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On constate que plusieurs présentent des traits communs

a) Ainsi, voir, entendre, se rappeler, imaginer, etc., ont cela de commun, qu'ils représentent un objet à notre esprit, qu'ils nous font connaître quelque chose. Un les rangera donc dans la catégorie des faits représentatifs ou cognitifs.

b) D'autres phénomènes, par exemple, je liouffre, je jouis, j^ai peur, je suis triste ou irrité, offrent ce caractère commun de m'a/"fecter en bien ou en mai, de m'étre agréables ou pénibles. D'autre part, ne représentant rien à mon esprit, ils ne peuvent être rangés dans les faits représentatifs; il faut donc en former un second groupe, celui des faits affectifs, émotifs ou sensitifs.

c) Enfin, il est un troisième genre de faits : je veux, je choisis, je me décide à faire ou à ne pas faire une chose. Par eux-mêmes, ces faits ne m'affectent ni en bien ni en mal; ils ne se bornent pas non plus comme les faits cognitifs à représenter un objet à mon esprit; leur caractère propre réside en une tendance, en un effort, par lequel nous nous dirigeons vers un but déterminé. Ce sont les faits volitifs ou conatifs, comme dit Hamilton (de conor, je m'efforce).

2. Donc : je sens, je sais, je veux; ]a.i beau chercher, aucun fait psychologique qui ne rentre dans l'une ou l'autre de ces trois catégories. D'autre part, ces catégories sont irréductibles : impossible de les fondre ensemble, car les faits qu'elles embrassent :

a) présentent des caractères opposés, comme nous venons de le voir ;

b) ils peuvent se produire indépendamment les uns des autres : on conçoit un plaisir o-u une douleur qui ne sont accompagnés d'aucune connaissance précise, et une connaissance qui ne nous affecte pas sensiblement;

c) enfin, quand ils s'accompagnent, ces faits, loin de varier toujours parallèlement, se développent souvent en raison inverse l'un de l'autre, parfois même se refoulent complètement. Ainsi, une passion, une sensation un peu vives suffisent à étouffer la pensée, comme une grande préoccupation peut diminuer ou même supprimer la douleur.

Donc cette classification ne pèche ni par excès ni par défaut, et dès lors, elle peut servir de point de départ à l'étude des phénomènes de conscience.

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