‹ Cours de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 1 sur 41 · AU BUREAU DE U BIBLIOTHÈQUE ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

AU BUREAU DE U BIBLIOTHÈQUE ECCLÉSIASTIQUE

RUE DE VAOGIBARD

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ATi^HT-PROPOS.

Âpres un long voyage à travers des pays ennemis où il a fallu livrer çà et là des combats acharnés, un général compte ses soldats» . examine s^ils n'ont pas perdu leurs armes, ou sMis en ont conçiuis d'autres plus puissantes ; puis il les range de nouveau en bataille, et se prépare h de nouveaux exploits. Ainsi fait la religion, puissance spirituelle, destinée à souleniic jusqu'à la fin des siècles les combats de la vérité contre toutes les erreurs et les folies humaines. 11 n'est pas donné à Thomme de contempler un plus grand spectacle que celui d'une multitude innombrable de chrétiens, disciplinés par la foi, vivant de la foi, combattant tous comme un seul homme pour la foi,, non avec des armes matérielles, mais avec le glaive de l'esprit qui est la parole de Dieu.

Le christianisme, depuis l'époque de son établissement, n'a cessé d'appeler ses disciples à cette vie militante, pour le triomphe de la vérité sur la terrel D'abord, ce fut l'âge héroïque, où des âmes neuves et pleines d'un chaleureux enthousiasme, des vieillards, des femmes, des enfants, couraient au martyre comme à un festin, et se livraient comme des agneaux à la cruelle intolérance du paganisme. En vain les Césars, par leurs édits sanguinaires, voulaient emprisonner la pensée humaine dans le réseau du paganisme ; cette pensée, que la foi venait d'affranchir de son ancien vasselage, s'échappa vivante et resplendissante des mains de ses oppresseurs ; elle osa croire à Dieu et à son Christ en face des bourreaux qui lui ordonnaient de croire à Jupiter et à Minerve ; et le monde, à force d'entendre ces chrétiens proclamer l'Évangile au milieu des supplices, brisa le joug du paganisme, et foula aux pieds les croyances formulées dans les édits impériaux. Jamais plus grand événement ne s'accomplit par des moyens plus faibles. Ces héros, libérateurs du monde, étaient pauvres et ignorants ; mais ils avaient la foi et savaient, mourir pour la défendre. Il faut plaindre celui qui ne sent pas son cœur palpiter au souvenir de ces combats et de ces triomphes ; jamais un tel homme ne comprendra ce qui est beau et ce qui fait la dignité de notre nature.

Après ces trois siècles de combats gigantesques, tels qu'on n'en vit jamais dans l'histoire des peuples, la religion recueillit les ossements glorieux de ses défenseurs, et les écrits composés par quelques-uns d'entre eux en faveur de la vérité chrétienne ; car il y en avait dès lors qui combattaient avec la plume, et qui prononçaient leur arrêt de mort en signant l'apologie qu'ils avaient composée

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