d'école au moins, la somme annuelle de trois mille livres,’ voulant que tous les dits maîtres d’école...soïent préalablement tenus de prendre...la permission du.

sieur évêque de Québec.” Ce projet n’eut cependant que fort peu de succès : l’esprit religieux ne put s'établir parmi ces frères; les sujets manquèrent bientôt ; les dettes augmentèrent, et en 1731 le Roi eupprima la pension dont nous venons de parler. Néanmoins en 1787 on essaya d'unir la Société à l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes. Deux de ceux-ci vinrent à Montréal pour examiner l'état des choses, mais ils le trouvèrent si peu satisfaisant

qu'ils se refusèrent à cette union. Tous ces contretemps décidèrent les deux seuls Frères Charon qui restaient, à céder en 1747 leur maison à Mad. veuve d’Youville.

6° Prêtres séculiers.—D'après beaucoup de documents, on voit que, sous le Gouvernement français, un bon nombre de curés se chargeaient aussi d'enseigner eux-mêmes à quelques petits garçons de leurs paraïsses les éléments des connaissances humaines, en l'absence d'écoles régulières. (a)

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