‹ Cours de philosophie de l'histoireChapitre 22 sur 55 · COUDS UE PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

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sentiment. Sa beauté est celle d’une femme délicate et frêle dont les joues sont teintes d’un léger incarnat, on dirait d'un souffle de l’àme, et dont les traits et la bouche sont mous et tendus. Je ne sais, messieurs, si vous avez jamais vu ce célèbre tableau de Schoreel , le peintre aux rayonnantes couleurs. La Vierge sainte est couchée sur son lit de mort, belle de sa beauté première ; déjà son esprit immortel s’élève vers les célestes régions, tandis que sa face radieuse sourit un dernier baiser d’adieu à la terre. Tel est le portrait de l’Inde, l’empire des rêves et des molles affections. Mais si jamais nous mettons le pied dans ce parquet de fleurs avec nos idées de liberté et de dignité humaine , alors , ô douleur , le désenchantement sera complet : adieu les rubis et les perles, et les riches tissus, et les essences précieuses, et l’huile de rose, et les éléphants, et les bosquets aromatiques !

Lorsque Alexandre , poussant scs conquêtes jusqu'au fond de l’Inde, eut enfin réalisé au gré de ses ardents désirs la marche fabuleuse de Bacchus escorté de ses bacchantes, les Grecs trouvèrent cndeçàdu Gange un pays vaste, fertile, d’une culture admirable , fortement peuplé , couvert de villes florissantes et partagé en divers États plus ou moins grands; mais ils tirent de vains efforts pour pénétrer au delà et pour atteindre au terme où aspirait l'ambition de leur prince. Ils trouvèrent les Indiens divisés en castes héréditaires à peu près comme aujourd’hui, si ce n’est qu’ils en distinguèrent sept au lieu de quatre. Ils remarquèrent aussi le schisme qui divisait le pays en deux partis ou sectes, les brahmanes et les samanéens. La première de ces deux sectes, encore subsistante , mieux établie , plus étendue cpie les autres, et les dominant toutes, professe le culte de Brahma, de Vichnou et de

DE L’HISTOIRE

Sliiva , si remarquable par son dogme de la transmigration des âmes , lequel influa si puissamment sur toutes les autres conceptions et sur les diverses tendances de la philosophie indienne, ainsi que sur toute la vie de ce peuple.

Sous la dénomination grecque de samanéens , nous devons entendre assurément les bouddhistes, puisque les disciples de Fo, chez les nations demi-barbares de l’Asie centrale, donnent encore ce nom de chamans à leurs prêtres, réduits chez eux au triste râle de magiciens et de jongleurs, comme tous les prêtres des autres nations païennes , pareillement placées sur le dernier degré de l’échelle de la civilisation et plongées dans la dépravation la plus profonde et dans toutes les extravagances de la superstition. Avant d’être avili de la sorte, le nom de Bouddha, qui appartient à la langue des Indiens, et que nous retrouvons à chaque instant dans leurs livres de piété et de philosophie, renfermait un sens profondément métaphysique qui s’est encore conservé dans le sanscrit. Il désigne ce repos de l’esprit, ce goût intérieur, cette entière quiétude de l’àme, nécessaire à l’homme pour consommer son union avec Dieu , et l'unique voie pour arriver à lui.

En général , tous les noms donnés à Bouddha , aux ministres de son culte , ou aux doctrines et aux mystères de cette religion sont indiens, tant au Thibet et chez les peuples mongols, qu’au Siam, au Pégu et au Japon. Bouddha, que les Chinois, par une abréviation singulière, ont transformé en Fo, glorifie et célèbre la divine sagesse qui , selon les traditions et les croyances de ses disciples, brilla en lui par des signes manifestes et éclatants. Outre les bouddhistes, qui se trouvent en grand nombre dans plusieurs

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