X SOClfeTfi PATERNELLE
. A\Vi. Vie p\a\s\r r£sulte de ce que nos facultds di verses
•vtc«?wV avec plus d'aisance dans un milieu ou nos sem-
A**\es e percent de meme ! . Et cette aisance plus grande
• \wiA Ae Vinslinct d'imitation qui existe au fond de notre
. ^ A <\ue nous avoas expliqueS lorsque nous avons ana-
■-*• Yacle voVonlaire -. II suffit, avons-nous dit, que notre
'• .\\K*ns*arrfcte vivement sur une pens£e pour que l'aote int6-
:-viT Jfabord, puis I'acte extSrieur qui lui correspond, se r£a-
:-ut. Or, si ce fait d'attention vive peut se produire par un
•*I»rt *V notre libre arbitre, il peut Stre aussi Teffet incons-
-►nt dune forte impression exterieure. Celle-ci supprime
. -ff -rt et rend, par suite, Facte d'autant plus agr<5able. C'est le
,vn«»m»'ne qui se produit, toutes les fois que nous agissons
•!:«n5 un milieu qui agit dans le mSme sens que nous. (Test
t a-i que la cadence du pas de plusieurs personnes ou le
rvtrm* de la musique rendent la marche plus facile; c'est
*"i-i que le rire est facilement contagieux.
En tin dans la famille cette jouissance de sociability est
-n«-iire accrue : chez les parents par le sentiment d'avoir
ar^vraent contribu£ k faire naitre les qualitds aimables
x -nt il* prolitent; et chez les enfants par la joie d'en faire
:-m«»nt»T Tagrement k ceux-la monies k qui ils les doivent.
O'tte raise en commun de toutes les facultds des parents
: «!♦»* infants a neanmoins une limite. Puisque nous avons
•: i «-n assigner une a l'union entre 6poux, qui est la plus
ir.i.me de toutes, celle des enfants et des parents ne saurait
• *:•• <ans bornes. Elle doit surtout s'arrdter devant la ncSces-
• :•? j.our chaque membre d'accomplir ses devoirs hors de .j societe, envers ceux qui n'en font pas partie et qui
• <n<«titu«»iit la masse g<§n6rale de l'humanitg. Les parents r :l •!♦»< devoirs innombrables dans cet ordre de relations
-t n* sauraient s'y soustraire m&me au profit de leur affec- •: n. m£me au profit de leurs devoirs envers Jeurs enfants. •--o\-ci, pendant longtemps, en ont fort peu; car, dans les r !itit>n« de la vie courante, ils sont reprdsentSs par leurs :.*svnts. qui se substituent k eux pour tous les actes n£ces- ^.ire*. Mais ces devoirs se d6veloppent k mesure que les ■ufants contractent personnellement des relations aulour
C^t ce que d£crit fort bien E spinas dans les Socie~Us ani males. *' y-'W supra, n* 18.
miLotortuE DV DROIT. — T. n. 8
d'eux; par le d^veloppement de leur sphere d'action, notaiument par Texercice de la profession qu'ils ont embrassSe et par la constitution qu'ils doivent faire, k un moment donn^. cTune nouvelle famille, dont its deviennent les chefs.
356. 3° La collaboration active, ou la production d'un resultat qui ne se serait pas produit sans la soci£t£, est bien d£montr6e par tous les d6veloppements qui vienncnt d'etre donnas. On a vu que la famille est k la fois une societe d 9 acquisition et une societe de jouissance. Et cela, dans tous les ordrcs de l'activitg humaine, mgme et surtout en dehors des inlGrfcts p£cuniaires : dans Tordre corporel, intellectuel, moral, esthGtique. 11 y a, sous tous ces points do vue. des ^changes incessants entre les membres de la famille : une veritable circulation des biens de l'dmc et du corps; en somme une vie port6e a son plus haut degre d'intensitl. La famille est done bien un vivant (-A C&cv, Aristote), mais elle jouit dune vie bien diffd rente et bien autrement £lev£e que les organismes matdriels, auxquels on ne peut la comparer sans la rabaisser.
4° La collaboration est volontaire. (Test un point de vut» qui sera d£velopp6 tout au long dans la section suivante.
