DE LA CONSCIENCE
Vho7meui\ de la sensibilité, de la raison, etc., et sans doiUe en entend bien exprimer par là des qualités réelles; cependant, quand on cherche ta définir ces mots, on s'aperçoit qu'il est souvent difficile de le faire. Mais, lorsque par la réflexion nous serons venus à bout de séparer et de préciser les faits, si nous les désignons à mesure par des mots qui n'avaient auparavant qu'un sens vague, ces mêmes mots auront dès lors un sens parfaitement arrêté, et, sans inventer de nouvelles expressions, notre langue sera mieux faite. Par exemple, nous avons remarqué tout à l'heure que nous pouvous êti^e attentifs à ce qui se passe en nous. En donnant à cette faculté le nom de réflexion, nous attachons un sens précis au mot réflexion, demeuré vague dans le langage ordinaire.
7. On voit, et cette observation est d'une grande importance au moment d'aborder l'étude des faits de conscience, que ce n'est pas en définissant les mots qu'il faut éclaircir les faits, et qu'il faut au contraire examiner cVabord et distinguer les faits, et ensuite employer pour désigner ces faits des mots dont la définition sera la suite naturelle des connaissances acquises. La première de ces deux marches ne serait qu'une manœuvre de langue sans grande utilité; la seconde amène tout à la fois un progrès dans la science et un progrès correspondant dans la langue.
8. Les mots n'ont point de sens absolu ; il peut arriver que deux personnes désignent le même fait par deux mots différents, ou qu'elles emploient le même mot pour désigner deux faits différents : de là des malentendus qui ne peuvent disparaître qu'autant qu'on a soin constamment de ne pas se préoccuper des mots, et de s'attacher fortement, aux faits.
QUESTIONNAIRE Objet de la psychologie.