‹ Cours de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 35 sur 41 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DÉFINITION DE LA PHILOtOPmB.

« Comme nous ignorons le motif de la première imposition des noms, il est rare que nous puissions apprécier leur juste valeur; et nous n'avons pour règle qu'un usage qui varie, ou des autorités qui se combattent. Il faut donc, qu'étant exprimée par des signes devenus arbitraires, la vérité perde à nos yeux ce qu'elle a de certain et d'évident. Dès lors, il n'est plus d'opinion qu'on ne puisse attaquer

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OU défendre avec des arguments également spécieux; rien d*absurde qu'on ne puisse ériger en principe^ rien d'assuré qu'on ne puisse ébranler, et il ne reste à la bonne foi que Tignorarice ou le doute.

» Les hommes ne seront heureux ^ dit Vlaloïïy que' lorsqu'ils seront gouvernés par des philosophes. Voilà la philosophie sur un trône.

» Ou est le philosophe, dit Rousseau, qui, pour sa gloire, ne tromperaitpas le genre humain? Voilà la philosophie sur des tréteaux.

» Ainsi, la philosophie est tout ce qu'il y a d'excellent, de sublime; elle est tout ce qu'il y a de pernicieux, de vil.

» Quand les choses en sont venues à ce point; quand les mêmes mots expriment ce* qu'il y a de plus opposé, la parole n'est plus un bien, elle est un mal; elle devait rapprocher les esprits, unir les âmes: elle empêche toute communication d'idées et de sentiments.

» Je ne puis donc pas vous dire ce que c'est que la philosophie; on a rendu cette définition impossible.

» Nous avons appris, il est vrai, que philosophie est la même chose qa amour de la sagesse, et que, pour les anciens, la sagesse était ce que les modernes appellent du nom de science. Mais quelle science devait-on cultiver pour mériter et pour obtenir le titre de philosophe ?

. » Suffisait-il d'imaginer quelque système sur le débrouillement du chaos, sur le combat des éléments, sur la naissance des dieux et des hommes? Fallait-il, comme Platon, dédaigner tout ce qui est sujetau changement; comme Anaxagore, passer sa vie dans la contemplation dès astres; comme Socrate, se donner tout entier à la morale? Fallait-il, avec Zenon, soutenir que la douleur n'est pas un mal? Fallait-il rire avec Démocrite, pleurer avec Heraclite?

» Les Grecs, auxquels nous devons le mol philosophie, ne savaient donc pas toujours eux-mêmes ce qu'ils disaient lorsqu'ils le faisaient entrer dans leurs discours; et, comme nous, ils l'employaient au hasard. Qui penserait que les Stoïciens, les graves Stoïciens, quand ils s'arrêtaient avec tant de complaisance sur les puérilités de la dialectique, fissent en effet àelà philosophie; qu'ils fussent inspirés par le désir de la science, par l'amour de la sagesse?

» Msds s'il faut renoncer à définir la philosophie; s'il est peu rair soiuiable de vouloir deviner ce qu'on entend par un mot que chacun entend à sa manière, et si nous n'avons pas le droit de prescrire ce qu'il faut entendre, il nous sera permis du moins de dire ce que nous entendons.

« Quel que soit le nombre de nos connaissances, quel qu'en soit l'objet, toutes peuvent être ramenées à deux points de vue. Ou

nous faisons Tétude de ce qui est hors de nous^ ou ncmi iion& étudions nous-mêmes.

» Des savantSi pour ei^pUquar. Tordre de r^miTen^ébser^eeiiilimfinie variété des. phénomènes qui produisent cet wêsie :.aR\e% appelle physiciens;»

» D'autres observent les phénomènes non uKÛns varies de la pensée et de la sensibilité; ils cherchait à en découvrir les liois. Ntms les appelIeiK)ns philosophes ^n .

Lorsqu'on ivoit im professeur distingué, de .philosophie dédarer, au xix^ siècle, quil ne peut dire ce qu!oniûàt enjtemirt par ce mot si célèbre, et que tant d'hommes médiocre^.ont ^siplojéaTcc ' la plus grande légèreté, une telle réserve, si ^e ne nous -découittge pas, doit du moins nous rendre circonspects. Ce t^'est pas isons y avoir beaucoup réfléchi quil s'exprime, de la scnrte. Daiiâk leçon précédente, il nous donne les raisons de son soepticâsiise relatrfement à cette matière :

