‹ Cours de philosophie élémentaireChapitre 5 sur 271 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Non, faire une telle interdiction, il faut bien le dire, ce n'est pas distinguer, c'est proscrire. Pour ma faible part, si j'ai un souvenir dont je puisse me réjouir à la descente de l'âge, c'est de ne m'être jamais soumis à cette prétendue prescription de la méthode; et j'ajoute, avec reconnaissance, que mes supérieurs universitaires et mes élèves m'ont toujours su gré de ne pas séparer, même par abstraction, les deux beaux titres de philosophe et de chrétien.

Qu'il me soit donc permis de persévérer dans mes vieilles habitudes, et d'user, sans en abuser, du droit d'en appeler de temps en temps de la raison à la foi, de montrer que la certitude de ces deux ordres de vérités est égale; qu'ainsi la vraie philosophie et la vraie religion ont un lien logique aussi bien qu'un lien moral ; que ces deux lumières ne se nuisent pas, mais se complètent ; que l'esprit et le cœur ne peuvent attendre de leur séparation que trouble et tourment stérile, au lieu de la paix que donne leur profonde et indissoluble harmonie.

Clément GOURJU.

Dijon, eeptembre 1865.

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