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a | NS St À Ù 5 (] D) \T ANNE Den Fie. 18. — Pour dessiner d’après nature, on crée un réseau de lignes droites fictives joignant les points principaux, puis on dessine le détai!,
Le réseau ainsi créé décompose l’ensemble des objets vus en une série > de tri n-
gles; chacun de ces triangles représente en réalité trois plans convergeant au point
de vue et délimitant une portion de l’espace avec les objets qu’elle contient. Sur le
tableau ce réseau aura une image analogue aux réseaux de triangulation des topo-
graphes.
Il ne reste plus alors qu’à reproduire la copie de cette sorte de réseau et pour cela répéter sur le tableau les directions des lignes droites de mise en place en s’ai-
dant pour cela du fil à plomb «et limiter chacune d’elles en observant une proportion uniforme avec celles de la nature : par exemple en prenant des mesures à bout de bras. /
Cela fait, la mise en place est terminée et le dessin peut ensuite être achevé.
Hors de la présence de la nature, lorsque le modèle est invisible, le procédé de mise en place sera exactement le même et la méthode générale de la perspective est en effet d'apprendre à mettre en place des lignes droites d’après leur direction …
et leur grandeur : lorsque l’on sait mettre en perspective une ligne droite quelcon-
que, on saura, par cela même, en procédant de proche en proche, mettre en place
n'importe quel objet jusqu’au plus compliqué. Cela d’ailleurs n’interdit pas la
recherche de méthodes s'appliquant à des ensembles de lignes droites définies de
telle ou telle façon et permettant des simplifications dans des tracés qui autrement seraient inextricablement compliqués.
Lorsque l’on dessine à vue, l’œil opère d’abord comme appareil photographique, puis, comme appareil projecteur, à la façon d’une chambre claire ou d’une lanterne
à projection, tandis que la main n’a pour ainsi dire qu’à calquer cette image pro- jetée sur le tableau. La mémoire visuelle est si bien développée chez certains individus qu’il en est, tel Ingres, qui ont la vision nette et précise, matérielle, du modèle
pendant qu’ils dessinent.
Mais personne ne peut ainsi reproduire tous les détails, et on ne mettra en place que les lignes principales en proportion les unes par rapport aux autres et en conservant leurs directions apparentes. Ce sera ainsi qu’un dessin sera toujours, comme nous venons de le voir, ramené à une série de triangles. Chacun de ces triangles-images correspond à un triangle réel ou imaginaire du modèle; il lui corres- À
pond, mais ne lui est pas semblable à cause des différences d’éloignements des divers points. Un exemple simple fera bien comprendre ce que je veux dire. Les
pyramides d'Egypte ont une base carrée et quatre faces triangulaires absolument semblables. Si nous prenons une vue de ces pyramides, nous constaterons immédia-
tement que chacun des triangles réels vu ou non correspond bien à un triangle-image
vu où non, mais que ceux-ci ne sont aucunement semblables. Tels sont dans la figure Rs
19 les triangles MAB, mab; MBC, mbc; MBC, mbc; MCD, mcd; MDE, mde. Tous les
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R | FiG. 19. — Un triangle a pour image un triangle correspondant mais non semblable
à lui-même.
; triangles MAB, MBC, MCD et MDE sont en réalité semblables, tandis que les images 4 ‘ de chacun d’eux, mab, mbe, mcd et mde leur correspondent mais ne sont aucunement semblables entre elles.
Ces triangles peuvent prendre dans certains cas particuliers l’aspect de sim-
=. ples lignes droites : ce sera lorsqu'ils sont dans un plan visuel, et le cas le plus … fréquent se produira pour les triangles placés dans le plan d’horizon et aussi dans # le plan vertical principal (fig. 20 et 21). Cela est évident puisque j'ai montré plus 4 haut que tous les points d’un plan visuel ont leur image sur une même ligne droite. F ee
F-- LATE Vision binoculaire
4 : Jusqu'à présent, nous avons toujours supposé que le dessinateur ne se servait
que d’un œil. En fait, une telle vision monoculaire ne donne pas exactement le même - aspect des objets que leur vision par les deux yeux, ou vision binoculaire.
Lorsque l'attention d’un observateur se porte sur un objet, sur un point, il dirige instinctivement ses deux yeux de façon que chacun des deux rayons visuels principaux émanent de ce point unique. Autrement dit, les regards des deux yeux
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ES 2 RP Mare
F1G. 20. — Un triangle situé dans le plan d’horizon a une image qui se réduit à une droite horizontale.