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COURS DF. PHILOSOPHIE

ments au peuple, dont les mauvaises actions sont écrites avec des griffes de fer, et gravées dans les montagnes avec des diamants; mais enfin Jéhovah lui verse la coupe de vin pleine de courroux, pour qu’il la répande sur Jérusalem et sur Juda, et sur leurs rois et sur leurs princes , afin qu’ils boivent et qu’ils se soûlent, et qu’ils deviennent insensés devant le glaive qu’il envoie parmi eux, et que leur ruine éclate comme un orage, et que Babel, le marteau de l’univers, détruise la cité orgueilleuse, et que Jérusalem succombe sous les coups redoublés de Nabuchodonosor, qui moissonnera la fleur de sa jeunesse, violera ses femmes et laissera mourir ses enfants dans la misère. Puis seul au milieu des ruines, au milieu des décombres, il entonne les chants mélancoliques de l’élégie.

Mais voici venir, comme une flamme du ciel , le sombre et brûlant Ézéchiel. C’était une grande et forte nature; son imagination ressemblait à une fournaise ardente dans laquelle bout le métal liquide. Son style est éminemment oriental, aux figures hardies , aux images reproduites jusqu’à la satiété, aux paraboles et aux allégories choquantes, mais souvent pleines de noblesse et de grandeur. C’est Dieu qui l’a placé en \igie sur le peuple d’Israël. Une main mystérieuse envoyée vers lui , lui avait tendu un livre roulé et l’avait ouvert devant lui, et voici, il était écrit en dedans et en dehors ; et il y avait écrit des lamentations, des gémissements et des malédictions. Couché trois cent quatre-vingt-dix jours sur le côté gauche, Ézéchiel a porté le péché d’Israël, et quarante jours sur le côté droit, les crimes de Juda, et tout ce temps-là, il a mangé du pain impur; ensuite il s’est levé et il a répandu ses visions depuis les rives de l’Euphrate : « Le glaive est prêt et aiguisé pour frapper Jérusalem, la grande pécheresse; le feu de la co-

1ère céleste la fondra comme de l’argent, et la famine et la peste viendront sur elle. » Il prophétise aussi contre Tyr qui s’épand comme un chérubin et couvre au loin la mer et les îles, et contre Pharaon, le dragon de l’Egypte, et contre les Libyens et les Éthiopiens, contre Gog et Magog, afin que, comme les cèdres d’Assur, ils aillent aux enfers, où gisent les fils d’Édom et leurs rois et tous les princes de minuit et leurs bataillons égorgés. Quand toutes ces vengeances Seront accomplies, le Seigneur se dira satisfait et le peuple juif sera comme un champ couvert d’ossements arides, qui n’attendent que la chaleur du souffle prophétique pour s’animer, se dresser, s’unir et former une moisson vivante.

A côté d’Ézéchiel se signalait ce Daniel, qui expliqua le rêve colossal de Nalmchodonosor et l’arrêt de mort de Belsçatsar, et pour qui l’exil devint une source de gloire et d’influence morale.

Que si les éternels partisans de l’opposition politique veulent au moins une fois s’élever au-dessus des formes qu’elle présente habituellement, que s’ils veulent retrouver dans ce mot quelque chose de plus que le sens moderne n’y attache, qu’ils considèrent attentivement Élie, et ils pourront reconnaître et admirer dans cet homme, plein d’énergie et d’un zèle brûlant pour la cause de la justice et de la vérité, c’est-à-dire pour Dieu, un modèle d’opposition tel que n’en offre guère aucun autre caractère connu, soit dans l’histoire des anciennes républiques, soit dans les annales des monarchies constitutionnelles.

Des douze petits prophètes, le plus grand nombre, c’est-àdire Joël, Jonas, Autos, Osée, Michée, INahum, Sophonie, Habaeuc, se présentèrent, soit avec, soit après Isaïe; et avant la chute de la nation, quatre autres, Obadia (Abdias), Haggai,

(Aggée), Zacharie, Malachie (Malachias), la consolèrent dans les malheurs du bannissement ou la dirigèrent après son retour dans la Judée. Quoique ces divers orateurs appartiennent à une période de plusieurs siècles et que l’expression de leur pensée diffère suivant le génie de chacun d’eux, suivant leur éducation reçue en Palestine, ou sur les confins de l’Égypte, ou en Mésopotamie, au milieu des Babyloniens, des Mèdes et des Perses, cette pensée est la même chez tous : c’est celle que la corruption du peuple de Dieu, son amour poulies mœurs et les dieux de ses ennemis, n’est pas une défection politique, mais une infidélité morale et le plus ingrat abandon de cette révélation sublime, de ce grand dogme du monothéisme, qui n’est populaire que dans la seule nation de Dieu, que les autres peuples anciens n’osent pas même proclamer dans leurs mystères, que leurs philosophes laissent à peine entrevoir à leurs disciples les plus intimes.

