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CHAPITRE CINQUIÈME

DE l'analogie. — DE LA DIVISION. — DE LA DÉFINITION. I. — De l'analogie.

1. Lorsqu'un objet nouveau se présente à nous comme étant, sous un ou plusieurs points de vue, semblable ou non semblable à un objet déjà connu, nous sommes portés à conclure qu'il lui ressemble également ou qu'il ne lui ressemble pas non plus dans les points de vue encore inaperçus. Juger ainsi de la ressemblance ou de la dissemblance de points inconnus par celle de points connus, c'est ce qu'on appelle JMj^er par analogie.

2. On peut distinguer quatre espèces d'analogie suivant que nous concluons par analogie du particulier au particulier, ou du général au général; ou du particulier au général, ou enfin du général au particulier.

3. Exemples de chaque espèce d'analogie. De la ressemblance physique de deux hommes conclure leur ressemblance morale. De la loi de décadence dans les êtres vivants, conclure une loi de décadence dans les nations. De ce que notre globe est habité, conclure que tous les autres globes de l'univers sont aussi habités. De la véracité habituelle d'un homme, conclure à sa véracité dans une circonstance donnée.

4. Les deux dernières espèces d'analogie peuvent devenir, à certaines conditions, des moyens légitimes de connaissance. Lorsque ces conditions sont réalisées, l'analogie

â06 De l* analogie.

perd son nom d'analogie, et s'appelle induction et déduc-

ti07l.

5. Ce qui caractérise donc l'analogie en général c'est de ne conduire pas au-delà de la conjecture ou de la probabilité. La probabilité est plus ou moins forte suivant que les points connus desquels on conclut aux points inconnus ont avec ceux-ci une liaison plus ou moins étroite.

6. Indépendamment de cette observation générale on peut donner sur la manière de juger par analogie, conjecture ou probabilité, les deux règles suivantes :

1° Ne pas substituer mal à propos l'analogie à l'évidence ; comme, par exemple, si on juge des attributs de Dieu, par analogie avec ceux de l'homme, au lieu de suivre les lumières que la raison nous donne directement sur la nature divine ;

2" Tenir compte de toutes les circonstances et non pas seulement des plus apparentes, et tant de celles qui font conclure à la différence que de celles qui font conclure à la ressemblance.

7. Quand tous les éléments sont connus, comme ils peuvent l'être dans les problèmes mathématiques, on peut appliquer la certitude à la probabilité, c'est-à-dire déterminer rigoureusement le deçî^é de la probabilité. C'est ce qu'on fait dans les problèmes sur la loterie, les dés, eic, et c'est ce qu'on fait encore (mais avec des données qui ne représentent jamais que le passé et ne s'étendent à l'avenir que par approximation) dans les problèmes de mortalité, de statistique, etc. Dans le calcul de ces problèmes on part de ce principe, que le degré de probabilité est représenté par une fraction dont le numérateur exprime les chances favorables, et le dénominateur la totalité des chances.

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