‹ Cours de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 4 sur 41 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

prendre jusqu'à un certaiû point le sens de ces terribles paroles de saint Paul : /( faut qu'il y ait des hérésies '.

Cette période de controverse, ouverte par Luther et continuée par les mille sectes protestantes, a donc enrichi le domaine scien«- (ifique de 1 Eglise, qui, sans avoir besoin d'aucun homme en particulier, accueille cependant avec complaisance les travaux de ses défenseurs, et leur rend plus de gloire qu'ils ne peuvent lui en procurer. Tandis que le protestantisme, soumis à Tàclion dissolvante du libre examen, qui est son principe constitutif, se consumait en querelles intestines, variait perpétuellement ses formulaires de croyances , et enfantait une multitude d'opinions divergentes qui s'anathémalisaient les unes les autres, TEglise, appuyée sur son unité, contemplait ces débris de Thérésie emportés çà et là par la tempête, et les écrivains catholiques accablaient de^ mille traits victorieux l'armée indisciplinée de leurs adversaires.

Enfin, après avoir nié tous les dogmes chrétiens, le protestantisme s'abîma dans le déisme dont il lui est impossible de sortir. Du déisœe au matérialisme et à la négation de Dieu, il n'y a qu'un pas, et ce pas est glissant. Luther, en secouant le joug de Tautorité, avait placé rintelligénce sur un plan incliné où elle devait rouler jusqu'au fond d'un ténébreux abîme. La réforme protestante devint pour des nations entières la roche Tarpéienne du christianisme.

Ainsi, après avoir parcouru le cercle de toutes les vicissitudes humaines, TEglise se trouvait ramenée sur le terrain de la controvejTse philosophique, qui, cette fois, voulait restaurer le paganisme dans les mœurs en détruisant toutes les croyances dans les esprits. Sur ce vaste champ de bataille, il y eut un duel à mort entre la foi qui sauve et limpiété qui tue les empires. Le monde en fut ébranlé; les protestants eux-mêmes, effrayés des conséquences désastreuses que leur principe avait produites, se joignirent aux catholiques pour défendre les fondements du christianisme et de la société. Nous le disons avec joie, durant cette période critique, nos frères séparés firent bonne guerre à Terreur. Campés avec nous sous les mêmes tentes, ils apprirent à nous connaître, déposèrent bien des préjugés haineux, et regrettèrent sans doute plus d'une fois qu'au lieu d'une réforme salutaire on eût fait une déplorable séparation entre tes chrétiens.

L'incrédulité, vaste système de négation, ne pouvait avoir de vie et de force que par l'agression et la ruine des vérités religieuses, morales et politiques qui soutiennent le genre humain. Lorsqu'elle eut parcouru le cercle des erreurs que la philosophie ancienne avait déjà tracé, elle s'accroupit dans le scepticisme, ayant pour cortège les âmes basses qui aiment le sang et la boue; tandis que

' Oportet esse hsereses. (I Cor., ii, 19.) *

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les doctrines de salât, mises tlans un plus grand jour par les Ira-* Taux de la controverse moderne, conmerieërent à reprendre leur empire.

Telle est maintenant la situation respective de la religion et de Fimpiètë. La philosophie antichrétienne dn xviii« siècle a fait son temps comme la philosophie païenne. De tontes les discussions orageuses qu'elle souleva, il ne lui reste que le principe de néga» fîon, fort commode pour les esprits ignorants et paresseux, avec le rire sardonique des Cacouacs. Bien des hommes, il est vrai, vën^ reni encore les reliques de H. de Voltaire, et rongent dévotement les bribes de l'école encyclopédique * ; mais nous ne considérons pas ici 1^ tratnards qui se trouvent dans les régions infimes de la science et du progrès intellectuel, nous considérons l'école en elle-^mème, qui ne produit plus rien de neuf, qui meurt de décrépitude» et descend au tombeau enveloppée dans le linceul du romantisme.

