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Considérées en elles-mêmes, les idées se divisent en

(1) Arnauld est le premier philosophe qui ait combattu l'hypothèse des idées représentatives et qui en ait démontré l'absurdité. Il l'a fait notamment dans deux chapitres du livre des Yraies et des Fausses idées, qui lui-même est, pour ainsi dire, dirigé tout entier contre ce préjugé. Les deux chapitres dont il s'agit, et qui sont le quatrième et le cinquième du livre, ont pour titres : « Que ce que l'auteur de la Recherche de la Vérité dit de la nature des « idées, n'est fondé que sur des imaginations qui nous sont restées des préju- « gés de l'enfance; » et : « Que Ton peut prouver géométriquement la faus- « seté des idées prises pour des êtres re]présentatifs. »

simples et en composées. C'est une métaphore empruntée au langage de la chimie qui distingue aussi les corps en simples ou indécomposables, et en composés, ou formés des corps simples combinés entre eux. L'idée d'une feuille de papier est composée, puisqu'elle renferme l'idée de la blancheur de ce papier, celle de sa forme, celle de sa substance, etc. L'idée de la blancheur de ce papier est encore composée; mais l'idée de la blancheur en général est une idée simple. Les idées composées se définissent par les idées simples qu'elles contiennent; mais, quand on est arrivé aux idées simples, il n'y a plus lieu de définir.

3. Considérées par rapport à l'âme ou au sujet, les idées se divisent en claires et en obscures, en distinctes et en confuses. Ces expressions, empruntées au monde physique, expriment une métaphore juste. Suivant que la lumière est plus rare ou plus abondante, les objets plus ou moins à la portée de la vue, enfin les organe^ de la vue plus ou moins sains, nous voyons plus ou moins bien.

L'évidence, lumière intellectuelle, est aussi répandue avec plus ou moins d'abondance sur les objets de nos con* naissances.

J'ai une idée claire des effets de l*électricité, si j*ai été témoin d'expériences où ces effets sont produits bien sensiblement, comme de la chaîne électrique, etc. Mais j'ai une idée obscure de l'électricité même ou de l'agent qui produit ces effets ;

J'ai l'idée distincte du carré si je ne le confonds avec aucune autre figure, telle que le rectangle ou le losange ;

J'ai l'idée confuse d'un auteur que j'ai lu il y a longtemps et dont le souvenir se trouve mêlé avec celui de plusieurs autres, etc.

4. Considérées par rapport à leur objet, les idées se divisent : 1° en vraies et en fausses; 2° en complètes et en

incomplètes; 3° en concrètes et en abstraites; ¥ en individuelles et en générales.

5. Idées vraies et idées fausses. L'idée d'un cheval est vraie, l'idée d'un centaure est fausse. On a dit avec raison que les combinaisons de l'esprit ne sont en soi ni vraies ni fausses, et qu'il n'y a de vrai et de faux que le jugement ou Vaffirmation. Je puis me représenter un cheval ailé, à cela rien de faux ; mais si je prétends qu'un tel cheval existe réellement, c'est dans cette prétention qu'est le faux.

6. Idées complètes et idées incomplètes. A proprement parler, nous n'avons l'idée complète d'aucun être, nous ne connaissons aucun être dans tous ses attributs, dans tous ses rapports, ni surtout dans sa substance. Les idées des êtres qui nous sont le plus familiers sont environnées de mystères et de points de vue ténébreux. Mais en isolant les points (le vue, on forme ce qu'on appelle des idées abstraites; telle est l'idée que j'ai de la couleur d'un corps et de la couleur des corps en général, etc. Les idées abstraites peuvent être complètes. L'idée exprimée par le nombre 4, l'idée du cône, etc., et en général les notions mathématiques, sont complètes dans leur état d'abstraction.

7. Idées concrètes et idées abstraites. L'idée concrète n'est autre que la vue de l'être réel : Pierre, Paul, cet animal, etc. Si l'on considère seulement un point de vue de l'objet, l'idée est abstraite : les talents de Pierre, la sagesse de Paul, la force de cet animal, etc., et par suite, sans tenir aucun compte de tel ou tel individu : les talents, la sagesse, la force, etc.

8. Idées individuelles et idées générales. Toute idée concrète est individuelle ; une idée abstraite est d'abord individuelle, mais elle peut devenir générale. Mêmes exemples que ci-dessus.

OUESTIONNAIRR DU DEUXIÈME CHAPITRE. <)l

9. Enfin, considérées par rapport à leur origine et à leurs caractères essentiels, les idées se divisent en idées nécessaires et en idées contingentes. Si je suis témoin d'un changement, d'un fait nouveau, je lui suppose nécessairement une cause. De même à tout phénomène, à toute qualité, je conçois nécessairement une substance. Je conçois nécessairement les corps comme existant dans l'espace, les événements comme se succédant dans le temps. Les idées de cause, de substance, d'espace, de temps, qui se forment nécessairement à la suite des idées de changement, de phénomène, de corps, d'événements successifs, sont ce qu'on appelle des idées nécessaires.

10. Les idées qui réveillent, suscitent en nous les idées nécessaires, sont elles-mêmes dépourvues du caractère de nécessité ; elles s'appellent par opposition contingentes. Tel est le caractère des idées que j'ai de tel changement, de tel phénomène, de tel corps, de telle succession cVévéne^ ments, etc.

C'est de cette dernière classification qu*on tire les données qui servent à la solution du problème de l'origine des idées; et c'est pourquoi, dans le chapitre suivant, nous reviendrons avec plus de détails à la distinction que nous ne faisons qu'indiquer dans celui-ci.

QUESTIONNAIRE

Des phénomèues organiques qui sont liés aux phénomènes de conscience.

1. Pourquoi cette étude préliminaire est-elle nécessaire, et quelle en est l'importance?

2. Qu'est-ce qu'on nomme la vie de relation, les sens et les organeë

des sens?

3. Que se passe-t-il dans les organes par suite de l'action des corps

odorants?

6â QUESTIONNAIRE DU DEUXIÈME CHAPITRÉ.

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