« J'avais assez lu 1 histoire de la philosophie^ dit-il, poivsaToir combien peu l'on compte de ces vérités qu'on appelle«phik>fiophi' ques; combien peu ont été unanimement reçue&et adoptées. Je savais que tout est plein de vaines disputes et de controverses,* qse les opinions sont opposées aux, opinions, les doctrines' aux doctrines, les écoles aux écoles. Je savais que les idées accueillies aîvec le plus de faveur ou de respect par les anciens, sont dédaignées ou méprisées par les modernes; et que, de nos jours, ce qui'estvrai ftu delà du Rhin, est absurde ou inintelligible en de^. Jes«vai&ifUbeles questions les plus simples ont été enveloppées de ténèbres; qu'^ semble avoir cherché à obscurcir jusqu'à cette lumère naturelle qui est le partage de tous les hommes, et sans laqueUe ils ne pourraient ni se conduire, ni veiller à leur conservation,

^ Et ne croyez pas qu'on soit plus, d accord sur la rmanière de chercher la "Mérité, que sur la vérité elle-même) ce iqu'une méthode pose en principe, l'autre la. réaerve paur sadevfl^re conséquence ; par où Tune con^menoe, l'autre. fiait Toutes se vantent de suivre le chemin le plus court,. le plus facile et le plus sûr; toutes s'accusent réciproquement d'égarer la raison.

» Tant de divergence dans les opinions^ tant d'ppiniatr6t4 ^^^

d'intolérance, puisqu'il le faut dire, ne peuvent que rendre rsus-

^pecte toute philosophie. Comment des. créatures pétries du mêoie

limon, et qui toutes ont reçu de la nature des facultés semblables,

• Laromignière, leçons de philosophie, 2* pari., T" Iffoo.

Wf p]nx.eaoiiBiB esKBixBiiirE. ^ 4^5

peuTefitHelles> se mofitrer drasëes à ce point? Quand les yeux éa corps -rendent tous les bonimes anammes sar les couleurs, ecinfvent se fait-il que 4€is- yeux de lesprit ne puissent les accocder. sur les idées ? Gomment le même objet peut-il présenter aux uns les traits si purs de la vérité, aux autres le visage liideux du mensonge * ? »

Maigre le dëeourageitient où peuvent jeter ces paroles ofâci^ies de M. Laromignière, il y a cependant quelque chose qu'on appelle philosophie, il y a aussi des hommes qu'on appelle pkih* sophes.

Ces mots philosophie et phUogophey n'ont pas toujours exista \ on^i attribue la création à Pythagore, qui, ne voulant pas être appelé le sage^ se nomma, dit-on, ïami de la sagesse. Mais quoi ? n'y avait^l eu jusqu'alors dans le monde, dans toutes les classes de la saciélé, ni sagesse, ni amour de la sagesse ? on ne pourrait le dire. U s'agissait donc, dans le langage nouvellexneitt créé, d'une sagesse et d'un amour de la sagesse dans un sens différent de l'acception vulgaire^ Qu'est-»ce que la ss^sse? c'est, avant tout, la vérité. Qu'est-'ce que l'amour de la sagesse? c'est, avant tout, l'amour çt la recherche de la vérité. Or, cet amour et cette recherche sont dans tous les hommes à des degrés différents. Tous les hommes seraient donc, d'après Tétymologie, des philosophes.

Mais puisqu'on a appliqué cette qualification à une classe d'homme distincte des autres, il faut bien, de toute nécessité, que l'umour et la recherche de la vérité aient en eux des caractères spéciaux qu'ils n'avaient pas dans le vulgaire. Pour déterminer ces caractères, et se faire une idée de la philosophie proprement dite, il faut donc considérer ce que les pliilosophes ont eu de commun entre eux et de spécial par rapport aux autres hommes. Peut-êtie cet examen nous fixera-t-îl sur le sens qui convient au mot philosophie, puisque nous ne pouvons trouver ce sens dans la raison étymologique.

Ce que les philosophes ont eu de spécial, ce ne sont pas les idées premières et les premiers principes dans les différents ordres de conception ; car ces idées et ces principes, le genre humain les a possédés avant la philosophie, et il a continué de les posséder en dehors de toutes les écoles. Ce n'est point par la philosophie que la vie intellectuelle de Thumanité a commencé, et s'est conservée. Cette vie tient à des racines plus profondes, aux idées et aux

* Laromiguière, Leçons de Phiiosojfhic, i" part., 15*" leçon. •

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^croyances primitives dont on a retrouvé la trace chez tous les peuples. Il est constant auss^ que les plus grands progrès de la raison humaine sont dusyuonà la philosophie^ mais aux idées communes, et aux croyances basées sur ces idées fondamentales. Donc, comme la raiison humaine a existé, à ses différents degrés de développement, sans la philosophie, elle aurait pu se passer toujours de cette auxiliaire. Les philosophes n*ayant pas eu seuls le privilège de connaître les premières vérités, ce n'est point par là cpi'ils peuvent être distingués des autres hommes.