357. Les auteuhs sont muets, ainsi que cela a d£ja H6 constats, sur le caractfcrc social de la famille, ou ce qu'ils disent n'a pas de port£c scienlifique. Grotius 1 se borne a 6tablir les droits personnels des parents. 11 en est de mime de Kant 2 . B** 3 et Beaussire* sont presque nuls sur le sujet. Seul Ahrexs 5 est plus explicite, h proposdes successions; il reste encore tres court : il faut, dit-il, la vie commune jusqu'& ce que les enfants acquierent une position distincle : ensuite il reste une certaine communautd de devoirs et d«» droits.
1 Dejure belli et pacis % liv. II, chap. v.
- Doctr. du Droit, p. 116 ct suiv.
3 Institutes de Droit nat., t. II, p. 28 et suiv.
* Principes du Droit, p. 204.
B Cours de Droit nat. y t. II. p. 299.
la soci£t£ paternelle 115
SECTION II
Organisation et vie de la famille
M8. Cette etude comprend d'abord celles de la formation,
< Involution et de la fin de la soci6t6 ; puis celles de son
- nveraement et de sa personnalit6 morale.
1' Formation de la famille. — La soci6t6 paternelle se
™e par Taccord des volontes de tous ses membres. 11 n'en
~«rait Gtre autrement, puisque cela est de Tessence de
ate soci£t£. Mais la formation de la famille n'est pas
i»itraire com me celle des soci6t£s en g<5n6ral, comme le
.'.triage en parliculicr. Elle est obligatoire, h des titres
»*CTs, pour les parents et pour les enfants; de sorte que
* "ikmll intervient bien toujours dans sa formation, mais s l line volonttf obligatoire aux yeux de la morale et mfeme
'^ droit.
uabord, pocr les enfants, elle est juridiquement obligan '- El cette obligation est fondle sur celle qui a et<5 ro»nWe plus haut (n M 224 et suiv.) de se soumettre a 'Mtorild paternelle, c'est-a-dire de s'associer a la volont6 ^amentale des parents de travailler a la fois au bien de *" ,rs enfants el a leur propre bien 1 . Car la sociStd paterae est, ainsi qu'on vient de le voir a la section pr6c6- : 'ute, le moyen le plus efficace d'assurer le bonheur des ^etdesautres.
fr>nt les parents, cette volonte du bonheur commun a '•' ^montrte Ggalement, et avec le caractere, non seule- **nld obligation morale, mais m6me d'obligation juridique.
* ''ligation a 6\6 fondle sur le principe gen6ral de cc qu'on \[*He ordinairement les quasi-contrats : une abstention
i:< *nil un mal positif a autrui, d'ou nait 1 'obligation de
• v lacte dont Tabsence l^serait des droits. Si les parents,
:r?> avoir donn6 la vie a Tenfant, Tabandonnaient sans
^■urs aux difficult^ de 1'existence, la vie qu'ils lui ont
°n avn que e'est la une obligation juridique, fond6e sur un droit conserve >* parents sar la nature des enfants, au moment ou ils I'appellcnt a la * 't limeUent au service de la personne naissante.
