CHAPITRE lU
Aceea» bb ua i«iiL08e»oiB avbc lm, auLiGie?!,
L'auteMPqueje viens de citer ^env^doppe dbnsuiiie mânse réprobation tout ce qui, en dehors de la* veli^;ion, a jamais porté le noni dO'pbîlasophie;, il en résulte qui» la*: seule vraie philosophie est la rcdiepo^. C'esft ce que M» Lanûsentie exprime d'une mamère forniftUe dan9 Tartinle suivant du niéme chapiti^ et dans le chapitm wt^ cpii ea^ eomme la coneknùiai de: son ImroduçHon^
Sana deuie, ri par philosophie» €0 entend hi connaissance ceryénsm qui ooastîHient la vie morale; die rhumanité, om.
* Introduction à la Philosophie^^dik, ^*, ut- X
SpS FBINCiPBft FONDAMBirrAUX
aura raison d*identifier la philosophie avec la religion, car ces Testés, objets fondamentaux de la philosophie, sont énûnemiinent religieuses. « L'existence de Dieu, Timmortalité de l'âme, les devoirs de Thomme, ne sont-ce pas là des vérités essentielles à la religion P Ces vérités sont religieusesy parce qu'elles lient les hommes entre' «ux, et aussi parce qu'elles les lient à Dieu ; et comme elles sont Vobjet des démonstrations de la philosophie, nous ne pouvons par aucun effort d'esprit séparer la philosophie de la religion '.» Sous ce rapport, il est incontestable que le vrai philosophe, ou le vrai sage, est celui "qui connaît et pratique la religion, parce que là se trouve unité et perpétuité de doctrines. Alors la philosophie est absorbée par la foi. '
V Mais, d\m autre côté, si, pour éviter cette conséquence, le philosophe'prend pour point de départ la négation des vérités religieuses à un degré quelconque, il sera conduit par la force de la logique à les nier entièrement, et la foi sera absorbée par la philosophie. Or, en niant toutes les vérités de l'ordre religieux, la raison est réduite à s'abjurer elle-même. Si le philosophe, nouveau Samson, ébranle les colonnes du monde moral, il est écrasé sous ses ruines.
Quoi donc ? faut-il anéantir la philosophie, ou renoncer à la religion ? mais si l'on renonce à la religion, il n'y a plus de philosophie, puisqu'on esT entraîné à la négation de toute vérité. De part et d'autre la philosophie disparaît pour faire place à la foi, ou au scepticisme. On ne saurait disconvenir qu'un grand nombre d'hommes n'aient choisi le scepticisme pour éviter la foi. C'est ainsi que la science s'est constituée en état permanent d'hostilité contre la religion, et que la raison, pour garantir son indépendance, a concentré, depuis Luther, tous ses efforts contre l'autorité dogmatique. Sans douté, durant cette période, le champ de bataille n'a cessé de s'agrandir j mais ce sont toujours les mêmes principes qui ont lutté de part et d'autre, jusqu'à ce que le libre examen, fondement de la réforme protestante, ait été englouti dans le pyrrhonisme philosophique.
Cependant, quand on envisage de près la question, il n'est pas difficile de voir combien ce grand duel entre la religion et l'esprit philosophique est peu motivé. Rappelons-nous, à cet effet, la définition que nous avons donnée de la philosophie. Elle est, avons-nous dit, Vexplication rationnelle des faits et des croyances. Voilà son objet propre, voilà la sphère dans laquelle elle peut se mouvoir.
• Intro.luction à la Philosophie, ch» xi, n' !•
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Ainsi, Fétude de la nature et les conséquences pratiques qui en d^^ coulent, rétude de Fhistoire, et Fétude de Thomme, voilà déjà pour k raison un assez vaste champ ; mais cette raison, on doit Tavouer, peut faillir dans ses conceptions : les variations et les extravagances des philosophes en soiit la preuve. £h bien ! qu'elle s'égare, si elle le veut, dans lès choses qui ne sont point essentielles à Thumanité, qu elle bouleverse son domaine, qu'elle défasse et ruasse vingt fois ses systèmes scientifiques; peu importe. Il en résulte toujours une consonunation de papier et une activité momentanée dans l'imprimerie.