Il faut en dire autçint du pouvoir de déduire par le raisonnement les vérités logiques. Ce pouvoir naturel a toujours été inhérent à l'humanité. Partout ou il y a eu des hommes, ces hommes ont raisonné sur les choses qui étaient à leur portée, et cela, sans pouvoir dire par quelles règles ils dirigeaient leurs raisonnements. 11 en est du raisonnement comme des figures de rhétorique que les hommes les plus grossiers produisent souvent beaucoup mieux que tous les rhéteurs du monde.

Ainsi, pour définir la philosopliie, on ne peut pas dire : c'est la connaissance des premiers principes, jointe à la faculté d'en déduire les conséquences.

Le philosophe n'est pas non plus un homme qui perçoit et qui raisonne infailliblement, puisqu'il est hors de doute que la philosophie a débité une foule d'erreurs et de contradictions.

Qu'est-ce donc que la philosophie, et par quel côté se distinguet-elle des habitudes communes de l'esprit humain, comme elle s'en distingue par le nom ?

On a dit : La philosophie est la connaissance de la vérité. Nous venons de voir ce que cette définition a d'incomplet.

On a dit : Cest la recherche de la vérité. Mais, outre que tous les hommes cherchent plus ou moins ce qu'ils ne savent pas, il faudrait convenir, si cette définition était juste, qu'on n'est philosophe qu'autant qu'on ignore et qu'on cherche, et qu'on cesse de l'être dès qu'on connaît.

On a dit : Cest le bon usage de nosfacultésy qui nous conduit à la connaissance du vrai. Ce qui revient à dire : le philosophe est celui qui tâche de ne pas se tromper. Or, tous les gens raisonnables, depuis le berger jusqu'au monarque, sont dans cette disposition, parce qu^ils savent bien que tout le monde peut faillir. Cependant, tous ne sont pas compris dans cette classe d'êbes spéciaux qu'on nomme philosophes.

DB vmuMMiiXiB eBMàaxmmE, 497

On a dit : La philosophie est Vindépendanoe de la raison. Or, la rsÀBOD. ne peut dépendre que de trois choses : ou des Tentes certaines par eUes-^0lémes,.ou des crojances imposées par une autorité divine, ou des pr^ugés. Dans le premier ca&yV indépendance de la mi«ort ne serait que la liberté dextrava^uer ou d'être stupide; dans le second cas, ce ne serait que la liberté de nier la certitude d'un enseignement qui supplée^ l'insuffisance de la raison et l'empêche de s'égarer; dans le troisième cas, ce serait la liberté dont tout honmie jouit d'être raisonnable quand il veut examiner avant de juger. En i»xlTe y V indépendance de la raison n'est par elle-même qu'une théorie, un principe préliminaire, qui ne i^nferme aucune vérité spéciale relativement aux olijets extérieurs, en sorte qu'une philosophie qui se bornerait à ce^rincipe serait l'absence de toute notion sur les êtres et leurs rapports. Enfin, Vindépendance de la raison^ cette liberté entière de nier et d'affirmer selon &e% calices, loin d*être une spécialité réservée anx esprits supérieurs, serait plutôt le partage des intelligenoes faibles et idiotes, qui n'ont la force ni de s'élever à l'évidence, ni de subir la loi d'une démonstration. Dites à ces hommes bruts que leur raison est libre vis-à-vis de la vérité, et bientôt la lie du genre humain formera autour de vous un vaste troupeau de philosophes ignares, qui, en vertu de cette indépendance, ne croiront plus qu'à la rapine «ta la débauche. Voilà donc la philosophie dans les égouts !

On a dit : La philosophie est Vapt de penser. 'Un art suppose l'existence, la connaismnce et l'application des règles. Or, les règles ont été créées par les philosophes. Il y avait donc des philosophes avant qu'il y eût une philosophie; et ces hommes n'ont fait qu'emprunter leurs règles au bon sens universel. D'ailleurs, l'art de penser n^ pour objet que la direction de l'esprit, indépendamment de tou^ application à l'extérieur. C'est ce qu'on appelle la logifae. Cependant les philosophes étendent {^us loin le cercle de leurs idées, et ils prétendent soumettre le inonde rentier au crUerium de leur raison.

