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DU DUEL

fluenee d'une prévention, que le duel est un crime au même titre que le suicide et l'homicide dont il est une sorte de combinaison. Mais si la prévention cachant l'évidence, on niait la parité du duel avec le suicide et l'homicide, par la raison qu'il y a défense mutuelle, et qu'ainsi les chances sont partagées et balancées, on ramènerait facilement l'évidence ainsi déguisée en changeant les circonstances.

4. En effet, présenter à quelqu'un un fruit empoisonné, c'est se rendre coupable d'homicide. Lui présenter le choix sur cinq fruits, dont un seul est empoisonné, c'est encore une tentative d'homicide, quoiqu'il y ait une seule chance de succès contre quatre. Le consentement de la personne à courir cette chance ne diminuerait en rien le crime de la tentative, puisque nul n'ayant droit sur sa propre vie, ne peut communiquer un droit qui lui manque. Le consentement, en pareil cas, n'aurait pas d'autre résultat que de faire deux coupables au lieu d'un. Enfin, si celui qui présente les fruits en choisissait un de son côté, et partageait ainsi la chance de l'empoisonnement, cette circonstance nouvelle ne diminuerait rien au premier crime et en ajouterait un second, savoir la tentative du suicide.

5. Du reste, les arguments qui établissent que le duel est un crime ne sont pas combattus par des arguments contraires ; on se borne à leur opposer une fin de non-recevoir, tirée de certains motifs impérieux qui contraignent parfois l'homme le plus opposé au duel à en subir la funeste loi. Ces motifs sont en général les suivants : 1° notre honneur outragé et pour la réhabilitation duquel les lois humaines peuvent se trouver impuissantes; 2° l'obligation de soutenir, non plus notre propre honneur, mais celui de personnes à qui nous sommes liés par le sang, l'amitié ou la reconnaissance ; 3° enfin certaines positions forcées où l'on ne saurait éviter une sorte d'opprobre si l'on ne se ré-

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signe à faire ce que prescrit l'usage. En Irois mois, Vhonneur, la générosité, le respect humain.

6. Ces motifs ne deviennent une sorte d'arguments qu'en substituant mal à propos la sensibilité à la raison. L'intérêt qu'on porte à l'homme placé en présence d'un devoir pénible ne saurait diminuer en rien son obligation, et luimême ne saurait être admis à opposer à la voix de la conscience les déchirements qu'il éprouve pour lui obéir. Les difficultés du devoir n'ont qu'une valeur en morale, c'est d'ajouter au mérite du devoir accompli ; jamais elles n'ont le pouvoir d'en dispenser ; et les martyrs ont appris au monde que les épreuves les plus terribles ne sont jamais au-dessus de l'homme qui est résolu d'être fidèle à la loi de Dieu, et qui invoque dans ses situations pressantes celui d'où vient toute force comme toute lumière.

7. Mais, il faut l'avouer, ce dernier secret manque souvent à Thomme ; toute morale qui ne remonte pas à Dieu et ne se consomme pas dans la religion, nous laisse bien faibles contre les grandes épreuves; et l'un des signes palpables de cette faiblesse, entre beaucoup d'autres, est précisément l'empire humiliant que le duel exerce encore sur tant d'âmes réputées fortes ; âmes en réalité bien faibles, qui maudissent un préjugé, et lui sacrifient par un crime.

tll. — Des fins que les hommes se proposent en cette vie.

1. L'homme a deux fins : l'une présente, qui estraccompiissement de la loi morale ; l'autre ultérieure, étroitement liée à sa fin présente, et qui est le bonheur.

2. Ce serait un travail d'une grande utilité pratique, que d'apprécier de ce point de vue les difl'érentes fins que les hommes se proposent en cette vie, et de voir comment elles

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