Cependant, si la raison a ses droits, la religion a aussi les siens, dont le premier et le plus sacré est de n'être pas condamnée avant d'avoir été entendue et examinée de bonne foi. Donc, si le philosophe, dans ses recherches, vient à rencontrer ou à heurter l«s croyances religieuses, il doit, avant de passer outre, chercher l'explication de ces croyances; et comme ces croyances reposent sur des faits qui attestent une révélation divine, la raison philosophique se trouve ramenée à examiner la réalité de ces £ûts d'après les règles de la certitude historique, et à apprécier leur nature d'après les règles du bon sens qui établit une distinction évidente entre ce qui est naturel, et ce qui est surnaturel ou miraculeux. En procédant ainsi, le philosophe n'admettra point comme divines les croyafnces dont les titres ne seront pas certains, et qui pourront s*ea;pliquer par l'imposture, l'oppression, la crédulité, en un mot, par les moyens humains qui les accréditèrent, sans qu'aucun fait incontestable de l'ordre surnaturel dépose eh leur faveur. Il ne faut pas un grand effort de raison pour voir que les rêveries merveilleuses de la mythologie ancienne ne reposaient que sur les fables des poètes et l'imagination corrompue des peuples. On peut en dire autant de TAlcoran, imposé par la force du sabre aux nations vaincues. Il en est de même des traditions fabuleuses qui régnent aux Indes, dans la Perse, à la Chine et parmi les sauvages du Nouveau-Monde. Mais ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans ces détails, et de montrer directement qu'il n'y a jamais eu qu'une religion divinement révélée, le judaïsme complété par le christianisme. U suffit pour le moment de montrer comment l'explication philosophique des faits et des croyances peut écarter l'erreur et se concilier avec la vérité en matière de religion. En ce point capital, il ny^ rien de moins philosophique que d'admettre tout comme également vrai, ou de rejeter tout comme également faux. Dès que la raison, en procédant comme nous l'avons dit, est restée convaincue de la vérité, de la dwinité d'une religion, elle est convaincue
fiào
par là même. d'aTascd. que- tû«ite'ejiplioitwoi! des pHénoBoènes luuturels ou des £suto laistoricpiestqai la contredk.ne peut ètte que fausse, incomplètey produite par rignorafflee <»u laMBauvaise £ôir et que tôt ou tard lascMiee* mieuxéckicée réfesraera ses jug^mencsr précipités. Cestee qui est arrirépar ra|^oftàlardigioii daiétiêiiiia: d^uis dix-huit siècles, elle a passé par le ereuaet de la.xatsoa et de la science ;. tout a été mis* en œavre^ soit pour, obacurrâr soa origine, soit pour dénaturer &^^à histoire^ soit p(»ftr eoiisfeafeer des c&bêjssè^ dictions^entre ses ensei^aaatfenis etles démonstrations dela^phiio^ Sophie. Eh bien! toujours elle est sortie victorieuse de cette* latSie, et^ oa a reconnu que c^étaitl la ^losepkie qui arait eu le tort de construire des hypothèses imtfgiaaicesw Vécoie sensoalîste^ seep» tiipie^^ du siècle derqier Courait Picore une nonfeUe pc^ore de ee ^giej ay^oice. Aujpusd'hui. la science véritablef fieUe qn^He se pmduit. che& les esprits élevés^ est une TécilaUe; ré»cteon coatre cette philosophie enfanÛBeà laquelle VokaisetélBâtbicn dî^e de donœe soanom.
