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DE LA VOLONTÉ ET DE SES CIRCONSTANCES

IV. — Décrire le phénomène de la volonté et toutes ses circonstances.

1. Prendre une résolution, c'est choisir entre plusieurs partis. Pour faire ce choix, il est souvent nécessaire d'examiner quel est le parti qui a le plus de droit h l'emporter sur les autres; cet examen préalable se nomme délibération. Pour délibérer, il faut retenir momentanément son action : c'est ce qu'on nomme se posséder. Enfin la résolution, une fois prise, doit être suivie de Vexéciition, qui est le quatrième et dernier élément du phénomène complexe de la volonté.

2. Il y a volonté dans le fait de se posséder, il y a encore volonté dans le fait de se résoudre ; la délibération étant une œuvre de l'intelligence, semble ne pas appartenir à la volonté. Mais puisque je puis cesser de délibérer, reprendre la délibération, ne sont-ce pas là autant de volitlons qui sont inséparables de la délibération elle-même ? Le quatrième fait, au premier coup d'œil, semble être le produit delà volonté seule. Mais, ou ce que j'ai résolu est inexécutable, et alors ce quatrième fait n'a pas lieu, malgré ma volonté; ou bien ce que j'ai résolu est exécutable, et alors Texécution aura lieu par l'effet complexe de ma volonté qui persiste dans sa résolution et qui commande l'exécution, et d'une possibilité qui a ses lois et ses limites indépendantes de notre volonté. Ces lois et ces limites constituent notre puissance; notre puissance est fatale, mais elle est plus ou moins grande dans ses applications suivant que nous connaissons mieux ses lois et ses limites, et que les connaissant nous voulons davantage nous en servir. On peut donc dire dans ce sens que la science et la volonté reculent les limites de la puissance humaine.

4. La volonté humaine est cause dans toute la force du terme, c'est-à-dire qu'elle résiste à l'action des autres causes et qu'elle a Vinitiative de la sienne. Cette résistance et cette initiative, quand elles s'exercent en vue de l'ordre et en vue du perfectionnement de soi-même, produisent la vertu et la civilisation.

5. L'existence réelle de l'âme est dans la vertu, c'est-àdire la lutte. Qui renonce à la vertu cesse d'user de sa causalité, de sa personnalité, ne les aperçoit plus et finit par confondre son âme avec les forces physiques. C'est l'origine commune du matérialisme et du fatalisme (1).

QUESTIONNAIRE

De la puissance vitale.

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