VII. — Troisième période
Ecole d'Alexandrie.
i. Ammonius Saccas (Alexandrie, 200 après J.-C.) n'est guère connu que comme maît.'e de Plotin, et comme ayant essayé de concilier Platon et Aristote.
2. Plotin (Lycopolis, Rome, 245), disciple d'Ammonius Saccas et admirateur de Platon, donne pour but à la philosophie l'union de l'âme avec Dieu, sous le nom de simplification.
3. Il reconnaît en Dieu trois hypostases, savoir, l'être un et absolu, l'intelligeRce suprême, enfin la souveraine puissance ou âme universelle.
4. De l'âme universelle émane éternellement et nécessairement la matière et toute l'organisation de cet univers. Les âmes des hommes, emprisonnées dans les organes, doivent s'élever à Dieu par la vertu et par V extase.
5. Porphyre (Tyr, Rome, 270) fut platonicien ou néoplatonicien comme son maître Plotin, dont il révisa et publia les Emiéades, et chercha à opposer la philosophie mystique au christianisme.
6. Jamblique (Chalcis, Alexandrie, 300), disciple de Porphyre, fit dégénérer le mysticisme en magie et en théurgie ; il enseigna l'art d'évoquer les esprits, se donna pour faiseur de miracles, et lutta contre le christianisme en prétendant l'imiter.
7. Proclus (Byzance, Athènes, 4o0), auteur d'un grand nombre d'ouvrages, associa les idées de Platon et de Pythagore à celles de Plotin, de Porphyre et de Jamblique, et lutta contre le christianisme par des idées analogues aux dogmes chrétiens et mêlées de vérité et d'erreur.
8. Ainsi, à la doctrine chrétienne sur Dieu et la Providence, il en opposait une peu différente, théodicée perfectionnée de Plolin ; mais à la foi chrétienne, basée sur des faits historiques servant de preuves à la manifestation de Dieu au milieu des hommes, il opposait une foi mystique, produite par l'extase; au sacerdoce chrétien, transmis par un droit traditionnel qui se résout, comme les autres dogmes, en question de fait, il opposait le sacerdoce naturel de la philosophie, que chacun peut se conférer à luimême par le sentiment extatique de la vérité; enfin, aux miracles simples et historiques du christianisme, il opposait les procédés occultes de la théurgie.