Toutes ces différentes définitions pèéheKit donc par quelque endroit, lorsqu'on veut <M)nsidérer attentivement le fond dee choses et les travaux aiixquels s'est livrée eette c)as6e spéciale d'hommes désignés sous le nom de philosophes.

Essayons de débrouiller le labyrinthe. Pour nous diriger dans

cette recherche, reînarquons quel a été: de 'tout temps le principal

travail de la philosophie dans les écoles nombreuses et divergentes

qu elle a enfantées. Ce' travail .a été un travail de re^herèhe. Mais,

4g8 FRIHCIFBS FOHDAlfSlfTl.lJX.

à quel objet a-t-eHe appliqué cette recherche? c'est à Vexplication des choses universellement connues, pour arriver par ce moyen à saisir ce qui se dérobe k la conception du vulgaire, pour atteindre l'inconnu. Expliquer ^ voilà quel fut toujours le but des philosophes. Je ne dis pas qu ils aient constamment réussi; Thistoire de la philosophie est, à bien des égards, Finventaire des folies savantes de Thumanité; souvent même, à force de vouloir expliquer, on a fini par nier. Mais, de tout temps, cette tendance s*est révélée au sein des écoles, en sorte que, dans leurs variations infinies, elles ont conservé ce caractère invariable. Cest ce caractère qui trace la ligne de démarcation entre le vulgaire et les philosophes. Le vulgaire voit, sent, affirme, croit. Le philosophe, en outre, explique; il remonte des effets aux causes, des conséquences aux principes, soit qu'il s'agisse de l'homme, soit qu'il s'agisse de chacun des autres êtres, soit qu'il s'agisse de l'univers entier. Or, pour expliquer d'une manière satisfaisante, il faut se faire un ensemble d'idées qui donne la raison de tous les phénomènes relatifs à l'espèce dont on s'occupe. Les causes, les moyens, les effets, tout doit être enchaîné et subordonné de telle sorte qu'on devine la nature dans la pensée du sage. La philosophie a donc dû vivre de systèmes; car un système n'est autre chose qu'un ensemble d'idées subordonnées à un principe qui en donne la raison.

On peut ramener à deux grandes classes les objets susceptibles X explications philosophiques : les faits et les croyances.

Les faits sont physiques, ou intellectuels, ou moraux. Us sont aussi naturels ou surnaturels.

Les croyances sont religieuses, ou morales, ou sociales.

L'esprit philosophique est comme un élément qui pénètre tous ces objets, en s'emparant des données premières et connues pour remonter aux raisons occultes qui les expliquent. De là résultent la philosophie de la nature matérielle, dont les ramifications sont innombrables; la philosophie de l'entendement ou la psychologie, la philosophie de l'histoire, la philosophie religieuse, la philosophie morale, la philosophie politique.

, Ainsi, pour définir la philosophie par le trait le plus saillant qu elle nous présente, on peut dire que c'est Vexplication ration» nelle des faits et des croyances.

Cette définition nous fait concevoir tout à la fois le point de départ, le but, les liniites, les résultats et les écarts de la phi losophie. ,

Le point de départ de la philosophie, ce sont des choses coa-

DX PHILOSOPHIB CHRBTIEITNB. 499

nues d'une manière certaine, des faits attestés, soit par le rapport des sens, soit par la conscience humaine; des croyances, qui sont aussi des faits, puisqu'elles se produisent toujours extérieurement. Appuyée sur x^ette base, la philosophie procède par voie d'expérience, et ne se perd pas dans des abstractions et dans des foroâules inintelligibles.

Le but de la philosophie est de chercher l'inconnu par le connu, les causes par les effets. Il faut quelquefois de longues explorations, des tâtonnements, des hypothèses multipliées pour expliquer les choses les plus ordinaires. Que ^ a-t-on pas dit sur les écUpses, sur les phases de la lune, sur le phénomène du flux et du reflux de la mer, sur la chute des àérolitHes , sur lascension dt s liquides jusqu'à trente-deux pieds, sur l'origine des vents, de la grêle, de l'électricité et du magnétisme ? Que n'a-t-on pas écrit sur la formation et le développement de l'entendement humain, sur les phénomènes de l'organisme, sur les rapports du physique et du moral, sur l'origine du culte que l'homme rend à la Divinité, sur les £aits historiques qui ont produit les diverses révolutions des empires? Heureuse encore, lorsqu'après de nombreux systèmes, la philosophie trouve enfin Vexplication cherchée depuis plusieurs siècles. Quelquefois c'est de prime abord que la théorie véritable se présente à l'esprit du philosophe; c'est comme un éclair de génie qui lui révèle les profondeurs de la nature. Mais alors même il a besoin de faire subir bien des épreuves à son système, et quand ce système est assez déniontré pour être admis comme un principe par les esprits supérieurs, il faut encore de longues années pour qu'il pénètre dans les intelligences ordinaires et qu'il devienne populaire.

