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SUR LES OBJECTIONS

contestée de prendre place parmi les théorèmes avérés de la science.

2. Les autres objections sont postérieures à la preuve ou à la démonstration définitive de la proposition dont il s*agit : elles ne portent plus sur le fond de cette preuve ni de cette démonstration, mais sur la difficulté de concilier la proposition avec une autre, soit que cette autre soit ellemême légitimement établie, ou non. Telles sont les objections qui sont faites chaque jour, 1^ par les ignorants hors d'état de se rendre compte des vérités de la science; 2° par les débutants dans chaque espèce de science, encore trop peu avancés pour voir s'écarter les nuages inséparables de la première étude; 3° par les hommes qui cultivent exclusivement une espèce de certitude, et qui veulent, de parti pris, y ramener les autres; 4° telles sont encore les objections que tout homme se fait sur les contradictions apparentes qu'il remarque entre des points qui, pris à part, ne sont d'ailleurs nullement douteux pour lui.

3. Cette seconde espèce d'objection n'infirme en aucune façon la légitimité de la proposition contre laquelle on la dirige. Les premières objections prouvent que la proposition n'est pas suffisamment établie; les secondes prouvent seu-lement que notre esprit n'est pas suffisamment éclairé. Or, conclure de la faiblesse de notre esprit contre des vérités bien établies d'ailleurs c'est faire un grossier sophisme, et la raison dit que la vérité est indépendante de nous et de notre science.

4. En faisant l'application de ces réflexions à la question qui nous occupe, nous remarquerons :

l'^ Que le dogme de la providence, c'est-à-dire de l'action intelligente, puissante et sage de Dieu sur les créatures, est parfaitement établi par le genre de preuves qui lui est propre ;

2° Que ce dogme peut présenter en dehors de ces preuves des difficultés de conciliation avec d'autres vérités;

S" Mais qu'il n'est point de vérités irréfragables qui n'en présentent également, et que de ces difficultés on ne peut rien conclure contre ces vérités;

4° Qu'ainsi, soit avant la solution de ces difficultés, soit après, le dogme en lui-même n'est ni plus ni moins vrai; et que cette solution n'intéresse que la satisfaction de notre esprit, et nullement la vérité du dogme.

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