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Comment y parvenir

a) Notre premier soin sera, par l'étude et la réflexion, de travailler à nous faire ces convictions solides et raisonnées qui doivent guider notre volonté et la garantir contre la séduction des vaines i|.parences.

//j Ensuite et surtout, nous agirons directement sur la volonté elle-même en la fortifiaot méthodiquement par l'habitude de l'effort pénible, par la lutte contre la mollesse, par la pratique prompte et énergique du devoir, quoi qu'il en puisse coûter, afin d'acquérir cette maîtrise de nous-mêmes qui est la condition essentielle du iractère.

r) Il sera bon aussi, pour nous garantir de linconstance et du caprice, de soumettre notre volonté à un règlement qui la force pour ainsi dire à persévérer dans ses résolutions une fois prises et à obéir en toutes choses à la raison.

d) Knhn, dernier moyen qui assurera aux autres leur efficacité, ' "est de recourir par la prière à Celui qui seul peut nous donner dans

cette lutte contre nous-mêmes la force, la persévérance et finalement le succès. ,Cf. f.es Remèdes de la Passion, pp. 299 et suiv.)

Tels sont les procédés qui constituent l'éducation de la volonté et, par suite, la formation du caractère.

4. On le voit : en réalité, c'est Thomme qui se façonne lui-même; il est à la lettre le fils de ses œuvres, soit qu'il se réforme et se perfectionne par une lutte persévérante contre ses passions et ses mauvais instincts, soit qu'il se déforme et se déprave à force de capitulations et de lâchetés.

En ce sens, la lutte pour la vie, qui est la loi du monde physique, est aussi celle du monde moral : ici comme là, l'avenir est aux forts, et la force s'exerce et se développe par la lutte. Dès qu'on y renonce, la vie de l'âme est étouffée sous le poids de la matière ; l'instinct animal prend insensiblement la place de la raison et de la liberté, et l'homme se dégrade au point de n'avoir plus d'autre caractère que son tempérament.

ART. IV. — Conclusion.

1. De tout ce qui précède, on peut conclure, d'une part, que la santé du corps influe puissamment sur celle de l'âme, puisque nos penchants et notre caractère dépendent en grande partie de l'état de nos organes, et que, de son côté, l'âme agit d'autant plus librement qu'elle est servie par un organisme plus sain et plus souple ; mais, d'autre part aussi, que l'âme réagit d'une manière encore plus directe et plus profonde sur le corps, au point qu'elle le façonne â son image et à sa ressemblance.

« L'esprit, dit Michelet, est l'ouvrier de sa demeure. Voyez comme ^il travaille la figure humaine dans laquelle il est enfermé; comme il en forme et déforme les traits. Il creuse l'œil de méditations, d'expériences et de douleurs; il laboure le iront de rides et de pensées; les os mêmes, cette puissante charpente du corps, il la plie et la courbe au mouvement de la vie intérieure » {Hist. de France).

Voilà pourquoi la vertu, qui est la santé de l'âme, réagit si puissamment sur le corps pour l'embellir, le conserver et le fortifier; tandis que le vice et la lâcheté spirituelle, qui en sont les maladies, deviennent pour l'organisme autant de causes de laideur, de dépérissement et de mort. De là oette double conclusion de l'importance morale de l'hygiène et de l'importance physiologique de la vertu.

2. Donc, voulons-nous nous conserver et nous développer autant que le comporte notre nature? A l'hygiène pliysique sachons joindre cette hygiène morale qui consiste à réprimer et à gouverner nos passions, à résister aux vulgaires tentations de Tégoïsme et d'une sensibilité maladive. Ne laissons pas le nerf de notre volonté se détendre dans l'inertie ou la pusillanimité ; travaillons à élargir

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