. En. effet, si nous voulons eMner dans quelques- détsois, tt noo» sera facile de voir que lé»eI^oyallGes dirétiemies, loin dg contredire Les|^it phitosophiq»e| nousdonASiit au eontrare'les^étr^^veoCIdMii les. plus satisfaisatites de tou» ks: poim» qui. enft ooeiq>é le plus sérieusement la philosophie aBsienne «K la pUilosophie inoderae. La eosHiogoni«^ c'est^-dire^h fbf^matiim du monde, h'tiiëologie naturelle,. c*est-à«dire la consiaissance delKcu) et di^si^ attribues, la p^chologie, eesl^**dire Fétude de rame luunaîoe^ la monde et la consUtodfOii naiureEe des soidétaés, ^FoUà les points fEÎndamestauK stfr lesquels la raison n'a cessé depiiEsoter depuis ^<dle m. dieoché à eapli^fuer quelque chose- Or,, prenez dune ansa L'enseignement rdigtet£K.cemeBii:d»ns la Bible, et de l-«acr«, les systèmes des philoâo^bea anciems et moéemies, et ditesHOoiM^ de bonne fol de quel' eAté se tBOUTentlâîraison^la gi«ndeur,ladi^iMiÉB{ ïaccord parËdt d!un easeignement unîvexBel^ à travers aui^intfl sûàcles.
Poitir iBi^coeaiù^ome^ Yixim avez. vu; lea sjocème» hnances dé h phiJoso^e antique, auxqa^ ou- peut aputee ceux de BdBEM est <ks géologues du xrta^ sièeie, tomba mainisenanit cfens un: &•> caédiireGBiiplet» La CUnièse,,pacle réeic qu'elle fait delà ^attatiott et du< dâugCy nous^ danney. sinofi tous^ les dâaib scieatifiqttes^ an OMMtts lat elef de tou» ks &àu historiques ek géologiipses^ ains^qoe VeafiUûation de&^ traditions- diuu genre iMimaincelaitiiienientà leci? §piie àu gUbe, aux.ré¥olutioasrqu*il; a. subies^>et à lanttqutte réelle des^Éalâoas. Chaque BOuteau. pas ^e hù sdettce Sût ta tosppeotSkt
DE nn08o»n& xmMxnMmiB. 6ol
de la.eQStnogome biblique. Cëtair doticr rébauehe die rexplkatiot^ pidlèsephiqim qtti était en, désaccord wnc k' croyance relrgieusftiî^ une cDimotiosii mieux fondée conduit au même but que lafoi^ en. SDitequelea iiatoralistes les pins daiirojattts, a ils ne reconnaisaci^. point encore dans Moïse Hnspiration divine, admirent déjà le génif profond et la sagesse admirable de ce prodigieux personnage;
Pour l^tkûohgie naturelle, yaus trouvez à toutes les pages de UAncieB eft du Nousreau Testament la notion la plm parfaite de la:. Ilnriâftlié.^Dktu est cekH qui âv/^nul ne peut être semblable à lui.;. deaft poiwqttoi. il n'y a qu*un Dieu, et tout ce qui pr^id son nom. cdmoiet use usurpation sacrilège. Il est un esprit éternel, infiniment pai6SBat,.sage,juste, bon ebmisàncorfUeux; 'A sait tout, il voit tout, il* est psMDttt^ il gouarerne tout. Yoîlà ce premier être dont la notion était si défigurée par le p<^diéisnie,^cet être que. la philo* séphie cherchait, auquel elle était forcée de remonter pour expU^. qiaer le monde idsible, et qu'elle n'osait pas toutefois glorifier enr. présence des peuples. En comparaison de ce langage magnifiquede la KMe, où la eosmaissance de Dieu nous apparaît environnée des» pompes de l'éloquence et de la poésie, combien est petit et vaiii bHangage des philosophes! ceux-ci marchent à tàtons,.ils cherchent, îIa osent à peine présenter leurs pensées sous le voile de l'allégorie eltdu) système. On voit en eux la raison aouf&afite qui a besoin de. remonter à son auteur, maïs qui n'a pas la force de. percer le tiuage épais que les préjugés forment amour d'eUe. L'Ecriture affirme sans hésitations et sans détours, elle enseigne, elle perce de sea traits rayonnants les intelligences; elle, triomphe en donnant la vie attx.sava&ts et aux ignorants. Lorsque cette philosc^hiesubliBie sfô fiât entendre, on reconnaît la voix de celui que Platon appelait, au amours de la raison impuissante, et l'on est contraint d' avouée que ia sagesse antique n? était que le piédbstal de l'Emngile. Ainss, rdatisirement à la connaissance de Dieu, la religioa se concilie {art bien aivec la plus saine philosophie, ou, p^mr mieux £re, elle est là philosophie élevée à sa plus haute puissance et dégagée de tout ce ^'eUeirenferinait.de fiauix et d'incenànn.
