OBJET DE LA PSYCHOLOGIE
Examinons quelles sont les questions générales que doit se proposer la psychologie.
4. Chaque être est doué de certaines propriétés, et ces propriétés se révèlent par certains effets ou phénomènes. Prenons pour exemple l'eau et la propriété que nous lui connaissons de faciliter et de hâter la croissance des plantes. Cette propriété se révèle par ses effets. Or la substance de l'eau se distingue de la propriété qu'elle possède, et cette propriété elle-même se distingue des effets qui la manifestent. Mais il est évident, i*' que les effets ou phénomènes qui dévoilent cette propriété la supposent nécessairement, et que celle-ci suppose nécessairement une substance qui en est douée ; 2° que la propriété ne nous serait pas connue sans ses effets ou phénomènes, et que la substance ne nous serait pas connue si nous ne connaissions au moins une de ses propriétés.
5. Ainsi, les effets ou phénomènes qui révèlent les propriétés de la substance nous sont connus d'abord, puis par eux les propriétés, et enfin par les propriétés la substance.
6. En appliquant ces remarques à l'âme, il y a donc lieu de distinguer en elle : 1" îa substance; 2° les propriétés ou facultés; 3° les phénomènes. La substance est supposée par les facultés, et les facultés sont supposées par les phénomènes. En sorte que, dans l'ordre de la réalité, il faut mettre la substance en premier lieu, les facultés en second, les faits ou phénomènes en troisième.
7. Mais il faut distinguer ici Vordre dans lequel les choses existent de Voî^dre dans lequel nous les connaissons. La substance ne nous est connue que par les facultés, et les facultés elles-mêmes ne nous sont connues que par leurs phénomènes particuliers. Si donc dans l'ordre de la réalité, les facultés dérivent de la nature de l'âme, et les faits dérivent des facultés, il est vrai de dire que, dans Vordre