LA PHILOSOPHIE
Donc, Psychologie, Logique, Morale, Mijtaplvjsiqur, telles sont les quatre sciences qui constituent la philosophie.
>j 3. — L'objet de la philosophie ramené à l'unité.
Il est facile de relier les sciences philosophiques en un seul faisceau.
1. D'abord, la virta physique les embrasse toutes pat- leurs sommets, en les rattachant au premier principe, à la cause suprême.
a) C'est à elle que la logique va demander la vérité absolue, >ource et fondement de toute vérité.
b) C'est elle qui fournit à la morale les notions de souverain bien, but ultime de toute activité; de souverain législateur, principe de toute loi et de toute autorité; de souverain juge, distributeur de toute sanction.
c) C'est elle enfin qui donne à, la psychologie son complément naturel en lui révélant la nature, l'origine et les destinées de l'âme.
2. Mais si la métaphysique relie par leurs sommets toutes les sciences philosophiques, c'est la psychologie qui les réunit par leurs bases. Comme dit Th. Reid : « La science de l'esprit humain est la racine des sciences philosophiques et le tronc qui les nourrit. »
a) En effet, la logique et la morale ne sont en réalité que des corollaires et des dépendances directes de la psychologie; car, après avoir étudié les facultés de l'àme, leurs lois, lej^p' mécanisme, il est impossible de ne pas se préoccuper de leur fonctionnement normal, et des règles qui guideront l'intelligence au vrai e[ la volonté au bien.
b) D'autre part, en nous faisant connaître les aspirations et les exigences infinies de l'àme humaine, la psychologie conduit naturellement à la métaphysique, qui seule peut nous apprendre où elles trouveront leur légitime et complète satisfaction.
On voit que, si l'objet de la philosophie peut se ramener à la métaphysique, il se ramène également bien à la psychologie, c'est-à dire à l'étude de l'homme, de sa nature, de ses destinées, et que celle-ci est la base et le point de départ des sciences philosophiques, comme celle-là en est le terme et le couronnement.
Aussi peut-on donner de la philosophie, prise dans son ensemble, cette définition concrète : La science qui part de Vàmc humaine pour s'élever, jusqu'à la cause première, jusqu'à Dieu ; ou plus simplement ; La science de l'âme, du monde, de Dieu et de leurs rapports.
3. Tous les grands philosophes sont d'aocord en ce point. Sa-
f> INTRODUCTION.
/jientia est, ut a velerihus philosopJiis definilum est, rerum divinarum httma7iarumque xcientia\CicC'TOn, de Officils). — Noverim me. nover'im ie, répétait saint Augustin. — La .sagesse, dit Bossuet, consiste à connailre Dieu et à se connaître soi-même. — « Deux pôles de toute science humaine, disait Maine de Biran : la personne-moi d'où tout part, et la personne -Dieu où tout aboutit. »
Les diverses parties de la philosophie peuvent donc se grouper (le la manière suivante :
f PSYCTOLOSIE EXPÉRIMEN-
Sciences psychologiques logique.
Ptitlosopuie ( ( Morale.
( générale ou Ontologie.
Métaphysique < / Psychologie RAnowjfEiLF.
( spéciale Cosmologie —
Théologie —
APPENDICE Deux erreurs relatives à l'objet de la pliilosopliie.
L'objet de la philosophio n'a pas toujours été compris de fa sorte. D'une pan, les anciens sages l'ont étendu au point d'y comprendre l'universalité des sciences; de lautre, les positivistes modernes prétendent le restreiadro an point de le réduire à une simpk coordination, ou, comme ils disent, à la systématisation des sciences.
La vérité réside précisément entre ces deux erreurs. Car si la philosopliie ■( n'est pas la science imiver selle, comme le voulaient naïvement les premiers sages, elle n'est pas non plus la science purement formelle sans contenu ni o-bjet réel, aiasi que l'alûrme l'école positiviste.