]!féu5 pouvons en dire, autant de \à psyehohgie. L'existence de ràfliey sa distiBctioR d'avec kr corps, aonlibre^arbitne, sa destinée fiitBre^ ce sont là. assurément des vérités capitales que la raison pnuk démontrer, contre les matérialistes et les fatalistes, par Xo^" Mrtntion des faits, internes de la conscience humaine. C'est ce qttr fi^nt dûs tous les temps les philosophes sptritualistes; ce»! ceqèefaît dé noS' jours l'école éelectique, d'aceord en cela avee f éeêle catholique, pour acheva d'enscRr^ dans l'oubli le seo«
6oa nutHcuss votmkMMWtxvr
sualisne du siècle préoëdent. Or, consultez à cet égard rensei-
de la religion ; vous y trouverez Forigine ,de l'àme dans le souffle de la Divinité ; métaphore sublime qui nous explique comment cet être spirituel, essentiellement distinct du corps, est créé à limage et à la ressemblance de Dieu, et doué comme lui de la triple faculté de penser, de vouloir et d*agir. Vous y trouver^ le libre arbitre, sans lequel Thomme serait une machine soumise à des mouvements nécessaires, et incapable de bien et de mal moral. Vous y trouverez la destinée à venir de cette âme qui, en sortant du corps, va recevoir le prix de ses vertus, ou le châtiment de ses crimes. Vous y trouverez, en un mot, tout ce qui fait la dignité humaine, exposé avec cette simplicité qui éclaire les es* prits les plus vulgaires, et cette grandeur qui subjugue les intelli* gences les plus élevées. L'enseignement religieux, tel qu'il se produit par le christianisme, explique donc Fhomme, comme il explique Dieu, comme il explique Tunivers. Il est donc la plus belle et la plus haute philosophie, et il résout de la manière la plus satisfaisante les problèmes immenses que la raison a posés dès le commencement.
La morale a fixé aussi l'attention des philosophes. En observant le bien et le mal qui sont en nous, les nobles penchants qui portent à la vertu, et les penchants dépravés qui entraînent au crime, les esprits' attentifs ont été frappés de cet antagonisme dont le cœur humain est le théâtre. Ils ont cherché à nous en donner Pex^ plication par le tempérament, par l'influence des astres, par le climat, par les habitudes privées et sociales. L'un a assuré que l'homme naît tout méchant; l'autre, qu'il naît tout bon, et que la société le déprave. De toutes ces recherches sont résultées des hypothèses contradictoires et des incertitudes sur un point qui est néanmoins bien digne de fixer l'attention du sage. D'un autre côté les croyances de tous les peuples ont supposé un état antérieur à celui dans lequel nous sommes, un âge dCor^ où la vertu régnait avec le bonheur.
Eh bien ! ce fait incontestable de la coexistence du bien et du mal dans Ta me humaine, ainsi que les croyances relatives à Tétat antérieur d'innocence et de félicité, nous en trourf^m rexplication, la raison philosophique, dans l'enseignement chrétien qui nous apprend la déchéance originelle de tous dans la personne d'un seul, en sorte que la force morale de l'homme pour le bien se trouve non pas anéantie, mais considérablement diminuée et contrebalancée par les penchants ignobles de la nature. On aura beau s'agiter en tous sens, on trouvera toujours que si la dégradation
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primitive est un mystère incompréhensible, Tétat actuel de Thuinanité est, sans cela, encore plus incompréhensible et plus inex* plicable.
Si de la morale d'observation, nous passons à la morale de prln« cipe, nous entendrons la philosophie demander pourquoi il y a des choses bonnes et des choses mauvaises. Les uns en ont donné différentes raisons, les autres ont trouvé toutes ces raisons faibles, et, au lieu A' expliquer., ils ont nié la distinction du bien et du mal* Ce dernier système est assurément ce qu il y a de plus méprisable et de plus désastreux. Ce système moral serait, comme nous Tavons dit, le tombeau du genre humain. C'est pourquoi tout ce qu il y a jamais eu d'hommes de cœur se sont ligués pour défendre les principes de justice et de vertu déposés dans la conscience des peuples.
