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Ainsi, d'une manière plus simple

1° Toute proposition qui est encore à l'état de discussion parmi les hommes spéciaux, est douteuse ;

2« Toute proposition qui a cessé d'être à l'état de discussion parmi les hommes spéciaux, et qui est présentée journellement par eux avec ses preuves, sans que ces preuves soient contredites, est indubitable.

224 RÈGLES DE l/ AUTORITÉ.

9. Les objections qu'on peut faire contre une proposition émise par les hommes spéciaux, sont de deux sortes.

10. Les unes sont tirées ou de notre ignorance ou d'un genre de vérités que nous opposons à un autre, en un mot, de la contradiction apparente ou réelle de la proposition énoncée avec nos idées reçues. Telle est celle-ci : Les astronomes prétendent peser les astres; mais où rrennent-ils la balance? Et cette autre : Les chimistes prétendent que deux éléments malfaisants peuvent former un toutsalubre : or Je ne puis concevoir cela, il y a contradiction. Et encore : Les théologiens prétendent qu'il y a des vérités religieuses audessus de la raison; or cela ne saurait être, car la raison est pour nous la mesure de tout, etc., etc. Les objections de cette espèce sont communes, dans beaucoup de cas embarrassantes, j)arfois même insolubles; mais elles ne sont jamais concluantes, parce qu'elles ne présentent jamais qu'une difficulté de conciliation entre ce que nous savons et ce que nous ne savons pas. Or, si deux vérités sont établies chacune par le genre de preuves qui lui est propre, et qu'elles paraissent contradictoires, leur contradiction apparente n*ébranle ni Tune ni l'autre, et prouve seulement la faiblesse de notre intelligence, si toutefois cette faiblesse ne nous était déjà suffisamment prouvée d'avance.

11. La seconde espèce d'objections est la seule sérieuse; ce sont celles qui portent sur les preuves mêmes de la proposition énoncée. Les réponses à ces objections doivent, comme la proposition même, reposer sur des preuves unanimement consenties. A ce prix, l'objection est résolue; autrement la proposition est ébranlée, ou plutôt elle ne s'établit pas. Car il est clair que si dans le principe la proposition a été établie par des preuves soumises à l'examen et généralement consenties, les objections de la seconde sorte sont devenues impossibles. Elles s'opposent

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donc dès le début, si elles ont à le faire, à la sanction de la proposition erronée ou douteuse. Pour toute proposition établie sans réclamation par le genre de preuves qui lui est propre, le temps des objections est passé. Ainsi la valeur d'une objection peut se conclure du temps même où elle paraît. Toute objection trop tardive est sans crédit comme objection, et ne peut offrir de l'intérêt que comme difficulté.

12. Il suit de là qu'il y a de favx hoynmes spéciaux, ceux qui jugent dans une spécialité autre que la leur et combattent l'une par l'autre, et ceux-là ne sont pas compétents; et aussi de fausses objections, tirées de notre ignorance ou d'une contradiction apparente, et celles-là ne sont point cou cillantes.

13. Remarquons, en terminant ce chapitre, que nulle part les conditions de certitude relatives au témoignage et à l'autorité ne sont mieux remplies que dans le chrisliani-sme. Les faits primitifs sur lesquels il repose ont été nombreux, matériels Qt notoires, publics, importants ei durables; les témoins impartiaux, unanimes, inébranlables jusqu'k la mort; les livres contrôlés dès le premier jour, authentiques et intègres au plus haut degré ; les hommes spéciaux plus nombreux que dans une science quelconque, unanimes sur les preuves; ces preuves établies publique7n en t dès V origine, jamais combattues, et les objections qu'on a faites dans tous les temps contre ses dogmes tirées toujours uniquement de la difficulté, de l'impossibilité de les comprendre ou de les concilier Si\ec les connaissances bornées de notre intelligence (1).

(î) Voir les prentes des diverses assertions que contient cet alinéa, dans les traités spéciaux, tels que les Vrincipes de la Foi, de Duguet, le Traité de la vraie Religion, de Bergier^ et de notre temps les Etudes de Nicolas. Ces ouvrages résument la croyance traditionnelle de tous les siècles chrétiens.

QUESTIONNAIRE

Importance du témoignage et de l'autorité.

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