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LES SCIENCES ÇHYSICO-CHIMIQUES

Comme leur nom l'indique, ces sciences comprennent : la physique proprement dite qui étudie les lois et les propriétés générales de la matière, telles que la pesanteur, le son, la chaleur, etc., eilo. chimie qui étudie les lois et les propriétés spéciales de chaque espèce de matière : oxygène, chlore, soufre, etc. [\).

(1) On peut en effet distinguer dans chaque corps des propriétés ijhysiques, qu'il partage avec tous les autres corps, et des propriétés chimiques, qui lui sont plus ou moins propres.

Les premières résultent des rapports de position que ]es molécules de ce corps sont supposées avoir entre elles, et dont le changement détermine en lui, soit des changements de forme, de volume ou d'état, soit des vibrations ou des ondulations, qui sont autant de phénomènes physiques.

Les secondes résultent des rapports de position qu'auraient entre eu\ les atomes

'^niNfFs piivMoo-cniMiOUES. 571

ART. I. — Objet propre des NcienreN physico-chimiques.

Ces sciences n'étudient pas, comme les mathématiques, des idées et des vérités abstraites, exprimant des rapports simplement possibles, mais des faits concrets et contingents.

Or, nous Tavons dit, il n'y a pas, il ne peut y avoir de science du particulier; ce n'est donc pas le fait lui-même variable et passager, qui est l'objet propre de ces sciences, mais la cause qui le produit, la loi générale et permanente qui le régit. Néanmoins, on le conçoit, s'il n'est pas l'objet de la science, le fait ne laisse pas d'en être le moyen nécessaire, car c'est par l'étude et l'observation du fait qu'on remonte à la connaissance de sa cause et de sa loi.

Avant tout, il importe de préciser exactement ce qu'il faut entendre ici par cause et par loi. Ces mots sont en effet susceptibles de deux sens différents : un sens empirique ou phénoménal et un sens i^'-el ou métaphysiqiie, qu'il importe de bien distinguer,

!< 1. — La cause et la loi au sens phénoménal. — Dans les sciences physico-chimiques on appelle cause tout phénomène nécessaire et suffisant pour déterminer V apparition d'un autre phénomène. Par loi, on entend le rapport constant qui relie la cause à son effet, et qui fait que, la première étant posée, le second suivra. Ainsi, la cause étant l'action a exercée par le corps .4, et l'effet, une modification h résultant dans le corps B, la loi exprimera le rapport constant qui relie l'un à l'autre, c'est-à-dire que A a étant posé sera invariablement suivi de B h. Le marteau frappe [A a] et la cloche résonne [B b) ; le feu échauffe [A a) et le métal se dilate [B b].

!^ 2. — La cause et la loi au sens métaphysique. — H est clair que la cause et la loi, entendues au sens phénoménal, ne sauraient s'expliquer elles-mêmes, et qu'elles exigent une raison sulTisante, celle-ci consistera nécessairement dans une cause entendue au sens métaphysique, c'est-à-dire dans quelque être réel et concret exerçant une action effective sur la production des phénomènes (1).

(IdDt sont composées les molécules de ce corps; toute modilicatioii dansées rapports déterminant dans celui-ci des décompositions, des changements substantiels qui conslîtuent proprement les phénomènes chimiques (Voir Tome II. pp. 39(i et suiv.).

(1) Il pourrait semblera première vue que les .sciences positives de la nature n'ont pas à s'occuper de la cause eiiiendue au sens métaphysique; ce serait une grave erreur. Comme nous le verrons plus loin, en expliquant Vindnction, si l'on s'en ticntau sens phénoménal, toute «''nèralisalion proprement dite devient impos sible et par suite l.i loi physique nesl plus que la constatation empiriqui' d'une constance <h fait, dans la succession des phénomènes.

o72 LOGIQUE.

C'est donc par un singulier abus de l'abstraction que les positivistes, confondant les deux ordres de causes, attribuent la production des faits à leur loi, et prétendent avec Biiclmer, par exemple, que « Tordre de la nature est produit par la régularité des phénomènes » ; ou, avec Littré, que « l'univers nous apparaît comme un ensemble ayant ses causes en lui-même, causes que nous nommons lois ». — Le sophisme est évident, et jamais la connaissance des causes et des lois phénoménales ne dispensera de recourir à une cause vraiment productrice des phénomènes, pas plus que, dans une machine, la régularité des mouvements ne dispense de recourir à une source de force qui est la cause et l'explication de son fonctionnement.

§ 3. — Loi causale et loi modale. — Dans Tordre phénoménal, aussi bien que dans Tordre réel ou métaphysique, il faut distinguer la loi causale et la loi modale.

a) La première exprime un rapport simple entre la cause et l'effet. Elle répond à la question pourquoi ? Pourquoi ce corps tombe-t-il ? Parce qu'il est attiré par la terre {loi causale).

h) La seconde exprime un rapport plus ou moins complexe entre les diverses circonstances du phénomène; elle répond à la question comment ? Comment ce corps tombe-t-il ? Selon la formule V =: gt [loi modale).

ART. II. — Méthode des sciences physico-chimique»^.

Ces sciences, s'élevant du fait particulier à la loi générale, suivent une méthode essentiellement inductive et a posteriori. — 'Quels en sont les procédés?

1. Tout d'abord, les faits à étudier étant contingents, il n'est qu'un moyen possible de les connaître, c'est de les observer. V observation sera donc le premier procédé de cette méthode.

2. Mais l'esprit humain ne se contente pas de constater les faits, il veut en avoir l'explication : aussi, à la vue de ce fait, conçoit-il aussitôt quelque idée relative à sa cause probable ; c'est ïhypothèse, second procédé de la méthode inductive.

3. Avant d'être admise, cette hypothèse demande à être vérifiée parTe.3?pm?nen/a?*onj procédé caractéristique des sciences physicochimiques; d'où le nom de sciences expérimentales qu'on leur donne généralement.

4. Quand l'expérimentation est parvenue à déterminer la cause véritable du phénomène, reste à généraliser le rapport saisi entre la cause et Teffet, en vertu d'un procédé spécial appelé î«o?wcfio7i; et la loi générale, but ultime de ces sciences, se trouve ainsi formulée.

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Donc, observer, supposer, vérifier, généraliser, tels sont les quatre procédés qui constituent la méthode expérimentale, et qui feront l'objet des chapitres suivants.

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