Cependant la religion seule peut nous donner la raison, ou Y explication de la loi morale, en nous faisant remonter jusqu'à la volonté souveraine de Dieu qui approuve le bien et proscrit le mal, parce qu'elle maintient l'ordre qu'elle a établi entre les êtres intelligents et libres. Sortez de là, vous serez obligé d'accepter le fait sans pouvoir eu connaître la cause, ou bien vous chercherez vainen(ient cette cause de l'ordre moral, dans les conventions arbitraires des hommes, dans ce qu'on appelle la raison générale, ou dans l'autorité des législateurs. Voilà donc encore la philosophie qui aboutit à la religion, ou, pour mieux dire, voilà la religion qui nous apparaît comme la vraie philosophie. . Enfin, la constitution naturelle des sociétés humaines a présenté de tout temps des problèmes redoutables. Expliquer les bases sur lesquelles repose le pouvoir, déterminer les limites de ses droits, concilier le devoir de l'obéissance avec le principe de la liberté, etc., voilà quelques-unes des questions capitales qui se rattachent à l'existence de la société. Les philosophes de l'antiquité se livrèrent à l'étude de ces objets, compris sous le nom général de politique. Plusieurs d'entre eux, tels que Lycurgue et Solon, furent des législateurs. D'autres ont laissé par écrit le résultat de leurs méditations sur le pouvoir, sur les différentes formes de gouvernement, sur la liberté, sur les lois, sur la paix et sur la guerre.
Mais, malgré les louables efforts de la raison, malgré les pages admirables d'un Platon, d'un Aristote, d'un Cicéron, etc., on doit convenir que l'explication philosophique de l'ordre social en était encore à ses premiers rudiments lorsque le christianisme vint la compléter et la réaliser dans le monde. La confusion du pouvoir
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spirituel ee de la pnîssance temporelle \ Tesclavage établi partout, te droit de vie et de mort accordé aux maîtres sur leurs esclaves, et aux pères sur leurs enfants, la coutume d^exterminer les natiqns vaincues, et bien d'autres désordres encore, n'avaient pas trouvé ée contradicteurs parmi les philosophes. La raison, laissée à elteméme, n'avait .pu s'élever jus(juà concevoir le plan universel de s^fbrme sociale qu'elle admira^ qu'elle adopta, qu'elle démontra, qaand la religion le lui eut enseigné.
Ifcptds lors, la philosophie sociale, identifiée avec Tenseigneniarit chrétien, fit les prodiges que tout le monde sait. Et quaad cette philosophie se crut assez forte pour répudier la religion et inarcher par des routes nouvelles, afin d'élever les peuples à une perfection et à une félicité inconnues jusqu'alors, elle prit pour point de départ, au mépris de tous les faits, le prétendu état de nature, et obtint pour résultat logique le bouleversement des na* lions et une anarchie sanglante.
Ainsi', je le répète, Ik religion nous donne lés vraies explicaiUmsy cherchées si longtemps, et trouvées d'une manière bien imparfaite par la philosophie, sur le monde, sur Dieu, sur Tàme de f honnne, sur Ja morale et sur la constitution dès sociétés humaines. Qui pourrait donc empêcher la religion de se concilier avec la philosophie? qui pourrait empêcher le chrétien d'être philosophe, ouïe philosophe d'être chrétien? La religion donne par voie d'ensei^ement les explications importantes que la philosophie cherche par voie de raisonnement. Où est la contradiction? on parvient afu même but par deux chemins divers, par la foi qui enseigne et par la raison qui- démontre; la raison sait quelle a besoin d'un appui, que quand elle s*est isolée de la religion elle a été condoite à des spéculations chimériques, et que quand elle est restée unie à TareRgion, elle a brillé d'un éclat immortel. La religion, de son côté, ne repousse pas les conceptions scientifiques; elle aime qu'on explique tout ce qui est explicable ; elle aime qu'on recherche les iètits (k la nature et de Thistoire, qu'on examine les traditions. Tes coutumes, les institutions des peuples, pour en tirer des conséquences qui tôt ou tard confirment ses enseignements. Elle s'envi-
* Les esSdrH» bornés oot beaucoup loué Senri YIII d'd?oir rétabli cet état de cboses au xvi* siècle, et se sont extasiés sur le ^rand progrès iotellectuel q|ie UAnflctern! fit en soumettant ses croyances et s^s pratiques religieuses au Jtigimeiit derscs m» et de se» ceioes. Or,, ce fbt là simplement un retour «tt despotisme exorbitant doot jouissaient les empereurs romains sous le pag^ni^nie. Ce qu'il y a d'étonnant« c^e^t que cette révolution religieuse s'opâra au de Iki Mberêé de consenMee,
i!oniie avec vm vehit lorgiieîl des .travaux et cks dééounnrtesiâe'eeà ^smck .pktloflaphes len qui xé^idait la foi iwftee la ooD^îotioK s éBà ^poseîdor jsoftenee ¥«rîlaUe à la sGftence'&ttste ou iDeoÉiplèifide /fHi^a qui Ia«Qomhattent; «t ce qu il jr a de ranaiiquable, câ»t>ifÊit ttûnUe philosophie qui méiâle bien de ia.reIigio% mérite bien. de Xbymaittté.