Si le langage des prophètes est sublime par la hardiesse des pensées et par la grandeur des symboles, celui des poètes sacrés ne l’est pas moins par l’énergie des sentiments et la pompe tout orientale des images. On pourrait dire que la poésie est presque le langage naturel des écrivains de l’Ancien Testament, tant elle éclate fréquemment dans leurs pages, témoin les psaumes de David et le cantique de Salomon. Le peuple, les femmes même, avaient pris dans leurs habitudes religieuses le goût de la poésie lyrique. Les prophètes ont retenu ce feu sacré jusqu’au delà des temps de l’exil. Dans toutes les prières, dans les hymnes, dans les odes dont se compose le recueil des psaumes, se reproduisent aussi les mêmes idées que recommandent les prophètes : c’est la confiance et la soumission laplusentière aux volontés et aux décrets de Jéhovah ;

c’est la foi la plus absolue en son amour, en sa protection ; c’est le mépris de tout autre culte, de tout autre Dieu, de toute pensée qui n’est pas lui ; c’est aussi , dans cette confiance , le mépris de tout ennemi et de tout danger.

Toutes ces hautes inspirations religieuses appartiennent à une période de onze siècles , comprise entre l’époque de Moïse et celle de Malachie, ou entre l’an 1312 et l’an 400 avant notre ère. Dans ce long espace de temps, le code sacré du peuple de Dieu réfléchit l’état moral de ce peuple dans les phases diverses qu’il a subies.

Les trois livres des Machabées racontent les valeureux efforts que fit, de l’an 173 à 136 avant notre ère, cette glorieuse famille de héros qui se dévoua à la grande cause de l’affranchissement des Juifs subjugués par les Scleucides, cause qui était celle de l’indépendance religieuse comme de la liberté nationale. Le livre de Judith est une sorte de monument religieux élevé en l’honneurd’une femme dont l’héroïque dévouement a sauvé la nation et la religion. La Sagesse de Salomon développe cette sublime pensée que l’amour de Dieu ou la crainte de l’offenser est la vraie sagesse; que l’indifférence, l’idolâtrie et le vice constituent une sorte d’aberration intellectuelle, de folie, de démence. Un livre prophétique, celui de Baruch, adressé aux exilés de Babylone, forme la clôture de cette partie intermédiaire delà Bible, qui n’offre plusqu’un reflet des anciens temps d’enthousiasme et d’inspiration, de ferveur et de gloire. Cela devait être : c’est une époque de décadence, c’est l’ancienne alliance expirant devant une alliance nouvelle (f).

(1) Voir, sur tout ce qui précède, VEncjelopêtlie des gens du monde ,

Cette alliance nouvelle, longtemps prédite par les prophètes, se résume en peu de mots, simples et clairs : Y r ous êtes tous fils du même père, aimez-vous donc commedcs frères. « Quand même je parlerais toutes les langues des hommes, dit saint Paul, et même des anges; si je n'ai point l’amour qui relie (la charité), je ne suis que comme l’airain qui résonne, ou comme une cymbale qui retentit. Et quand même j’aurais le ilon de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et la science de toutes choses; et quand même j’aurais toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, si je n’ai point l'amour qui relie, je ne suis rien. Et quand même je distribuerais tout mon bien pour la nourriture des pauvres, et que je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n’ai point l'amour qui relie, cela ne me sert de rien (I, Corinth., xm, 1-4) (t).» Ainsi

article Bible, par M. M aller ; et Gorres, Mythe ngeschichte lier asiatischen M-'ett, l. II, p. 806 et suiv. On me pardonnera, j'espère, tous ces emprunts. Ce n’est pas ma faute, assurément, si je ne puis dire autrement aussi bien que les écrivains émineuls qui m’ont servi de modèles ou de guides , et si , en désespoir de cause , je leur ai DÉKOBÉ tant de fois leurs propres expressions.

