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DEVOIRS ENVERS L'ÉTAT

ces lois jusqu'à la limite où ces lois se trouveraient en contradiction évidente avec la conscience : car c'est de la conscience qu'émane toute obligation, et il serait absurde qu'au dehors d'elle il y eût quelque obligation supérieure à elle. Ensuite, viennent les obligations spéciales. Le jeune homme se dévoue au pays, en le défendant par les armes, ou en s'exerçant par le travail à contribuer à sa prospérité et à sa gloire ; le père de famille, en bien élevant ses enfants, ce qui est déjà obligatoire pour lui, et devient ainsi un devoir encore plus sacré ; chaque citoyen enfin, en se vouant à sa profession en vue de l'utilité commune et du bien des autres citoyens : chaque profession ainsi considérée est une vraie fonction, et l'artisan a la sienne aussi bien que le magistrat et le capitaine.

6. Envers les hommes investis de l'autorité, le devoir est analogue. Par là même qu'ils ont l'autorité, ils deviennent sacrés comme la conscience morale elle-même en qui est l'autorité primitive ; mais il est clair que l'obéissance et le respect leur sont dus en tant que représentants de cette même autorité. Et s'ils ont droit au respect de leurs subordonnés, ils ont en même temps des devoirs plus graves que tous les autres citoyens du même pays.

7. Ces devoirs varient avec la diversité des fonctions ; et ces fonctions elles-mêmes sont de trois espèces générales ; autrement, il y a trois pouvoirs : l'un pour constituer la loi, l'autre pour la promulguer et la maintenir, le troisième pour en faire les applications. Ces trois pouvoirs ont été appelés législatif, exécutif, judiciaire. On voit sans peine les obligations générales que chacun d'eux impose.

8. Dans ce qui précède, on voit que le souverain et le sujet sont liés l'un envers l'autre par des droits et des devoirs réciproques. Si le souverain substitue l'arbitraire à la raison, seule véritable souveraine de l'homme, il y a despo-

tisme. Si le sujet brise l'inviolabilité du souverain, il y a révolte et anarchie. On prévient jusqu'à un certain point ces deux excès par des lois spéciales qui garantissent simultanément les droits du souverain et ceux du sujet ; on les nomme chartes ou constitutions. Ce n'est point le lieu d'en parler. Nous signalerons seulement cette idée fort importante et dont l'origine est toute chrétienne, que plus l'autorité du souverain s'éloigne de l'arbitraire pour se renfermer dans la justice absolue, plus elle s'approche par là même de l'inviolabilité, et réciproquement ; nulle part l'autorité n'est plus fréquemment violée que chez les despotes. L'histoire entière confirme cette proposition, qui du reste se vérifie en petit dans les relations de la vie privée.

9. Enfin, de peuple à peuple des rapports s'établissent, hostiles dans l'origine, peu à peu plus fraternels, à mesure que des croyances communes y germent et y enfantent des mœurs analogues et des institutions semblables. De là la guerre et la paix, les alliances, les traités, les relations diplomatiques, toutes choses dont nous laissons le détail aux traités spéciaux. Mais il est clair que de peuple à peuple, comme d'homme à homme, doivent régner des principes d'équité générale, hors desquels il y aurait arbitraire et droit du plus fort.

QUESTIONNAIRE

Devoirs envers l'homme en général.

1. Quels sont les deux devoirs généraux de l'homme envers l'homme?

Quelle est l'origine du premier? quelle est celle du second?

2. Quels sont les devoirs contenus dans le précepte général de ne pas

porter atteinte au développement légitime des facultés des autres homrne^ ?

3. Quels sont les quatre devoirs positifs contenus dans l'obligation

générale d'aider les autres hommes dans le développemerd légitime de leurs facultés?

Devoirs envers la famille.

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