/ Melehior Ganua, J'un des éonyains les plus sarramts et les plu» âég&nts de 1 école catholique, a eaauniné au livre IX de son Traàté des lieux ikéologiques \ de ^quelle importance est la philosophie dans 1 étude et lenaeignement de la religion* U passe «n vevue let réfute deuxopinim» égalenient exagérées : Tune, qui n accorde de force quaux raisonnements philosophiques, et qui néghge lusage de rScriture et de la tradition ; Tautre, qui n'admet que les témoignages de l'Ecriture et des amciens éaivains, et rejette tous les arguments naturels comme s'ils étaient -enmemîs de la théologie.
En parlant des partisans de la première opinion, il les compare à ceux dont parle Ëuaèbe \ qui, lorsqu'on toaitait devant 4buk quel- ' que sQJet d'après les saintes Eorituvesi examinaient uniquement à. quelle espèce de syllogisme on pouvait le rapporter. Il dit que, de son temps, il y await au s^n des Acadéimes un ^nd nombre >dç docteurs qui traitaient presque toutes les questions théologiqœs^ par des raisonnonesits sophistiques et pleins d'inepties. « Je ne puis, ajaute-t-il, le dire sans Terset èes larmes, le démon a fait ^en sorte quai époque ou les théologiens deXécole devaient être munn d'armes solides pour repousser leshéxésies qui s'élançaient du fbntf de la Germanie, ils n'eussent, pour défendre la foi, que de longs roseaux, armes légères à l'usage des enfants. C'est pourquoi ces ^hommes, qui n'avaient de la théologie que le nom, combattirent avec désii<vantage les ennesms de TEglise. Depuis longtemps ila mettaient leur esprit à la torture pour l'exercer dans l'ait du so^* f hisme^ tc'est pourquoi, lorsqu'ils albordaient la théologie, ik n'eé poursuivaient-que l'ombrejet la fumée. » Ce docte personnage eo» dut qu'il ne faut pas enchaîner .les dogmes de la foi dans les xai«sonnements humains; que la théologie proprement dite découle tdip l'autorité divine, et qu'on loi ote m fonee, aon autorité, laon étne même, lorsqu'on .traite des ^ofa^^ qu elle .enseigne sans ooonaià» les livres sacrés^ les tradîldo»s apostoliques, les décrets des momciles et les témoignages des anciens fières,.
Mais il repousse aussi l'excès opposé des adversaires de la phi-
* Mtlçhlo^léCAUU deT^is theoiogwis\ïbndaoéscimi<j0^ogw, 1S03. ]
* Hisf. ecci., lib. Y, cap. ultimo. •♦- ; » *
losoplM pv des TMSOBft Bombieastt el sdiiki. D dSt que ces hoÛKfabasaitdes téoMHgBiyes des Pères et de l^Ecriture, pour pRrarer leur thèse eRonée, et pour condure que la doctrine par* finte de J^sus*Christ n'a pas beMnn du secours de la philosophie, c Luther, dit-il, qui fit un ^aste magasin de toutes les hérésies passées, posa en prindpê, non-seulement que la philosophie est inutile et noisSile au théologien, mais ilrejeta toutesles sciences spéculatiTes conme autant d'erreurs ^.» Après lui, GoméUus Agrippa, le plus vain <le tous les hocnurs, dans son Imeintitulé de la Va* mité deâ srtoMws, dédaia la guerre nonsfulfuicnt à la philosophie, mais enoore à toutes les connaissances dÊvioes et humaines.