(1) C’est, en effet, l'esprit de douceur, de conciliation, d’humilité, qui forme la base de la doctrine chrétienne , cl que ne peuvent donner ni les supplices volontaires du faquir, ni les macérations et les jeûnes du cénobite. Aussi a-t-on dit , avec raison , que nulle part cette loi de tendresse et de dévouement, d'abnégation et de charité n’a été entièrement et sincèrement appliquée. Mais à qui la faute que, sous ce rapport, les promesses divines du Christ n'ont pas été réalisées? A qui la faute que, sous ce rapjHirl , on a voulu reléguer l’Évangile dans l’empire de l’Utopie? A coup sûr ce n'est pas à nous laïques , mais au corps formellement institue pour humaniser chrétiennement la société. Si le clergé voulait, comme c’est son plus strict devoir, remplir cette noble, mais difficile mission.

DE L’HISTOIRE

l’amour de l'humanité, voilà le ton fondamental de l’harmonie chrétienne j l’esprit sanctifié par cette noble passion, par cette grâce sublime, voit dans Dieu un père, dans les hommes des frères, dans tout ce qui est doué de la parole la grande famille de l’humanité. Voilà le vrai christianisme. Arrière donc le faux christianisme ; arrière donc les étroites idées d’individualisme, de patriotisme, de nationalisme ! tous les hommes sont fils du même père et sont frères en Christ. L’apôtre saint Paul n'a-t-il pas écrit ( Épitre aux Galates) que Dieu ne regarde pas les personnes, mais qu’il aime tous les peuples qui le craignent et font le bien? Le Christ lui-même n’a-t-il pas dit : « Il n’y a que celui qui fera la volonté de Dieu qui sera mon frère, et ma sœur et ma mère. » ( Saint Marc, m, 35.) Et ailleurs : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous au royaume des deux; mais celui-là seulement qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux. » (Saint Matthieu, vu, 21.) Qu’importe donc après cela, que vous soyez disciples de Paul ou disciples d’Apollos ( Saint Paul, I, Corinth., ni, 4); qu’importe que vous soyez schismatiques, luthériens, catholiques, Grecs, Russes, Germains, Français,

il n'aurait pas le temps de s'occuper d’intrigues politiques et de brigues électorales. Prêtres de tous les cultes chrétiens, prêtres surtout du catholicisme , écoulez bien ceci : <■ Ce n’était pas la science, ce n 'était pas la puissance qui manquaient aux hommes contemporains de Jésus de Galilée; c’était l’amour, c’était la loi du cœur. Jésus leur ouvrit ce livre, l'Évangile apprit aux hommes à s’aimer. Donc, vous, comme la religion, vous ne l'éprendrez votre empire que du jour ou vous serez, non pas plus riches, plus puissants, plus instruits que nous . mais du jour seulement où vous serez plus aimants, c'est-à-dire plus doux , plus conciliants, plus humains que nous. »

Belges, pourvu que vous soyez chrétiens, et vous êtes chrétiens dès que vous pratiquez le difficile et sublime devoir de la fraternité , ce signe indélébile du vrai christianisme? Arrière donc ce faux christianisme qui fait toujours prévaloir le dogme sur la morale, le culte sur le sentiment, la forme sur le fond, les arguties théologales sur les enseignements évangéliques !

Ce n’est pas tout : le règne de Dieu n’est pas hors de nous, mais il est dans nous, a dit le Christ; par conséquent, félicité réelle dans ce monde comme dans l’autre : voilà le vrai christianisme; arrière donc le faux christianisme, qui prêche le jeune , les macérations , les douleurs comme moyens de salut !

L’accord de la doctrine évangélique avec la raison et la nature, ces deux révélations de Dieu dans le monde fini, voilà le vrai christianisme, tellement que saint Marc a mis la déraison, c’est-à-dire l’ignorance, au même rang que le vol, la fourberie, la méchanceté et l’envie. Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait, voilà le principe fécond du progrès, voilà le vrai christianisme; arrière donc le faux christianisme, qui veut perpétuer l’ignorance des masses, proscrire la philosophie et établir ce principe atroce que la Providence a parqué fatalement la société en savants et en ignorants, en riches et en gueux (1), et fonder l'absolu pouvoir d’un seul ou de

(1) M. de Decker, l’un des directeurs de la Revue dite de Bruxelles, s’est emparé de ce sophisme de Voltaire, et lui a donné, dans celle Revue, d’admirables développements. Il y a des gens qui me rappellent la savanlc assemblée laquelle demanda un jour la solution de cette question fameuse : La misère et l’ignorance existent-elles , et à quels signes peut-on tes reronnaitre?