Cette absence d'hostilités nouvelles, résultat nécessaire de Tadiamement qui a précédé, laissé aux amis et aux défenseurs de la foi le temps de se compter, de mesurer leurs forces, et surtout de recueillir les armes que leurs prédécesseurs ont semées sur la route des temps, pour aider ceux qui viendraient après eux à triompher des mômes erreurs. Ce moment précieux ne sera pas perdu pour TEglise. Sans doute cette fille du Ciel a des4)romesses d'immortalité, et le coup d'œil rapide que nous venons de jeter sur son histoire suffit pour naontrer qu*une force divine la soutient : mais il entrait dans les desseins de la Providence d'associer les hommes à son œuvre, et de les rendre ses amdjutéurs *, afin que rhumaiiilé, glorifiée dans la plénitude des temps, jouisse davantage du triomphe de la vérité, en voyant la part d^action qu'elle aura eue dans les combats deierreur. C'est pourquoi, en immortalisant les noms des hèiros qui Tout glorifiée parleurs vertus, TEglise s*est montrée de tout temps également soigneuse de conserver les écrits des docteurs' qtri Tont défendue par la force de leur esprit. Ainsi, pendant la paix, elle fait Tinventaire des ressources qu'elle possède pour soutenir de nouveau la guerre. Qu'elle est volumineuse la collection des apologistes anciens et modernes de la religion et de FE^ glisé ! bien desfois elle a été reproduite, surtout depuis que Timprîmerie a fourni le moyen de multiplier presque miraculeusement les travaux de Tintelligence. L'époque actuelle a déjà été témoin des efforts les plus glorieux faits dans cette direction, pour coordonner vers un but commun les principaux ouvrages dés auteurs qui ont agi chacun isolément selon les besoins du temps où ils vécurent. C'est l'époque des collections et des résumés. Tandis qu'on

' Le type le plus accompli de celle naïvelé était assurément feu M. Toucpiel. Si ce brave liommc eût vécu assez longtemps, il aurait probablement édité toute la collection des ci-devant Eipritê forts, à l*usage des chaumières et estaminets.

* Dei sumus adjutor^M, (S. Paul, 1 Cor., lu, 9. ;

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I* Ami B*eal. pbia digne de i'konaaa qae d'dtre raiMiMd>le« e*aal^&péifl(i d'^diet les lois de n raîado^ et de l'emplo;er k aaiw aveeeettitade Uvénlé» ce qnî est kLvraie phitesophie.

U« Sien a'aaiplw dî^ne de rhamoiie ratseoufalefiie éi .ereire> k m MlUre ^rtUsette * ai 8 repâateneft de Dieu.

HL Bim.i^esliplas4igneil0 l'homme qai tmil ee Bîeii, 4|a& de (mira tes ekoaea faDDci^ e'eal IMeit qui lésa dites..

IV^ Rien QTaatftttaswenMUe qoe deeraire qiiere*es4 DiiftfHÎ ft4it«i^ ebeaasi,»qand elles nanssoei enseigeëes, da ^pnrti^ac ust viMm aaaû taiemé de Dîea qoe Fa ^ lésus-Cihdat.

Y, Bâanr n'est ples^ raisonnaUe que: de croine qne Msus^Ckriat les eeeseign^t fiaed ëles «oes TÎemieDi per le annîsliae 4laUî de lésea-Cbfiat.BséiM peur noats las transaMAtre* o'eal^'àidiae pae

£e iK)taase qee Mes puMioiis aajound'hel esl le d^vek^lkwmi de la première pmpesHi&a* Nims lums oœiipa'ens ^miia de la iM#ki^ Bfttaaellev de la rel^iei^.rèyiélâe» ei peînoipflife«aepl, iki: (^îstiMiaaie, el naa^i termîneroes par moatifer la délité de la xe^- Ugiee calMiqtte, apaâtebqtte el romaîiie, b Tappui d^ leqeeUa neea piedeirons^ des paroles plus peissaiiles qw kid ee que eom peerroiis tiseriie nons-naftmes.

* Les trois demicres de ces propositions soa( extraites presqua mol popr mot du F. Biiffier.

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CMPrCHVKS DANS CE VOLUME.

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