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PREMIÈRE PARTIE

Dans les tableaux, la distance peut être déterminée après avoir dessiné une partie de l'esquisse, ou même la première mise de la composition. C'est ce que je démontrerai plus tard quand nous en serons à la partie pratique de la perspective.

Le point de distance se place ordinairement sur le prolongement de la ligne d'horizon en dehors du tableau, comme X {Figures \ et 2) ; mais pour ne pas devoir sortir du cadre, nous nous servirons d'un point de distance figuré , ou d'une fraction de l'intervalle qui sépare le point de vue du point central, comme ^/., placé sur le bord vertical des tableaux (Figures \ et 5). Ces points de distance figurés indiquent le tiers de la distance réelle d'après laquelle on veut opérer.

Figures i et 2. — La distance du point x au point central o, qui est de tme fois et demi la mesure c d du tableau , est celle de laquelle l'oeil peut voir le plus grand espace ; car si le spectateur était placé plus près , il ne pourrait voir les objets qui sont à droite et à gauche qu'en tournant la tête , ce qui changerait le point de vue et détruirait l'accord et l'ensemble du tableau.

Eivemple : (Figures 2 et 4.) — L'œil étant considéré comme un point fixe et immobile , peut voir distinctement tout ce qui est compris dans un angle optique de 40 degrés comme a c d; mais placez l'œil au point h et il ne pourra pas voir en même temps et d'un seul regard les points c et d; le spectateur devra tourner ou lever la tête pour voir c et la baisser pour voir le point d.

Cet exemple repose sur une loi d'optique que chacun est à même de vérifier; il est d'accord avec la mesure de une fois et demi la gra?ideur du tableau que nous établissons pour le plus petit intervalle qui puisse se trouver entre le point central et celui de distance.

Cet intervalle ne peut pas excéder de beaucoup trois fois la mesure du tableau, comme au point Z (Figure 2)-^ parce qu'au delà de cette distance le spectateur est trop éloigné pour bien voir les objets; leur dégradation n'étant presque plus marquée, le devant du tableau serait sans effet et ne présenterait qu'un second ou un troisième plan.

Les peintres peuvent donc, entre ces deux distances, prendre tel éloignement qu'ils jugeront convenable au sujet de leur tableau.

J'ai dit que l'exactitude de la perspective dépend de la place convenable des points et des ligules d'opération; et je répète que lorsqu'on n'observe pas les règles à cet égard, on s'expose à produire des formes défectueuses qui blessent à la fois les yeux et la raison.

Ce sont ces fautes qui souvent ont porté des artistes à dire que la perspective donnait des résultats faux et qu'il fallait recourir à des licences pour rendre les objets supportables à la vue ; ce raisonnement n'a rien qui doive étonner lorsqu'on porte ses regards sur la plupart des Traités de perspective où beaucoup de planches offrent des figures tronquées et défectueuses; mais cette opinion, qui est assez généralement accréditée, n'en est pas moins erronée. Il est donc nécessaire de développer et de démontrer les erreurs que semblent autoriser les Traités et fusage immodéré des licences.

Quoique cette tâche soit délicate et difficile, à cause de quelques tableaux des meilleurs

DEUXIÈME LEÇON

maîtres et de certains principes qu'il faudra critiquer et combattre, je n'hésiterai pas à l'entreprendre dès que les leçons sur la perspective pratique seront terminées.

Ce délai est indispensable, afin d'apprécier d'abord les règles sur lesquelles on doit s'appuyer pour démontrer à l'évidence la fausseté de ces principes.

§. 3. De la dégradation perspective des objets.

Les objets diminuent de grandeur à mesure qu'ils s'éloignent dans le tableau (^Figure 5). Cette dégradation apparente provient de la diminution des angles visuels qui mesurent ces objets.

Exemple : (Planche 3 , Figure 4. ) On voit dans la coupe de i'œil que la ligne verticale c d, formant avec la pupille un angle proportionné à sa distance, est dépeinte sur la rétine en i 2; que cette même ligne éloignée en e f, est vue sous un angle plus aigu, et que l'image en est plus petite dans l'œil «en 3 4; que la ligne étant reculée en g h, se communique à l'œil sous un angle optique encore plus aigu que le précédent , et que l'image en est plus petite sur la rétine en 5 6.

On conçoit que l'angle optique et fimage de la ligne sur la rétine, doivent toujours diminuer en s'éloignant davantage de l'œil, et que finalement l'ouverture de l'angle et la ligne elle-même deviennent imperceptibles quand elles atteignent le terme de la vue.

Les lignes parallèles semblent s'approcher les unes des autres à mesure qu'elles s'éloignent dans le tableau , et paraissent se réunir à un point lorsqu'elles sont prolongées jusqu'à l'horizon , ou à perte de vue.

Eojemple : (^Figure 5.) — Toutes les lignes menées du devant du tableau au point central, sont perspectivement parallèles.

Le point oii ces lignes se réunissent, se nomme point de fuite, point de concours, point évanouissant, etc. ; nous le nommerons point de fuite (o. Figure 5) , et les lignes qui y aboutissent ligiies fuyantes, parce qu'elles semblent fuir ou entrer dans le tableau ; c'est par la conduite de ces lignes que les objets paraissent s'éloigner de notre vue.

Les angles optiques c|ui mesurent à différentes distances fintervalle des parallèles horizontales c g, dh. Figure 4, subissent la même diminution que celle des lignes verticales c d, e f, g h.

Cette explication établit le principe de la dégradation linéaire des objets.

Remarque. — Les échelles perspectives ou de dégradation, qui semblent appartenir à cette leçon, seront amplement développées dans la partie pratique de ce Cours, et leur fréquent emploi en fera apprécier futilité.

Nota. Je dois faire observer, qu'indépendamment des lignes et des points d'opération déjà expliqués, il est encore d'autres dénominations propres à la perspective, que nous définirons au fur et à mesure qu'elles se présenteront.

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