DE L’HISTOIRE

quelques-uns sur l’abrutissement et la misère de tous les autres!

A nous donc qui embrassons de tout notre amour les immortelles doctrines du Christ; à nous donc qui avons écrit sur nos drapeaux, non pas le vain mot de liberté, mais ceux d’amélioration physique, intellectuelle et morale de tous sans exception, à nous l’honneur d’être de vrais croyants, de vrais chrétiens. Que les coteries rétrogrades de nos adversaires nous jettent à la tête leurs reproches accoutumées d’incrédulité et de panthéisme(l), nous n’en répéterons pas moins notre

(1) J’ai été traité tour à tour de panthéiste, de voltairien et de sainlsimonicn. Ainsi les Védas de l’Inde, les écrits philosophiques de Voltaire et le nouveau christianisme de Henri Saint-Simon , tout cela n’est qu’une seule et même chose. O sanctà simplieiku ! Ensuite , qu’y a-t-il de plus usé ; de plus nauséabond que ces sempiternelles déclamations contre Voltaire cl les saint-simoniens, déclamations qui tout au plus peuvent faire peur aux enfants et aux vieilles femmes de Louvain? Du reste , sans être voltairien, je sais quelque gré au spirituel sceptique de Fcrncy, car

Plus de fagots à faire,

C’est la faute de Voltaire.

Quant aux saint-simoniens, jamais je n’ai professé leurs doctrines religieuses; mais je suis entièrement d’accord avec Henri Saint-Simon, alors qu’il accuse le pape et son Eglise (mais non pas la religion catholique, que l'on m’entende bien ; car je trace la ligne de démarcation la plus profonde entre l’essence cl la formule de cette religion sainte et sacrée et les fatales aberrations de ceux qui l’ont si indignement fourvoyée), alors donc qu’il accuse le pape et son Eglise d’hérésie sur deux chefs capitaux; 1<* la mauvaise direction donnée aux études des séminaristes, et par suite, l’ignorance et l’incapacité religieuse des desservants du culte ; 2" l’autorisation occulte ou patente accordée à deux institutions diamétralement opposées à l’esprit du christianisme, celles de l’inquisition et des jésuites; deux

COUHS DE PHILOSOPHIE

de\isc si pleine de foi et d’esprit divin : Marchez, frères,

frères chéris , marchez tous, vous arriverez dans ce monde comme dans l’autre! »

Maintenant, messieurs, il ne me reste plus qu'à vous remercier de l’empressement que vous avez mis à assister à ces leçons et de l’attention soutenue que vous avez bien voulu me prêter (1). Il n’y a pas encore longtemps, d’habiles sophistes s’emparaient d’une chaire de professeur pour la changer en une tribune d’opposition au gouvernement, dans le noble but de se faire absorber par de bonnes et lucratives positions. Telle certes n’a pas été mon intention : vous le savez, messieurs, le gouv ernement est resté constamment en dehors de

erreurs, deux hérésies destructives du principe fondamental de la révélation chrétienne : « Aimez vous les uns les autres »; et j’applaudis des ■nains et du cœur à cette autre formule de Saint-Simon : « La religion doit diriger la société vers le grand but de l’amélioration la plus rapide possible du sort de la classe la plus nombreuse cl la plus pauvre; » sentence de paix et de fraternité, d’amour et d’union, qui, à elle seule, me parait CENT MILLIONS 1)E FOIS PLUS orthodoxe, c’est-à-dire plus conforme à la sainte doctrine de l’Évangile, que renseignement théologal de tous les séminaires, y compris l’université catholique.

