ET PHILOSOPHIE
que l'âme est spirituelle, autre chose est de dire en quoi l'âme diffère du corps, etc.
9. Ainsi, trois moyens pour arriver aux vérités de l'ordre spirituel :
1" Le bon sens, qui conçoit spontanément, sans démonstration ; nulle vérité ne serait intelligible sans lui, mais seul il est obscur et altérable.
â'* La révélation, qui enseigne, en démontrant le droit qu'elle a d'enseigner, mais qui ne démontre pas les vérités mêmes qu'elle enseigne.
S" La réflexion, qui se rend compte, qui démontre les vérités directement et en elles-mêmes, tant celles qui sont déjà indiquées par le bon sens ou enseignées par la révélation, que d'autres qui lui sont propres; elle est lente, progressive et faillible, et n'ajoute rien en certitude aux vérités établies par les deux premiers moyens ; mais elle aspire à y ajouter en clarté, et par suite à leur donner une nouvelle valeur, et à les rendre plus propres aux applications et aux conséquences pratiques. La réflexion constitue la philosophie.
Quand donc la philosophie en réfère au bon sens et à la révélation, elle cesse de procéder scientifiquement, quoique dans beaucoup de cas ce soit là pour elle une nécessité, et que dans tous, ce soit une vérification utile.
10. De tout ce qui précède, sortent plusieurs règles importantes.
En premier lieu, il serait absurde d'abjurer le bon sens sous prétexte de philosophie. Il le serait tout autant de rejeter, sous le même prétexte, les solutions données d'avance par le christianisme. Le bon sens et la révélation sont certains avant toute recherche philosophique. Il est vrai que la philosophie, usant du droit général de se rendre compte, peut demander sur quoi repose l'autorité du