LA DEDUCTION MÉDIATE — LE STLLOGISME
^ La déduction est médiate, quand la conclusion «e tire, non pas d'un seul jugement, mais de plusieurs; autrement dit, qnand on saisit le rapport de deux idées au moyen d'une troisième. La forme régulière de la déduction "médiate est le syfloffismp.
ART. I. — Nature du .nyllo^iKine.
Le syllogisme (auXXoytaf^dç, liaison) peut se définir : un raisonnement composé de trois propositions, disposées de telle sorte que la troisième, appelée conclusion, découle lorjiquemeiit des deux premières, appelées pi^émisscs.
1. Tout syllogisme régulier contient donc trois propositions, dans lesquelles trois idées, ou plutôt trois termes, sont comparés deux à deux. Les trois termes sont :
a) Le grmid terme, qui figure comme attribut dans la conclusion. On l'appelle grand parce qu'en général, il est celui des trois qui a la plus grande extension.
*) Le petit terme, dont l'extension est ordinairement la plus restreinte, figure comme sujet dans la conclusion.
c) Le moyen terme, ainsi nommé, parce qu'il a ordinairement une extension moyenne, et surtout, parce qu'il est Vinlermédiair^. qui permet de saisir le rapport du grand terme au petit.
Le grand et le petit terme s'appellent les extrêmes par opposition au mogen.
2. Quant aux trois propositions, les deux premières sont nommées prémisses, et la troisième conclusion.
En nirectam de iK^galioii chacun des terme*, il vient :
Quelque non médecin n'est pas uonlhomme.
Su<i|)rimoii8 les négalions qui se di'truiseut et nous olutiendrnns :
Quelque non médecm est homme.
proposition en I qui est précisémenlila propositiim en 0 convertie par contraposition. On ol.iient le mrme resullnt d'une manière pins rapide en faisant passer d'almrd* la m'KHtion de la oopulc à l'attribul;
Quelque homme est nan médecin; puis en convertissant ia».scftrtn(r/fl»îifl«<, la propoHilion en ( ainsi ohtenne:
Qitalquc. nonmédechi eut homme.
i. Lachelierel d'aiilros loKicicns nin<lernes, convertissent «tiBsi par conlraposilion les affirmatives f/i'ii/rnlef^ (A). Ces propositions pouvant se convertir d'une autre ma nière, la contraposition n'a pas pi.ur elles d'imporlance pratique.
gl6 LOGIQUE.
a) On appelle majeure celle des deux prémisses qui contient le qrand terme uni au moyen.
b) La mineure est celle qui contient le petit terme.
c) Quant à la conclmion, elle se compose invariablement du petit terme comme sujet et du grand terme comme attribut ; le moyen terme, ayant joué son rôle d'intermédiaire dans les prémisses, ne doit jamais y figurer. , , e .a
3 Supposons, par exemple, que, déroute par la forme extérieure de la baleine, qui la fait ressembler à un poisson, je me demande si elle est ovipare. Je sais d'ailleurs que la baleine est un mammifère et que les mammifères sont vivipares. Pour résoudre mon doute, je prends cette idée de mmmmfère comme moyen terme, et, la comparant successivement à chacune des deuK idées dont je cherche le rapport, je constate qu elle convient à ridée de baleme et à l'idée de vivipare; ce qui me permet de conclure que la baleine est vivipare, en vertu du principe que deux idées qui conviennent à une même troisième se conviennent aussi entre elles. — D'où le syllogisme :
î Tout mammifère est vivipare; Majeure r ^p^^^j^isses)
' Or la baleine est mammifère; Mineure )
' Donc la baleine est vivipare. Conclusion
On voit que le moyen terme est comme le pivot du syllogisme. D'après Aristote, ce qu'on nomme sagacité consiste à découvrir promptement le moyen terme dont on a besoin.
^R1^ n. — Règles générales du syllogisme.
On en compte huit; les quatre premières concernent les termes et les quatre dernières sont relatives aux propositions.
^1. — Règles des termes.
i Terminus esto triplex : médius majorque minorque.
Trois termes, ni plus ni moins : le grand, le moyen et le petit.
En effet s'il n'y a que deux termes, ce n'est pas un syllogisme; s'il y en a' plus de trois, le syllogisme n'est pas légitime, ou le 'raisonnement peut se résoudre en plusieurs syllogismes.
On manque le plus souvent à cette règle en donnant au même terme deux significations ou deux extensions différentes.
^> latius hosquam prsemissœ conclusio non vult.
Aucun terme ne doit avoir dansia conclusion plus d'extension qu'il n'en a dans les prémisses; car,înous lavons dit, on ne peut déduire le plus du moins.