AVANTAGES DES ECOLES NORMALFS
tout, leur donnent de sages conseils, les avertissent de leurs manquements, les encouragent et les dirigent dans leurs efforts; là, enfin, ils sont entourés de confrères animés d’une louable émulation et dont les fautes mêmes leur deviennent une leçon. Ils voient en même temps l'application constante de tout ce qu'on leur a recommandé en pédagogie.
C'est ainsi qu’un élève d’Ecole Normale se trouve avoir fait un véritable apprentissage de l’enseignement pendant une année ou deux, et avoir joint la pratique à la théorie, qu'il reçoit dans le cours de pédagogie.
Mais, dira-t-on peut-être, le jeune maître le fait cet apprentissage, lorsqu'il prend une école. Oui, maïs n'est-ce pas aux dépens des enfants ? Qui, d’ailleurs, lui fera remarquer ses fautes, blâmera ou redressera ses méthodes, lui indiquera le moyen de réparer ses bévues, en un mot, lui donnera les avis et les conseils si nécessaires dans cette carrière, surtout au début ? Il ne peut guère les attendre des commissaires ou des visiteurs d'écoles, qui ne voientses classes que de loin en loin, qui n’ont très-souvent aucune expérience de l’enseignement, qui n’ont jamais fait une étude spéciale du sujet, et que leur peu de goût ou leurs autres occupations empéchent de s'occuper des écoles d’une manière suivie,
Ces considérations peuvent s’éclaircir encore par une comparaison. Il y a autant de différence entre un instituteur qui n’a jamais fréquenté une Ecole Normale et un autre qui a eu cet avantage, qu'entre un avocat ou un notaire qui a seulement étudié chez un patron, et un autre qui a suivi de plus tous les cours d'une Faculté de droit dans une Université.