DISCOURS D'OUVERTURE
quelques tableaux, pris parmi les ouvrages des meilleurs peintres, tels que Paul Véronèse, Poussin, Rubbens, et autres; j'y joindrai une critique raisonné e des règles erronées qu'ont posées divers auteurs qui ont écrit sur cette science.
Je crois aussi devoir vous prévenir, MM., que je me bornerai k des explications concises, mais claires, appuyées des exemples nécessaires, de sorte que la théorie et la pratique se prêteront un mutuel secours. Je parlerai en peintre, c'est-à-dire, que vous ne devez pas vous attendre à des phrases brillantes, dont a la vérité je me suis peu occupé et qui d'ailleurs sont inutiles lorsqu'il s'agit de démontrer une science dont les règles sont immuables.
Je vous ai dit, MM., que ma méthode simplifie beaucoup les opérations perspectives. Je dois prouver cette assertion; et k cet effet je vous soumets trois opérations qui ont le même résultat.
PLAINGHE PREMIÈRE.
La première opération est la méthode la plus ancienne, c'est celle qui est la moins répandue 5 cependant des architectes en font encore usage, et elle est très-convenable k ce genre de travail.
La seconde opération est faite selon la méthode de Perazzi ^ qu'ont successivement perfectionnée Viator, Jean Cousin, Ducerceau, Guido Ubaldoy S graçesandj) Brook Taylor, et d'autres auteurs plus modernes.
La troisième opération est traitée d'après la méthode que j'enseigne.
La comparaison de ces trois méthodes suffit, je pense , pour faire juger celle qu'il est plus avantageux d'adopter en peinture.
Mes opérations n'exigent qu'un petit nombre de lignes; elles diffèrent aussi des autres méthodes par la manière de les appliquer k la peinture. C'est ce que je démontrerai dès la première leçon de perspective pratique.
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C'est par la perspective qu'on parvient à représenter dans leurs justes proportions les formes et les couleurs des objets, selon leur position, leur distance et les rapports qu'ils doivent avoir entre eux.
Cette science se divise en 'perspective linéaire et perspective aérienne.
La première enseigne à rendre les effets des formes par la direction des lignes ; elle est démontrée par les règles exactes de la ge'ome'trie et de l'optique.
Nous ne traiterons que de celle-ci, quoiqu'elle serve d'introduction à la seconde, qui enseigne à rendre les effets produits par la dégradation des clairs, des ombres et des couleurs locales.
Un tableau qui nous offre la représentation fidèle de la nature est une perspective ; tous ceux qui s'occupent du dessin ou de la peinture doivent donc en connaître les règles , qui sont positives; la moindre licence est une faute.