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LES SYSTÈME

a ooutredire Thypothèse, ni à la confirmer. Que faire alors, et que deviennent ces hypothèses restées indécises?

La science respecte leur plus ou moins grande probabilité, et les conserve à titre provisoire.

2. Un ensemble de lois particulières plus ou moins certaines, reliées par une explication commune, prend le nom de système ou de théorie. Par exemple, le système de Laplace, la théorie de Vévolutio7}.

;:> 2. — Portée des systèmes ou théories.

1. Les théories sont des synthrscs de lois particulières et, à ce titre, constituent, comme on Ta dit, une « économie intellectuelle ».

Elles sont aussi des classifications des phénomènes de la nature et elles groupent ces phénomènes en conformité avec leurs liaisons réelles; à ce titre, elles forment tout au moins une ébauche de classification naturelle et elles ont une certaine valeur objective.

2. Est-ce à dire que toutes les théories puissent prétendre expliquer la nature même des phénomènes et de leurs lois? — Ici

faut distinguer :

a) Les unes atteignent ce but; telle par exemple la théorie qui explique la nature et la cause du son par le mouvement vibratoire de l'air. Ce sont les théories explicatives.

b) Les autres, et c'est le plus grand nombre, proposent une explication qui, supposée vraie, ramènerait à l'unité une masse plus ou moins considérable de faits et de lois, mais sans que Tétat de la science permette d'affirmer avec certitude qu'une autre hypothèse plus compréhensive n'expliquerait pas mieux ces faits et ne ramènerait pas à l'unité un plus grand nombre de lois.

Ces dernières théories ne se présentent donc pas comme la véritable explication du comment et du pourquoi des faits dont elles rendent compte. Tout ce qu'elles nous disent, c'est que, dans tel ensemble de phénomènes, tout se passe comme si l'explication fournie par elles était vraie. Telle, par exemple, la théorie qui rend compte de la lumière par des mouvements vibratoires ée Vélher, analogues à ceux de l'air par lesquels on explique le phénomène du son.

Ces théories essentiellement provisoires et réformables sont justement appelées représentatives ou symboliques.

AKT. 11. — llfilité et tlansrer iIph Hyi*f«"^ineH. — I^'e»prît de syHtèmo,

De nos jours, il est de mode de déclamer contre les systèmes et l'esprit de système; on prétend les bannir absolument de la

science. — Aulanl vaudrail dire qu'il faut bannir de la science l'esprit d'ordre et d'unité, c'est-à-dire supprimer la science ellemême; car, sans unité et sans ordre, en un mot, sans système, la science n'existe pas.

Les systèmes ont leur rôle utile dans la science.

i; 1. — Utilité des systèmes.

1. En groupant un grand nombre de faits qui, sans eux, demeureraient épars; en leur assignant une cause et une loi probables, ils donnent satisfaction provisoire à ce besoin d'unité qui nous tourmente, et qui nous porte comme d'instinct à coordonner les faits sous des lois, et à ranger ces lois elles-mêmes sous des lois de plus en plus générales.

Ce besoin, remarquons-le, est en soi très légitime et très fondé en raison. L'erreur ne consiste donc pas à être convaincu qu'il y a un système vraiment naturel; que Dieu a eu son plan en créant le monde, et que ce plan est à la fois très simple et très fécond; l'erreur serait de croire que ce plan est précisément celui que nous jugeons le plus simple et que nous estimons le plus digne de la sagesse et de la toute-puissance du Créateur; car c'est le plus souvent rabaisser Dieu à notre mesure, et substituer notre système au sien.

2. Ils servent d'objectif à de nouvelles recherches et d'aiguillon à de nouveaux efforts, et, par les discussions qu'ils soulèvent, contribuent efficacement à préparer les solutions définitives,

3. Bien plus, dût-on les abandonner quelque jour, il est bien rare qu'ils ne renferment quelques détails solides et utilisables qui pourront entrer comme autant de matériaux dans quelque construction future. On l'a dit : tout système est faux en tant que tel; mais rien n'empêche que les morceaux en soient bons.

4. Puis, que resterait-il de la science, si on retranchait tous les systèmes et toutes les hypothèses non encore démontrées? Car, il ne faut pas se faire illusion, la science humaine est moins un édifice achevé, qu'un vaste chantier de construction, jonché d'hypothèses, de théories provisoires, de classifications plus ou moins artificielles, destinées sans doute à disparaître, mais qui, comme autant davant-projets ou d'échafaudages, préparent la construction définitive. La physique moderne, dit M. Ernest Naville, est une grande hypothèse en voie de confirmation.

Us ont donc tort ceux qui prétendent que « ce qu'on appelle la science, se compose exclusivement de vérités démontrées et définitives ».

S 2. — Danger des systèmes. — Si les systèmes ont leur utilité, ils offrent aussi leur danger.

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