IX. Examen particulier de la nature
Après ces comparaisons, sur lesquelles je prie le lecteur de se . consulter simplem^it soi-même, sans raisonner, je crois qu'il est * temps d'entrer dans le détail de la nature. Je ne prétends pas \a pénétrer tout entière. Qui le pourrait! Je ne prétends même en- , trer dans aucune discussion de physique. Ces discussions supposeraient certaines connaissances approfondies, que beaucoup de , gens d'esprit n'ont jamais acquises; et je ne veux leur proposer que le simple coup d'œil de la face de la nature; je ne veux leur parler que de ce que tout le monde sait, et qui ne demande qu'un peu d'attention tranquille et sérieuse.
X. De la ktractore géDérale de l'univers. Arrêtons-nous d'abord au grand objet qui attire nos premiers
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regards; je veux dire la structure générale de Tunivers^ Jetons les yeux sur cette terre qui nous porte. Regardons cette voûte immense des cieux qui nous couvre, ces abîmes d'air et d'eau qui nous environnent, et ces astres qui nous éclairent. Un homme qui vit sans réflexion ne pense quaux espaces qui sont auprès de lui, ou qui ont quelque rapport à ses besoins. Il ne regarde la terre que comme le plancher de sa chambre, et le soleil qui 1 éclaire pendant le jour que comme la bougie qui Téclaire pendant la nuit. Ses pensées se renferment dans le lieu étroit qu il habite. Au contraire, Vhomme accoutumé à faire des réflexions étend ses regards plus loin, et considère avec curiosité les abîmes presque infinis dont il est environné de toutes parts. Un vaste royaume ne lui parait alors qu un petit coin de la terre ; la terre elle-même n'est à ses yeux qu'un point dans la masse de Tutiivers ; et il admire de s'y voir placé sans savoir comment il y a été mis.