Melchior Ganus montre ensuite que la fin ne craint pas et ne repousse pas la raison.
« Fermer l'oreille à tout raisonnement naturel, c'est Unifier dans une grande erreur. Lorsqu'il arrive au théologien de phifosopher sur les choses humaines, c'est-à-dire sur les objets qui sont à.p(»tée de nos facultés de connaître, pouTons-nous écarfeer de la théologie les raisonnements naturels, à moins de nous dépouiller de l'humanité? En accordant que la religion n'ait pas besoin de ces appuis, pouTons-nous exiger que le théologien se renferme dans la science divine, de telle sorte que, dans les choses humaines, il ne fasse que se tromper, s'égarer, s'aveugler, perdre le bon sens? Mais si vous ôtez la raison naturelle, quelle différence y aura-t-il, je ne dis pas entre le théologien et Fhonmie inculte, mais entre le théologien et une brute, ou une pierre, ou une bûche, ou toute autre chose semblable ? Or, cette raison humaine, que devient-elle, si elle ne possède ni la philosophie, ni aucune des règles qui doivent la conduire..... Quiconque s'adonne à l'étude de la théologie, de telle manière qu'il n'ait rien de commun avec la raison naturelle, et qu'il n'apprécie tous les points de cet excellent enseignement que d'après le témoignage de l'Ecriture, s'il persiste dans cette opinion, et qu'il ne soit pas quelquefois vaincu parla force de la nature, il ne pourra
cultiver ni défendre la théologie, ni la foi, ni rhuraanité C'est
pourquoi, dès que les hommes discutent, ils ne doivent ni ne peuvent écarter la raison sans cesser d'être hommes; car, de quelque côté qu'on se tourne, la raison touche à tout, sert à tout, et elle n'est étrangère à aucune controverse. C'est pourquoi ceux qui rejettent l'usage de la raison en théologie, rejettent par là même toute
* Les naïfs admirateurs de Lather, qai le regardent comme le restaurateur de la raison humaine, nUmaginent guère quUl dtait rennemi Juré de la plir<r losophie et des Kieoces.
DB raiiiOSOPHiB GHAiTiBJtiis. 6oy
discussion; cependant, sans discussion, on ne peut discerner ni comprendre ce quil y a de vrai dans chaque diose.'Dohc,il me semble que la raison^ base naturelle de toute discussion, est nécessaire parmi les théologiens. La grâce ne détruit pas la nature, mais elle la perfectionne; la nature ne rejette pas la grâce, mais elle la reçoit. D'ailleurs, il y a dans les principes de la théologie beaucoup de choses qui ne peuvent être comprises et développées que par Imtervention de la raison naturelle. La théologie elle-même n est autre chose, d*aprè$ le sens du mot,qu un discours ou raisonneqnent sur Dieu. Pour la définir, d*après les anciens, selon sa nature, nous dirons qu'elle est la science des choses divines; or, la science ne s'acquiert que par le raisonnement, comme Âristote Ta démontré. Si -nous ajoutons à cela, comme nous pouvons le faire, qu il n*y à presque rien dont TEcriture ne fasse mention; quelle parle de l'ange, de Fâme, de Tair, du feu, de Veau, du ciel, de la terre;on sera contraint d'avouer que le théologien ne peut expliquer ces choses d'une manière solide et brillante, sans posséder la philosophie, c'est-à-dire l'intelligence des œuvres de la création. C'est donc ôter à la théologie son plus bel ornement, que d'en retrancher la philosophie, nécessaire non-seulement à la culture de l'esprit, mais ën^ core à l'étude de l'Ecriture sainte. A mon avis, tout objet d'étude théologique réclame le secours de la raison, mais surtout celui où il est question des choses naturelles ; or, c'est ce qui arrive souvent. Sans parler des préceptes que la doctrine sacrée enseigne pour diriger convenablement la nature, des vices contraires à la raison qu elle condamne (par où