‹ Cours de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 36 sur 41 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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Article 1. — Importance de rbistoirc de la pbiloâopbie*

L'histoire de la philosophie est un objet d*étude digne du plus haut intérêt ; c'est un cours expérimental de la puissance et de la (àiblessé, de la santé et des maladies de Tesprit humain. En voyant une classe d'hommes s'isoler de leurs semblables par leurs habitudes mtellectuelles, et par la prétention (Texpliquer ce que les autres se contentent de cotMiaitre ou de croire, on est curieux natureUeittent de considérer ce phénomène, soit pour applaudir aux eSSo>t\& àe ces vo^getnrs intrépides qui veulent reculer les bornes delanmon, soit poftr déplorer leur téméraire entreprise, soit pour défÇ9tgêr^ par t'amatjse, les vérités qu'ils ont mêlées arec d'innombrabks etreiirs^ soit enBn pour mieux comprendre que l'humanité vit de croysnces et non de philosophie.

• »Cle tabfefttf historique, dressé une fois avec exactitude, of&îrait biemdit un nouremi texte à nos méditations, et s\it la longue expérience qu'il nous aurait fournie, nous verrions une théorie imposMite s^'élever cemAme d'elle-même. En effet, il suffirait ensuite de rapprocher les efFéts des causes, il suffirait d'observer comment les opinions que lès philosophes ont conçttes sur ces questions fondameMâ^tes les cmt conduits ou lés ont égarés dans les questions secoiniaires; de comparer, par une suite de rapprochements^ et les tnoftfs, et là nature, et les conséquences de ces opinions diverses, pour découvrir laquelle de ces opinions est, en effet, la phift juste^ et ce qui peut manquer à chacune d'elles.

» Ainsi, analysant dans une seounde tiedKtcfae la sinte des faits qu'on auvait exposés dans la preimèM^ranalysam avec lUie sévère csKitiqueyOn pourrait .^Wmi/ier les eauses ksi {rfus générales de la noncehe de l'esprit huxiaii^ eoovctitir ces obserratimis en un code pratique pour l^aindiêàitratiim et rappUcatian èe la sdenee^ en tÎMrla règle d'ummeilieur régime fwxtiuMt cspeit^

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5o2 PRINCIPES FONOÀMSKTAIIX

» La philosophie est née des réflexions que les hommes ont faites sur les connaissances qu'ils avaient acquises, et du besoin quils ont eu de méthodes sûres pour en acquérir de nouvelles.

» L'esprit de Fhomme ne peut faire quelques pas dans la voie de la méditation, que bientôt il ne découvre toute retendue de son ignorance, qu il ne s'avoue un grand nombre d'erreurs, qu'il ne se trouve arrêté par des doutes et des incertitudes. Son ignorance l'humilie et. l'importune, ses erreurs le découragent, ses doutes le tourmentent. Il invoque le secours de la philosophie contre ces trois espèces de maux intellectuels, et les remèdes que la philosophie lui promet sont assurément le plus grand bienfait qu'il puisse attendre d'elle.

» Des faits isolés, des notions éparses ne forment point encore une véritable connaissance ; c'est par la connexion seule qui s établit, ou entre les éléments de chacun de ces deux systèmes, ou entre ces systèmes eux-mêmes, que nous parvenons à savoir; dou il suit que toutes les acquisitions de la mémoire, que toutes les créations de l'imagination seraient insuffisantes pour constituer la science, qui seule prévoit et applique, parce qu elle déduit, si l'instrument de coordination nous manquait. Or, cet instrument est de deux sortes : dans les connaissances positives, c'est le lien des effets aux causes ; dans les connaissances spéculatives, c'dst le raisonnement logique. L'étude de la nature peut bien nous enseigner comment les effets succèdent aux causes, mais non comment ils en dépendent; l'application pratique peut bien nous apprendre par une sorte d'épreuve que nous avons bien ou mal raisonné, mais non quel était ou le mérite ou le vice de notre raisonnement. Cest à la philosophie qu'il est réservé de résoudre ce double problème, et de légitimer le double ordre de déductions.

» Cette curiosité impatiente qui nous fait désirer desavoir, quoique juste etutile en elle-même,a cependantses dangers, parla précipitation trop tardive qu'elle produit, par la présomption qui est ordinairement attachée à l'ignorance elle-même. Nous serons pré* munis contre ce premier genre d'écart, si nous sommes avertis des limites qui ont été marquées à notre raison. Or, la philosophie préviendra ou réprimera du moins cette ambition téméraire de l'esprit, en lui assignant la sphère de ce qu'il lui est permis de connaître^ et marquant les conditions auxquelles il lui est permis d'y atteindre. Elle circonscrira les principes qui eussent été trop rapidement

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généralisés; elle restreindra l'usage des méthodes auxquelles on ei\t attribué une valeur trop étendue ^ »

Ce n'est point ici le lieu de dire si la philosophie a jamais réalisé les belles promesses que M. Degérando fait en son nom; mais je dois remarquer que c'est surtout en étudiant son histoire, en la saisissant, pour ainsi dire, au vif dans ses travaux, qu'on peut se faire, à cet égard, utie opinion raisonnée.

Aussi l'histoire de la philosophie a-t-elle été explorée par une multitude d'auteurs italiens, allemands, français et anglais. L'indication de leurs travaux remplit le second chapitre de X Histoire comparée que je viens de citer.

Pour traiter avec l'étendue convenable ce vaste sujet, il faudrait tout un Uvre. Je dois donc me borner à donner un aperçu, une sorte de statistique de la philosophie ancienne et de la philosophie moderne, en y joignant les jugements que plusieurs auteurs en ont portés.

ARTiCLie H. — De la philosophie ancienne.

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