‹ Cours de philosophie élémentaireChapitre 25 sur 271 · ET PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

ET PHILOSOPHIE

Dieu a mis rhorame en possession de ces vérités par deux voies plus promptes et plus sûres.

3. D'une part nous avons le bon sens ou la raisoUy faculté dont nous étudierons plus tard le rôle important, et sans laquelle nulle vérité ne nous serait accessible. L'existence de Dieu, sa providence, la spiritualité et l'immortalité de l'âme, nos devoirs, etc., sont des vérités de bon sens que la philosophie et la réflexion peuvent et doivent éclaircir, mais qu'elles ne créent point.

4. Mais le bon sens est plutôt une aptitude à reconnaître ces grandes vérités, lorsqu'on les lui indique, qu'une connaissance nette et précise. Aussi les laisse-t-il se falsifier très aisément. Tout en concevant la distinction de l'âme et du corps , l'homme assimile souvent l'âme aux substances matérielles ; souvent il laisse aussi placer Dieu dans les créatures douées de quelque puissance ; il sait qu'il a des devoirs, mais dans l'application que d'altérations à la morale!

Ainsi, quoique cette lumière intérieure du bon sens soit naturellement infaillible dans ses indications, elle est cependant obscure et indéterminée; l'éducation, l'exemple, les passions, peuvent l'affaiblir, la dénaturer, l'éteindre.

o. La révélation lui est venue en aide ; donnée dès l'origine, renouvelée à certaines époques, elle a été définitivement promulguée par le christianisme. Elle féconde la raison, en traduisant ses notions avec une précision lumineuse, et de plus, elle la complète par des notions nouvelles, destinées, non pas à contredire et à heurter les premières, mais au contraire à en étendre considérablement la portée.

6. Prenons pour exemple la notion de la divinité; partout enveloppée d'images indignes d'elle chez les païens, elle brille de son éclat le plus pur dans le décalogue des juifs et dans le catéchisme des chrétiens. Où trouver rien

ââ ■ BON SENS, RÉVÉLATION

de supérieur à cette simple et sublime définition : Dieu est un esprit étemel, infini, tout-puissant, qui voit tout, qui sait tout et qui a fait toutes choses de rien? Jusque-là cependant ce n'est que la lumière intérieure de la raison excitée et rendue plus vive par la lumière extérieure de la révélation. Mais quand vient la notion de la Trinité auguste, de la propriété dans les personnes, de l'unité dans l'essence et de l'égalité dans la majesté (voir la préface de la Trinité dans les offices de l'Église), la raison n'est plus traduite, elle est dépassée.

7. La révélation, dans ce double rôle qu'elle remplit à l'égard de notre intelligence, ne procède point par voie de démonstration, mais par voie d'autorité. Ce qu'elle prouve et doit prouver directement, ce ne sont pas les vérités qu'elle enseigne, mais le droit qu'elle a de les enseigner; elle prouve sa divinité et son infaillibilité. D'où il suit que les vérités qu'elle enseigne sont frréfragables, quoiqu'elles ne soient pas démontrées en elles-mêmes, et que nous les possédons en toute sécurité, sur la foi de Dieu, sans qu'il soit ndispensable de les étayer d'arguments philosophiques.

8. Mais il n'en est pas moins vrai que par notre nature nous aimons à nous rendre compte des vérités même indubitables. Par exemple, je sais que la foudre existe, ses effets la révèlent à mon intelligence ; mais je serais plus satisfait de savoir expliquer sa nature et sa formation. L'accord des hommes compétents ne me permet pas de révoquer en doute certaines vérités mathématiques, certaines vérités physiques, etc. ; mais bien que ces vérités soient assurées pour moi, je serais plus satisfait si je connaissais les raisonnements ou les expériences par lesquels on les démontre. De même les vérités du bon sens, les vérités révélées, sont indubitables, en tant que venant du bon sens ou de Dieu, mais autre chose est d'être sûr, par exemple,

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