l'on voit que dans ces points il faut être insensé pour mépriser le secours de la raison, de la nature, de la philosophie, afin de persuader le bien et d'inspirer l'aversion du mal, soit qu'on discute au sein des écoles, soit qu'on porte la parole en public), il est certain, en outre, qu'il se trouve dans les saintes Lettres beaucoup de choses renfermées dans le cjercle de la philosophie, de l'arithmétique, de la géométrie, de la géographie, de l'astronomie, et qu'on ne peut expliquer sans le secours de ces sciences. Les Livres sacrés, eu gênera, mais surtout ceux où Salomon, David, Job et les autres prophètes ont parlé, sont remplis d'exemples qui nous montrent la puissance et la sagesse de Dieu exaltées par les merveilles de la nature^ qui sont expliquées dans les sciences humaines. Donc^ celui qui met de côté tout usage dé la raison, et qui se propose d'établir tout par l'autorité, ne peut être ni homme, ni théologien. C'est pourquoi le blâme si déplacé d'un usage tellement nécessaire est extrêmement répréhensible. Il y a datid les choses humaines une philosophie dont l'utilité est recon*
nue par tôt» kftecrivmns eçdesias^ciiieB, /quoique hoûker la méprise^ et la traite dostcatattoii cbimérique ^ »*
Dans les tnois idiapîtres sùiyants, rantewr- examine en détail les ^ différents usages qu'on peut faire de la philosophie dans Tétude et l'enseignement de la religicm, la manière dont les saints Pères en ont usé, et comment les apôtres eux-*niémes leur en airaieiA donné rexemple. Il termine ces détails pleins d'intérêt par exposer, d-après Cicéron,Ies deux excès :qu'il faut ériter dans lusage de la plulo- .aophie : c est deprendserincomiu pour le connu, et rkieeitain pour le certain* Il donne d'excellents conseils aux maîtres et aux élèves; il se prononce avec £brce contre les subtilités de TEcole, dont nous arons parlé ailleurs ; subtilités qui n'étaient que des singeries philosophiques. « J'ai étudié longtemps, dit-il, ces puérilités^ je rou« .girais d'avouer que je n'ai pu les oomprendre, si ^eeux qui les enseignent les comprenaient eux-mêihes. »
i*ai reproduit avec plaisir les paroles de >ce&homme'r€4narquahle, pêÊce qu elles expriment la pensée de tous les gens -sages sur fac- 'Card de la religion avec la p^losophie. Partout ou oes deux poiseonces s'uniront, le genre humain s'élèvera à ses grandes destinées; partout où la science se mettra ^en hostilité contre la foi, le monde «Bsalivré à toutes les erreurs et menacé des plus grandes calamités. . Ainsi, comme le philosophe aurait tort de répudier la vérité en matière de religion, l'homme religieux aurait tort de rejeter ht philosophie ou l'esprit scientifique. Les docteurs de l'Eglise en ont Ait usage d'une manière d'aiitant plus avantageuse, qae leur raison, dirigée paSr renseignement chrétien, a cfacosi ce qu'il y .avait de bon, et laissé ce qu il 7 avait de mauvais dans les philosophes. Il séscdte de là qyi^ les principes fondamentaux de la religion, de la morale et de la société sont étabhs sur une suite de raisonnements qui s'enchaînent les uns aux autres, et qiri conduisait lïiomme de jbonne foi de l'idée de sa propre existence jusqu'à la vérité de J'Eg^ise catholique. Reproduire ces raisonnements leb qu'ils se tmuvent dans les aulcun les {dus remarquables, en y joignant nos •observationa; mettre en pega^d de cette plùlosopfaie chrétienne, où tout se tient etis'aeeorée admirablement, les contradictions et ies absurdités de la philosophie antireligieuse, tdle est la tàcbe que nous avons àrenqilir dans notre Cows dé ConÊroperse.
4 De loc^ iheol,^ lib. IX, c. i, ii, iir, iv. '
^•^ FIN M tOMR namiesL. «— ^
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