II. — Du duel
1. La première chose à faire pour juger sainement la question du duel, c'est de se mettre dans la position d'esprit la plus libre à l'égard de cet empire qu'exerce toujours sur nous et malgré nous une opinion commune, soutenue par le point d'honneur. Pour atteindre ce but, il faut isoler les éléments essentiels de la question des diverses circonstances auxquelles ils se trouvent liés, afin de les envisager en eux-mêmes.
2. Un grand écrivain du dix-septième siècle a dit : Deux hommes du peuple qui se battent à coups de couteau sont des coquins ; mais allo7igez les armes, faites-en des épées, voilà ce qu'on appelle une affaire d'honneur. Toute la force de ce raisonnement ironique vient de ce que l'une des circonstances du préjugé dont il s'agit est l'emploi de certaines armes à l'exclusion des autres.
'S. Il est évident pour tout homme qui n'est pas sous l'in-