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DE LA CONSCIENCE

de certitude que les faits qui tombent sous les sens. Je suis aussi assuré des faits exprimés par ces mots : je pense, je souffre, j'admire, j'aime, je veux, etc., que je suis assuré de la forme, de 1* dureté, et des autres phénomènes de tels ou tels corps.

3. Il y a plus : c'est que la connaissance d'un fait qui tombe sous les sens est elle-même un fait qui n'y tombe nullement, et qui m'est cependant nécessairement connu en même temps que l'autre. Non seulement je sais que ce corps a telle couleur, telle forme, je sais de plus que je vois ce corps, autre fait qui n'a ni forme ni couleur, que les sens n'atteignent point; et, si j'ignorais ce second fait, par là même et nécessairement j'ignorerais le premier.

4. Et en général, il est évident que nulle connaissance, nulle certitude n'est possible sans la conscience, c'est-à-dire que nous ne pouvons rien connaître, être certains de rien, si nous ne connaissons, si nous ne sommes certains que nous connaissons et que nous sommes certains.

5. La conscience n'est d'abord qu'une vue confuse et vague. Cela tient à ce que les diverses facultés de l'esprit produisant à la fois les eifets qui leur sont propres, nous ne voyons au premier coup d'œil dans chaque fait de conscience qu'une somme, un composé, et non pas les parties, les éléments. C'est en concentrant notre attention sur ces faits, en réfléchissant, que nous en acquérons peu à peu la conscience distincte.

6. A mesure que ce changement s'opère dans la conscience par la réflexion, il doit s'en opérer un autre dans le langage. En eff'et, les termes dont on se sert pour désigner Jes phénomènes de l'âme aperçus confusément par la conscience, ont un sens complexe dont on se rend mal compte. Le langage de la conversation en fournit' de nombreux exemples. On dit : Cet homme a du jugement, de

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