Ainsi, le but de la philosophie n'est pas et ne peut pas être d'établir des croyances, mais c'est d'observer les faits, pour s'élever, à Taide du raisonnement, à des théories ou systèmes qui les expliquent. Mais si la raison philosophique n'établit pas les croyances, on doit avouer qu'elle peut les confirmer, lorsque ses recherches consciencieuses aboutissent au résidtat que l'enseignement reli <yieux présente. G*est ainsi que les excursiqns faites dans le domaine de l'histoire, et l'observation approfondie des faits géologiques, réconcilient enfiii les esprits élevés avec le récit de la Genèse, et fait disparaître les romans philosophiques, bâtis dans le siècle précédent, sur l'antiquité fabuleuse du monde. C'est dans ce sens que le raisonnement conduit à la foi, comme dit saint Cyrille '• * Phiiosophia catechhmus ad fidem, {S. Cyr.)

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Les lifnUes de la philoâopbU nous %tmt au«si indiquaes'par naioe définition. Nier tous les faits, ou vouloir Les rendre douteux parle raisonnenient, ce n'est plus être philosophe, c est être Cbii. Déimtiirer les faits pour les adapter k un système «onçu d'jiTaiice, ca n^ plus être philosophe, c'est en. imposer à soi-même ou aux «Htres, c'est être ignorant ou déloyal. Exiger, avAUt de croire, vae^Toe claire et distincte, une perception aomprékeiutv» de l'iessenee des êtres, c'est imiter les Stoïciens, qui donnaient ainsi gain de cause aux sceptiques. Enfin, nier des faits certains ou des croyances établies sur des bases certaines, sous prétexte que ces &ias et ces croyances ne cadrent pas avec les explications qu'on en donne, ou parce qu'on ne peut réellement les expliquer, c'est prétenihc qu'on a atteint Tapogée de la raison, et qu'aucun autre ne poorra voir mieux ni autrement que nous; c'est être stupide i (oiKt d'orgueil.

Ainsi, d*un côté le faitf d'un autre côté l'intelligible^ votti les limites du raisonnement philosophique. Il ne peut ni reculer en deçà, ni s'élever au delà, sans s'abjurer lui-même. Dieu seul voit la raison intime de toutes choses.

Les résultats de la philosophie forment ce qu'on nomme proprement la science. Le vulgaire connaît^ le philosophe sait, Ia coonaisr sance est la base essentielle de la science. Donc celle-ci iie peut détruire la première. Je dis plus : la connaissance est certaÎBe, k science, c'est-à-dire l'^x/^/ica/ton des faits connu^^ est oi^naîiement conjecturale; ce n'est qu'après l'épreuve d'un long criticîemeqn'vn principe scientifique obtient la même fermeté que les donnéespremiéres sur lesquelles il repo^. Alors il se résout en applications pratiques et enrichit la société. Quand l'homme a saisi qiieli|iiesuns des secrets de la créationi il crée, pour ainsi dire/lui-même un monde nouveau par son activité et son industrie^

Enfin, d'après ce que nous venons de dire, il est facile de. concevoir les écarts de la philosophie, he philosophe s*égare ptesqqe toujours quand il se trompe sur le point de départ-et eur :le'bttt(de ses explications scientifiques, et quand il veut £or«er'lof lîmifees où sa nature le tient enfermé* Alors il n'obtient pour résultat que des subtilités puériles, en dehors de toute expérience, oit des disputes interminables, ou de9 systèmes faux, impief, désastreux, qui deviennent le fléau du genre huoiaiOf

Il ne suffit donc pas, pour avoir lé droit de publier impunéstf a< les chimères epf'aiitées pqr son imagination, de se prtM^leiWffr/rAtfr sophe^ comme il n'a pas suffi aux terroristes de^sepro(claiiier/a-

DB YHftodonnB CHitinsirirB. S^oi

trMeê^ powr légitimer rdssassinat de leur patrie, Je quelque nom qolU se décorent, de qudque prétexte qu'ils se couvrent.

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