donnee deviendrait un supplice affrcux et incessant, c'est-&— dire que, de leur fait, l'enfant subirait un mal immerite; il y aurait dfcs lors lesion des droits de l'enfant. Les parents pouvaient ne pas se marier pour ne pas donner le jour 2t des enfants ; leur volonte etait absolument libre sur ce point. Mais, une fois les enfants venus au monde, ils n'ont plus le droit de ne pas vouloir ce qui assurera leur plus grand bien. Seulement du c6te des parents l'obligation, quoique juridique, n'est pas aussi absolue que du c6te des enfants ; car les parents ont une appreciation k faire des moyens les plus aptes k assurer le plus grand bien de tous ; ils sont juges de Y opportunity, en fait, du maintien de la societe entre tous. Au d^but, la societe s'imposera presque toujours, sauf circonstances trfcs exceptionnelles ; car elle est g£n£ralement d'une n£cessit£ ineluctable pour le ddveloppement et m&me pour la simple conservation de l'existence des enfants. Mais, par la suite, les circonstances peuvent exiger, dans Tinter^t m&me de tous, un relachement du lien social. Les parents ont seuls le droit de prendre des decisions sur ce point, en vertu de leur droit A'autoritd. 11 faut en conclure qu' en fait la naissance etsurtout le maintien de la societe dans sa plenitude d'action dependent de la volonte des parents, notamment du pfcre, qui a Texercice de l'autorite paternelle. Aussi, bien que l'obligation des parents soit juridiquedans son principe, elle ne sera pas susceptible, en fait, dune execution forc^e, poursuivie par les enfants eux-memes ; puisque ceux-ci n ont pas qualite pour se faire juges des circonstances qui peuvent se prater au maintien normal de la societe, ou exiger exceptionnellement son reldchement. Telle sera du moins la situation en pur droit naturel. Mais, si une autorite superieure est constituee, comme cela a lieu dans la Societe civile, cette autorite, capable d'apprecier les raisons des parents, pourra juger qu'elles ne sont pas decisives, qu'elles deguisent au fond la volonte de manquer k leurs obligations essentielles ; et elle pourra imposer, m&me par la force, l'execution de ces obligations, puisque, par leur nature propre, elles sont juridiques et par consequent susceptibles d'etre sanctionnees au moyen dune contrainte exterieure 1 .
1 On trouve ici un exemple a l'appui de cette proposition Itablie plus haut (n a 33) que rindeierminatjon des obligations morales n'est pas la seule raison qui les rend* AQB iBgMHNft* d*«amtion par la contrainte. L'obligation des
LA. socij£t£ paternelle 117
UresuVte de ces observations: — que la societe de famille V •uWxu&ler des la naissance, m&me avant la naissance des • ntanls, puisqyTellc n' attend aucune force obligatoire de la vAoiAo de ceux-ci ; — que les parents peuvent au besoin ►raployer \a force pour y faire rester les enfants ; — que, n. r rae s Us n y r6ussissent pas, la societe existe toujours en 'f-iif , avec ses caractfereS obligatoires, qui fonctionneront en fciit des que les circonstances fourniront une occasion favonUe pour en invoquer les consequences; — enfinque cette ^ci£te. englobe toutes les generations futures ; qu'elle res- 5**mble en cela aux corporations qui ont et6 decrites plus haul n° 316\ Le consentement expr&s de ces generations nVtant pas ndcessaire, elles sont comprises dans la famille, et lour inter£t futur doit etre un des buts de 1 'action sociale, a la seule condition que le sentiment d'affeclion et de devouem^nt inn£ chez les parents embrasse aussi normalement ces jr^nerations futures. Or il est facile de constater quece sentiment existe reellement avec toute cette etendue (voir supra, n* :E>4'. La famille doit done etre consid6r£e comme une hxWHc perpetuelle; et l'interfit des generations futures doit entrer en ligne de compte pour une part notable dans le guiivemement du pfcre.
359. 2° Evolution de la famille. — La collaboration entre les membres de la famille se modifie lorsque l'enfant a acquis son plein developpement, et lorsqu'il s'est cr6e au drhors toute une serie de relations nouvelles et les devoirs qui en resultent. Elle doit dej& se transformer peu a peu h nie^urequ'il approchede cette expansion complete au dehors. En etIVt la famille, ayant pour but le developpement Je plus lar£< k des facultes de tous ses membres et de leur personnalite, ne saurait s'opposer au complet epanouissement de o-lle-ci, alors qu'elle en est devenue capable. Or cet epanouissement n'est possible que sous le regime de la liberte, -oit au dedans, soit au dehors de la society ; car, sans la liberty, la personnalite disparait, et toute sa valeur se trouve aneantie.
La famille, au terme de cette evolution, devientbien plut6t une *oci£t£ de jouissance qu'une societe d'acquisition. Le
ytn et m*re rtfsiste aussi en general a l'exlcution forcee, a cause de son indeumniiuiioo ; mais,6tant vraiment juridique, elle peut,dans certaines circonsi, flotamment dans la Sociele civile, donner lieu a des mesures coercitives.
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