(1) Le nombre des auditeurs était régulièrement de 500, c'est-à-dire autant que la plus grande salle de l’université pouvait en contenir; mais il y en aurait eu plus de 5,000, s’il y avait eu un local assez grand. O mes amis les ennemis, que je vous rends grâce ! C’est par vous que j’ai appris à connaître l’esprit public, que j’ai pu me convaincre combien les idées vraiment libérales ont marché depuis 1850. et combien vous avez perdu. Peut-être ceux de Louvain m’opposeront-ils le nombre considérable de leurs élèves. Ouelle merveille, quand ils ont plus de bourses que d’étudiants !

nos débats, et quand il fallait éclaircir les questions sociales par des faits contemporains, je les ai toujours puisés dans un pays voisin. Ce n’est pas non plus dans le dessein frivole de capter les faveurs de l’opinion publique que j’ai agi ; dans l’état actuel de la science en Belgique, il n’y a guère de faveurs à conquérir à l’aide de la philosophie de l’histoire (1). Ce que je voulais, c’était réaliser une idée, et réaliser une idée, c’est faire œuvre de Dieu, c’est créer ; or, Dieu ne trouve sa récompense qu’en lui-même. Je ne pouvais souffrir qu’avec tant d'autres monopoles, nos loyaux antagonistes eussent encore celui de la calomnie (2). Chaire contre chaire, tribune contre tribune, publicité contre publicité, telle devint alors

(1 ) Cette étude , on le sait , est entièrement, je dirais presque scandaleusement négligée chez nous ; mais il y a de quoi hausser les épaules quand on voit de pauvres petits pédants de collège traiter cetlc science des sciences avec un dédaigneux mépris , et , du haut de leur grandeur, opposer leurs abécédaires d’histoire aux conceptions pyramidales d’un TIégcl !!!

(2) Longtemps j’avais résolu de ne faire aucune réponse aux perfides attaques dirigées contre mes publications. Mais les adversaires ne cessaient de crier: « Combattez, réfutez nousdonc, si vous le pouvez! » Rompant enfin le silence, j'ai voulu répondre; mais le public a clé témoin de la conduite loyale de la Revue dite de Bruxelles a mon égard. Ces leçons, je ne l’ignore pas, n’échapperont point non plus à la rage de nos ennemis; mais, au moins , le lecteur sera maintenant averti que je sais répondre et que je veux répondre, mais que les agresseurs veulent avoir la parole seuls et me mettent dans l'impossibilité absolue de leur fermer la bouche. I)u reste, ils n’en pensent pas moins parvenir à leurs fins , en se montrant fidèles au précepte de leur digne maitre : « Calomnie , Basile, il restera toujours quelque chose ! » — On trouvera ma seconde réponse à la Revue dite de Bruxelles dans l’Annuaire des Étudiants de l’université libre, de celle année.

mon inébranlable résolufion (1). C.e que j’ai commencé celte année, j’espère le continuer l’année prochaine (2).

(1) Ce qui m’a heurté le plus dans les attaques des professeurs de Louvain, c’est le pédantisme et l’outrecuidance avec lesquels ils ont traité les plus grandes illustrations de l’Allemagne. M. Moeller n’a-t-il pas dit à peu près que les cordons de ses souliers en savent plus que Fichte, et que toutes les universités, tous les philosophes du monde sont moins instruits que les poils de sa barbe? Dieu prête vie, monsieur, à votre mémoire aussi longtemps qu’à la gloire immortelle des Fichte , des Ilégcl , etc. ! — Je dois encore ajouter que parmi les mille cl une jérémiades de nos adversaires, aucune ne m’a tant amusé que celle qui termine le premier pamphlet de M. Moeller : « Et l’on ose, dit-il, proposer comme modèle aux chrétiens du xix* siècle l'ennemi déclaré de toute révélation (G iordano Uruno)... Nous en sommes fâché pour le professeur qui s’est permis cette inconcevable et ridicule tirade , et plus encore pour le public qui l’a applaudi. » (Revue dite de Rruxelles, janvier 1840, p. 107.)

Que vous soyez fâché, cela se conçoit; mais qu’est-ce que cela fait? C’est précisément parce que c’étaient des CHRÉTIENS DU XIX* SIÈCLE qu’ils m’applaudissaient avec fureur, avec trépignement, à faire trembler les fondements du vieil hôtel de ville de Bruxelles. Demandez plutôt à la majorité des chrétiens du xix* siècle qui siège au conseil provincial du Brabant et qui vous a rétribué selon vos œuvres.

(2) De toutes parts m’arrivent des lettres et des prières pour m’engager à recommencer en 1841 . Je suis résolu d’y obtempérer si mes occupations habituelles et de nécessité m’en laissent le loisir et que Dieu me prèle la force et la santé.

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